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L’archipel des lärmes – Camilla Grebe

J’ai annoncé la couleur sur les réseaux sociaux ce week-end, j’ai bouffé le dernier roman de l’auteure suédoise Camilla Grebe en moins de 24h ! Je n’ai pas aimé ce bouquin, j’ai été totalement obnubilée par lui !

J’aime les polars nordiques, ce n’est un secret pour personne, mais celui-ci est différent dans le sens où il est plus rythmé et plus « moderne » que certains autres que j’ai pu lire récemment et qui ont parfois laissé en moi un goût d’inachevé.

Je vous parle aujourd’hui de L’archipel des lärmes, de Camilla Grebe, paru récemment chez Calmann-Lévy.

L’histoire (4ème de couverture)

TROP DE LARMES ONT COULÉ
SUR L’ARCHIPEL DE STOCKHOLM

Une nuit de février 1944, à Stockholm, une mère de famille est retrouvée morte chez elle, clouée au sol. Trente ans plus tard, plusieurs femmes subissent exactement le même sort.
Dans les années 80, le meurtrier récidive mais ce n’est qu’aujourd’hui que des indices refont surface.
Britt-Marie, Hanne, Malin…
À chaque époque, une femme flic se démène pour enquêter, mais les conséquences de cette traque pourraient s’avérer dévastatrices.

L’Archipel des larmes, magistralement construit, nous fait traverser les décennies suédoises en compagnie de femmes hors du commun, avides de justice, et déterminées à arrêter ce monstre.

OH LA VACHE !

Quel extraordinaire bouquin ! Tout y est : personnages puissants et attachants, évocation de problèmes de société, suspense, rebondissements, enquête, et plusieurs meurtres évidemment parce que, quand même ne l’oublions pas, nous sommes dans un thriller.

Le livre est découpé en plusieurs parties, à chaque fois à une période différente : les années 40, les années 70, 80, et puis plus récemment aussi. Chaque partie centre l’action sur un groupe d’enquêteurs, et plus particulièrement sur une des enquêtrices, qui mènent des investigations sur des meurtres qui semblent se répéter au fil des décennies. Toujours le même modus operandis, toujours le même type de victimes, des femmes seules, pas très riches, et qui élèvent seules leur enfant. Chaque nouvelle partie est l’occasion de mettre en lumière de nouveaux personnages, sans pour autant délaisser les anciens que vous retrouverez de manière ponctuelle afin de relancer l’intrigue. C’est un peu la même histoire qui se répète à chaque fois, avec des chemins de vie parfois similaires et pourtant différents du fait de l’évolution de la société suédoise.

On constate effectivement très rapidement que la thématique de la place de la femme dans la société va être au centre de tout. Je vais vous l’avouer, je ne suis pas franchement friande de ce type de sujet, oui je suis une femme, oui je sais qu’il y a un tas d’inégalités, j’ai bien conscience aussi de ce qu’elles ont pu subir ou traverser pour s’imposer comme membre intégrant de la société et en dehors de ses fourneaux et de ses tâches ménagères, mais franchement ce n’est ni un sujet qui me passionne, ni dans lequel je me sens impliquée, désolée. On m’a déjà fait le coup du « Quoi ? t’es une femme et tu réagis comme ça ? ». Ouais désolée, mais bien que je compatisse clairement avec celles qui souffrent ou qui ont souffert, c’est comme ça, le féminisme n’est pas un sujet qui me passionne… La force de l’auteure est d’avoir réussi à traiter de ce sujet délicat sans tomber dans le pathos, ni dans un quelconque règlement de compte avec les hommes, la société, ou le passé. Camilla Grebe s’appuie effectivement sur les difficultés qu’ont pu avoir les femmes pour se faire une place dans la société, une place acquise parfois au forceps et dans un univers profondément masculin, mais en aucun cas elle ne cherche à régler ses comptes ni à émettre une quelconque satire sociale. Le sujet est traité de manière très neutre, tout en laissant par contre aux différents personnages féminins le rôle centrale de toute son intrigue. Nous rencontrons ici des femmes tiraillées par leur besoin de travailler à égalité avec leurs homologues masculins, par leur maternité et toutes les difficultés qui découlent d’une vie où elles doivent être mère, épouse et femme en même temps.

J’ai absolument adoré la partie enquêtes (pluriel volontaire), le suspense est palpitant, à aucun moment je ne suis retombée durant les 450 pages du bouquin, j’ai eu envie de continuer pour percer le mystère de ces meurtres, avalant les heures de lecture sans même m’en rendre compte. J’ai véritablement vécu aux côtés de ces femmes dans leurs combats, j’ai vécu l’enquête de l’intérieur et j’ai aussi, dans le même temps, assisté aux différents meurtres. Il y aura des morts dans ce roman, beaucoup, des morts injustes la plupart du temps, des morts qui vous tordront les boyaux parce que merde alors, on l’aimait bien ce personnage et il ne méritait pas de finir comme ça. Jamais de voyeurisme dans l’écriture de Camilla Grebe, jamais de surenchère, juste le profond réalisme qui caractérise son écriture.

D’ailleurs, parlons-en un peu de son écriture ! Profondément féminine, elle fait naître des émotions, elle touche, se veut parfois poétique, parfois sensible, tout est mesuré, tout est calculé. Ce bouquin a tout bon, tant sur le fond que sur la forme. Je n’ai ressenti aucun moment d’ennui, aucune lassitude, rien que du pur bonheur de lecture, et un livre qui restera et derrière lequel il va être difficile de passer.

Le mot de la fin

Camilla Grebe est pour moi LA Reine du polar suédois, bien devant sa compatriote qui porte le même prénom ! Il semblerait que ce livre soit la suite de précédents ouvrages de cette auteure, je n’en ai lu qu’un seul d’elle et je ne me rappelle plus vraiment de l’intrigue ni des personnages car ma lecture remonte à plusieurs années en arrière, mais je n’ai pas ressenti de problème à le découvrir alors que je n’avais pas lu les précédents.

Je recommande !

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