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L’horizon d’une nuit – Camilla Grebe

Je dégaine l’ALERTE COUP DE CŒUR !

Si le talent de la suédoise Camilla Grebe n’est plus à prouver, ce roman se hisse tout en haut de mes préférés d’elle et il est un cran au-dessus de tous les autres !

Je vous parle de L’horizon des nuits, de Camilla Grebe, publié chez Calmann-Lévy.

L’histoire (4ème de couverture)

CONNAÎT-ON VRAIMENT LES GENS QU’ON AIME ?

Dans sa grande maison aux abords de Stockholm, Maria aime sa famille recomposée avec son nouveau mari Samir, son petit Vincent, si fragile et attachant, et sa splendide belle-fille Yasmin, qui couvre ce dernier d’amour.
Par une terrible nuit d’hiver, Yasmin disparaît près de la falaise, mais aucun corps n’est jamais retrouvé.
Bientôt, tout accuse Samir. Après tout, n’avait-il pas une relation conflictuelle avec sa fille ?
Maria ne peut y croire, mais petit à petit, le doute l’envahit… Les inspecteurs Gunnar Wijk et Ann-Britt Svensson sont chargés de l’enquête. Jamais faux-semblants et mensonges n’auront autant régné.

L’Horizon d’une nuit est un nouveau tour de force psychologique, aussi captivant que bouleversant, car chaque membre de la famille dévoile tour à tour sa version du drame, nous menant tout droit vers un rebondissement final qui laisse sans voix.

Quelle histoire époustouflante !

La disparition mystérieuse d’une jeune femme dans les eaux froides de la Baltique, l’absence de corps, un climat de suspicion permanent autour des membres qui forment cette famille recomposée, un entourage qui pose question… Voilà de bons éléments pour un thriller psychologique !

Je vous l’écrivais récemment, les thrillers dont l’intrigue se situe au sein du cercle familial sont parmi ceux que je préfère. L’auteure nous plonge dans le quotidien de cette famille détruite par le drame, qui tente de survivre alors que le pire leur est tombé dessus lors d’une banale soirée. D’abord la disparition de la jeune adolescente qui ressemble à un suicide, puis, après l’enquête, l’arrestation du père de famille que les indices désignent comme étant le coupable, et les doutes qui suivent le choc, les interrogations, les remises en question.

Les liens qui unissent les personnes d’une même famille sont parmi les plus puissants qui existent. On se voile volontiers la face lorsque l’amour entre en jeu et nous aveugle au point de ne pas déceler les petits (ou grands !) travers de ceux qui partagent notre quotidien. Est-on capable de raisonner avec objectivité quand il y a ce lien si fort qui entre en jeu ? Connaissons-nous vraiment la personne qui partage notre lit, ses enfants ? C’est à la lumière des récits de chacun des personnages principaux que l’on se rend compte que tout n’est pas aussi limpide qu’on ne le croit.

L’horizon d’une nuit est un roman choral, chaque partie est en effet dédiée à un des personnages qui nous raconte de son point de vue les événements qui précèdent et suivent la disparition de la jeune fille. Chaque témoignage apportera un éclairage particulier sur le récit des autres, et placera le lecteur en position omnisciente. Les doutes se créent, on comprend que tout n’est pas aussi simple qu’on l’aurait cru et qu’il faudra creuser pour essayer de comprendre qui a bien pu s’en prendre à la jeune fille. Chaque personnage a ses zones d’ombre, ses mystères, ses œillères aussi. Est-ce que derrière l’image du père aimant, il ne se cacherait pas l’ombre d’un islamiste radical incapable de comprendre le mode de vie de sa fille ? Est-ce que derrière la belle-mère qui lutte quotidiennement pour que leurs deux familles n’en forment qu’une, il ne se cacherait pas une marâtre incapable de supporter sa belle-fille ? Et qu’en est-il des amis éplorés de la jeune fille, et des amis de ses parents ? Il faut combiner les différents récits, les prendre dans leur globalité, pour comprendre réellement les ce qui se cachent en eux.

J’ai trouvé fascinant cette capacité qu’a Camilla Grebe de semer les indices au fil du récit de manière à éveiller nos soupçons en changeant tour à tour de cible. Rien ne permet de savoir dans la majeure partie du roman ce qui se cache derrière cette disparition, et c’est ce qui le rend si enivrant et accrocheur. Aucun moment de lassitude, d’ennui ou d’envie de poser mon roman. Je n’ai fait qu’un avec lui pendant 24h.

Des thèmes de société

En plus de la partie thriller, l’auteure déroule également toute une panoplie de sujets de société, ancrant ainsi son ouvrage dans une dynamique très moderne et actuelle.

Il sera en effet question de la place des étrangers dans la société danoise, des bêtises d’adolescents liées à la drogue ou aux mauvaises fréquentations, des séparations et des foyers recomposés, des violences faites aux femmes ou encore du fossé qui sépare les très riches des gens de la classe moyenne…

J’aime beaucoup ces ouvrages qui compilent suspense et sujets de société parce que ça donne l’impression d’une intrigue plus complexe que le banal thriller qui ne se focalise que sur l’enquête. Camilla Grebe traite ces sujets de manière objective sans faire dans le prosélytisme ni le moralisateur. Elle pose un constat, expose des faits, et ça s’imbrique parfaitement avec le suspense de l’intrigue.

Le mot de la fin

Ce roman est le genre de bouquin qui, une fois ouvert, nous happe complètement, nous engloutit de la première à la dernière page, nous coupant de notre vie sociale et de tout ce qui nous entoure.

Si vous ne devez lire qu’un roman en ce début 2022, c’est celui-ci !

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