Editions Le livre de poche

Un coeur sombre – R.J. Ellory

Bon. Il fallait bien que ça arrive, mais cette fois ça sera une chronique mi-figue mi-raisin pour R.J. Ellory. Alors qu’habituellement je ne taris pas d’éloges à son sujet, cette fois c’est une lecture en pas complètement positive certes, mais pas complètement négative non plus. Je m’en expliquerai plus longuement dans mon article.

Je vous parle aujourd’hui d’Un cœur sombre, de R.J. Ellory, publié aux éditions Le livre de poche.

Pour découvrir mes autres chroniques sur les romans de l’auteur :

L’histoire (4ème de couverture)

Sous sa façade respectable, l’inspecteur Vincent Madigan, piètre mari et mauvais père, est un homme que ses démons ont entraîné dans une spirale dangereuse. La grosse somme d’argent qu’il doit à Sandià, le roi de la pègre d’East Harlem, risque de lui coûter la vie. Pour s’en sortir, il décide de braquer 400  000 dollars dans une des planques de Sandià. Mais les choses tournent mal : il est obligé d’éliminer ses complices et une petite fille est blessée dans la fusillade. Rongé par l’angoisse et la culpabilité, Madigan s’engage sur la dernière voie qu’il lui reste : celle d’une impossible rédemption.

Mitigée

Mon ressenti était plutôt positif dans la première partie du roman, que je n’ai pas vue défiler, 200 pages avalées quasiment d’un trait. Si le démarrage est tonitruant avec ce braquage qui tourne mal et où beaucoup de sang va couler, il ne se passe ensuite pas grand-chose pour faire avancer l’intrigue. Le talent de R.J. Ellory fait qu’on se sent intéressé malgré tout et qu’on a envie de continuer notre lecture, c’est en tout cas ce que j’ai ressenti durant la première moitié du roman. Sauf que là, une fois le milieu du roman atteint, je trouve qu’il y a quand même un peu trop de longueurs et je finis par m’essouffler, me lasser même par moment. Je continue malgré, hors de question d’arrêter un R.J. Ellory et surtout, j’ai toujours envie de connaître le dénouement et je me suis attachée à Madigan, le personnage principal. Je saute par moment des passages entiers, mais quand vient enfin la dernière partie et que le dénouement commencer à se faire sentir, je réussis à nouveau à me plonger dedans jusqu’à la fin, explosive, tonitruante, cataclysmique… Et à ce moment je ne regrette clairement pas d’avoir continué ! Oubliée la lassitude ressentie pendant une bonne centaine de pages, balayée cette déception qui se faisait ressentir.

J’ai apprécié Madigan, ce personnage est d’une complexité hors norme, très travaillé et abouti. Il est flic, un flic qui œuvre pour le bien mais en faisant des choses qu’il ne devrait pas faire. De bon flic à flic véreux il n’y a qu’un pas, et la ligne rouge est souvent franchie. On flippe pour lui en même temps qu’il nous touche et nous agace. Il a un foutu don pour attirer les ennuis, de ceux qui peuvent le conduire derrière les barreaux pour le reste de sa vie, ou refroidi entre quatre planches. Sa vie est une succession de mauvaises rencontres mais aussi de mauvais choix qu’il faut assumer sans se défiler. Le chaos est dans sa vie professionnelle, mais aussi personnelle. Il ne garde aucune de ses femmes, ses enfants n’ont qu’une importance lointaine pour lui-même si par moment des résurgences d’instinct paternel refont surface. Il se jure alors d’essayer de se faire une place dans la vie de ses enfants, mais n’est-il pas déjà trop tard ?

Je reconnais toujours l’écriture incroyable de l’auteur, d’une sensibilité exacerbée, avec des passages qui font écho parfois en moi, un écho profond sur les questions de la vie, sur les gens, la culpabilité, la rédemption aussi. L’auteur a ce don de réussir à nous faire réfléchir sans se positionner comme moralisateur. Il est de ceux qui insufflent une humanité dans ses romans malgré un côté très sombre, voire déprimant par moment. C’est ce que j’aime chez Ellory, et c’est pour ça que je continuerai de découvrir sa bibliographie cette fois.

Le mot de la fin

Il ne sera pas mon préféré de R.J. Ellory mais je ne regrette pas de l’avoir lu. Quelques jours après l’avoir terminé je garde un souvenir marqué de cette histoire et les 150 pages où j’ai eu plus de mal me semblent bien peu de choses par rapport à la puissance du final de ce roman.

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