Editions Fleuve noir, Polar/thriller français

Luca – Franck Thilliez

Chaque année à la même période, c’est l’événement qui agite la bibliothèque de milliers de lecteurs francophones, et je ne boude pas mon plaisir de retrouver Franck Thilliez, un de mes auteurs français fétiches !

L’auteur a l’habitude d’alterner one-shot et polar de la série Sharko-Hennebelle, et pour être tout à fait honnête avec vous, j’ai un peu saturé de ce duo il y a quelque temps parce que je les trouvais un peu trop assagis dans leur vie de famille et que du coup, j’avais un peu de mal à retrouver la hargne qui les animait à leurs débuts. Oublié ce petit coup de mou entre le couple d’enquêteurs et la lectrice que je suis, car depuis Sharko j’ai complètement renoué avec ces deux-là, pour mon plus grand plaisir, et je ne souhaite d’ailleurs même plus la mort de Lucie ! (Méchante lectrice =) )

Ce livre a été assez compliqué à chroniquer de manière approfondie pour moi, car la quatrième de couverture est assez mystérieuse pour ne rien dévoiler de l’intrigue, et je ne tiens pas à spoiler les lecteurs qui me lisent, et j’ai un peu le sentiment aujourd’hui d’un article relativement superficiel, mais je préfère ça que d’en dévoiler trop.

Je vous parle aujourd’hui de Luca, de Franck Thilliez, paru début mai aux Editions Fleuve Noir.

L’histoire (4è de couverture)

 » Existe-t-il encore un jardin secret
que nous ne livrions pas aux machines ? « 

Partout, il y a la terreur.
Celle d’une jeune femme dans une chambre d’hôtel sordide, ventre loué à prix d’or pour couple en mal d’enfant, et qui s’évapore comme elle était arrivée.
Partout, il y a la terreur.
Celle d’un corps mutilé qui gît au fond d’une fosse creusée dans la forêt.
Partout, il y a la terreur.
Celle d’un homme qui connaît le jour et l’heure de sa mort.

Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire.
S’engage alors, pour l’équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre.
C’était écrit : l’enfer ne fait que commencer.

 

On prend les mêmes, et on recommence !

Si vous étiez un peu méfiants envers les réseaux sociaux et l’internet en général, les choses ne vont pas s’arranger une fois que vous aurez terminé Luca, et vous aurez très certainement l’envie fulgurante de jeter votre smartphone par la fenêtre pour revenir à votre bon vieux Nokia, en tentant de disparaître sans laisser de trace sur Facebook, Twitter et compagnie !

On le sait, Franck Thilliez aime les sujets de société, surtout lorsqu’ils sont scientifiques, et c’est une nouvelle fois une enquête aux multiples ramifications qu’il nous propose : de la GPA au piratage d’objets connectés, du darknet au transhumanisme, l’auteur multiplie les personnages et les intrigues pour nous offrir un ouvrage complexe et ô combien mouvementé ! Véritable course contre la montre, les 550 pages de Luca sont un enchaînement de péripéties et de rebondissements, donnant un caractère d’urgence et de danger permanents. Qu’on soit clair, l’action ne s’arrête jamais dans ce bouquin, et l’auteur alterne habilement les phases d’enquête avec les explications scientifiques, en y insérant quelques passages bien coriaces qui raviront les lecteurs amateurs de polars qui tabassent comme moi ! J’ai un peu eu l’impression de renouer avec le Franck Thilliez des débuts, celui qui ose bousculer le lecteur et qui le plonge dans la noirceur d’un univers violent et sans pitié.

Ce que j’apprécie chez cet auteur, c’est qu’il ne se contente pas d’aborder un sujet, un milieu, de manière superficielle. Il aime aller au fond des choses, nous immerger complètement dedans, en les décortiquant et les analysant en profondeur, tout en restant accessible à son lectorat, y compris celui qui est le plus réfractaire et hermétique aux sujets scientifiques comme moi. On ne lit pas un simple polar quand on lit un Thilliez, on apprend, on s’enrichit personnellement de tout ce qu’il a à nous raconter. Le vocabulaire est adapté aux non-initiés, les explications ne sont pas trop longues ou techniques, juste le nécessaire pour nous faire comprendre le sujet.

