Editions J'ai lu, Non classé

Les infâmes – Jax Miller

Difficile de faire plus ancré dans la société américaine que ce roman-là ! Mais alors là, j’te préviens direct que ça va pas être une partie de plaisir ce voyage, et que tu vas être très loin du strass et des paillettes d’Hollywood, et à mille lieux de l’Americain Dream ! Ça tombe bien, moi je ne lis pas du thriller pour ça !

Je vous parle aujourd’hui du roman Les infâmes, de Jax Miller, publié aux éditions J’ai lu.

L’histoire (4ème de couverture)

Freedom Olivier, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l’Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d’avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère. En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l’énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d’années à se cacher, quitter l’anonymat c’est laisser à son bourreau l’occasion de la retrouver. Et de se venger. Entre les paumés magnifiques, les flics indélicats, les dégénérés de sa belle-famille et de dangereux fanatiques religieux, son périple tourne à l’odyssée.

Not alone with a dream
Just a want to be free
[…]Freedom! Freedom!

The Clansman – Iron Maiden –

L’âme de ce roman, c’est ce personnage principal qui crève les pages.

Elle s’appelle Freedom, et elle va vous emmener sur les routes sinueuses de son existence cabossée, franchement pas marrante, avec comme une impression que sa vie n’est qu’une succession de drames, de misère et de déchéance. Alcoolique, dépressive, vivant dans le dénuement quasi total sans objectif ni rayon de soleil, et sans aucune envie de s’en sortir, c’est pourtant elle qui vous donnera ici une putain de leçon de vie et d’amour.

Elle s’appelle Freedom et elle va partir affronter ses problèmes, sans forcément réussir à les résoudre. Et elle va se battre, oh ouais elle va se battre après eu comme une sorte de déclic, abandonnant sa boîte à suicide où elle conserve jour après jour les cachets de son traitement pour tous les gober d’un coup un jour, quand elle aura décidé que cette vie de souffrance sera terminée, et elle partira sur la route afin de retrouver cette vie qu’elle a laissée derrière elle le jour où elle a été obligée de changer d’identité, et pour lui régler une bonne fois pour toutes son compte, à ce passé qui la hante et la ronge comme une gangrène.

Elle aura aux fesses toute une ribambelle de zinzins de l’espace (aka les membres de son ex belle-famille), un bon lot de dégénérés qui n’aspirent qu’à la violence et à la vengeance. Vengeance d’un fils mort, d’un autre condamné à des années de prison, vengeance pour la privation des petits enfants d’une mère qui règne en véritable matrone mafieuse sur sa petite famille, assurant les revenus du foyer de manière ni très clean ni très légale. C’est au bas-fond de la société américaine que vous serez confrontés à leurs côtés et pourtant j’ai souri, et parfois ri de certaines situations et de certains dialogues. Était-ce le but de l’auteure, de mettre un petit pansement sur nos états d’âme de lecteurs chagrinés, histoire d’atténuer le cafard qui ne nous a pas quitté de toute notre lecture ? Ça a en tout cas donné une petite bouffée d’air frais dans cet air vicié, et ça a aussi installé un certain style dans l’écriture de l’auteure. C’est un ouvrage résolument moderne et rock’n’roll qu’elle nous propose ici, et qui ne ressemble à aucun autre d’ailleurs… Pas d’édulcorant dans les mots, pas de fards pour masquer une société et une réalité bien sombres.

Le mot de la fin

Jax Miller nous offre ici un roman poisseux, à l’ambiance dégueulasse, où le désespoir, la fatalité, et la violence vous colleront à la peau comme une vilaine bruine d’automne de la première à la dernière page du roman, et même un peu après d’ailleurs.

Vite vite vite, il me faut Candyland pour continuer de découvrir cette auteure !

Je recommande, mais n’oublie pas ton p’tite cacheton de Lexomil, ça peut aider !

4 réflexions au sujet de “Les infâmes – Jax Miller”

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