L’enquête policière est au centre de tout dans trois quart du bouquin, et l’auteur fait la part belle à l’action en mettant ses personnages principaux un peu en retrait, de manière à focaliser notre attention sur les diverses investigations qui seront menées, et sur le personnage de Nicolas que nous avons déjà côtoyé dans de précédents opus. Franck Thilliez aime malmener ses personnages, et mettre en lumière ce flic est l’occasion pour lui de développer le sujet du syndrome post-traumatique, cette douleur qui se réveille plusieurs mois, plusieurs années après un drame, et qui peut anéantir une vie. J’apprécie le caractère très humain de ses personnages, car on ressent une réelle connivence entre l’auteur et eux et forcément, cela crée un profond attachement avec les lecteurs.

Sharko est moins présent dans cet opus, moins sur le terrain aussi; ; il règne sur le Bastion, ce nouveau 36 Quai des Orfèvres que son équipe vient d’intégrer, et c’est grâce à son aura qu’il rayonne sur l’enquête, apportant la maturité et le charisme qui le caractérisent.

 

Le mot de la fin

Du grand Thilliez ! Un auteur qui sait perpétuellement se renouveler malgré la « routine » qui s’est installée entre lui et ses lecteurs. Le mot « routine » n’est pas à prendre ici au sens péjoratif, au contraire ! J’apprécie le fait de me retrouver avec des personnages que je connais bien, de les voir évoluer, et de voir aussi que l’auteur sait faire du nouveau tout en conservant les thèmes qu’il affectionne utiliser dans ses romans.

J’aurais envie de dire que Luca sonne comme un roman d’anticipation, mais ce n’est pas le cas, car nous sommes déjà en plein dedans, noyés dans ces nouvelles technologiques qui bouffent de plus en plus notre vie. Loin d’être un ouvrage moralisateur ou un pamphlet visant à dénoncer l’utilisation à outrance du numérique, Franck Thilliez se contente de pointer les dérives d’un monstre incontrôlable qui va toujours plus loin, occasionnant toujours plus de dégâts sur un esprit borderline et fragile. Il met également en parallèle l’incapacité de l’Homme à contrôler quelque chose qu’il a lui-même engendré – les nouvelles technologies – et son incapacité à contrôler des éléments extérieurs tels que les aléas climatiques auquel il est soumis. Nous sommes finalement de véritables pantins, contraints de vivre dans un monde que nous ne pouvons plus maîtriser.

Luca fait partie de la série Sharko-Hennebelle, et c’est à nouveau une franche réussite. Vous pouvez le lire de manière indépendante, mais je ne saurais que trop vous conseiller de découvrir cette incroyable série.

Je recommande, comme d’habitude !

8 réflexions au sujet de “Luca – Franck Thilliez”

    1. Ah ah, mais non je ne te taperai pas, promis !! 🙂 Thilliez a été un des premiers auteurs français que j’ai lu quand je me suis mise aux polars il y a 7 ou 8 ans, donc effectivement à l’époque j’avais enchaîné d’un coup tous ses livres de poche et j’ai continué à le suivre à chaque nouvelle publication 🙂

      Aimé par 1 personne

    1. Allooooooors attention !!! Je te conseille quand même de lire Sharko parce que… Ben parce que c’est important (très) dans la vie de certains personnages 😀 il vient de sortir en poche en plus… Vraiment, je te conseille de le lire avant Luca, surtout si tu as lu les autres livres de la série Sharko-Hennebelle avant 🙂
      N’hésite pas à si tu as des questions.
      Au plaisir !

      Aimé par 1 personne

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