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Le mur des silences – Arnaldur Indridason

J’ai une affection particulière pour l’auteur islandais Arnaldur Indridason, que j’ai découvert en 2013 alors que je m’essayais aux polars nordiques, et que je reprenais tout doucement la lecture après un quasi burn out et après avoir quitté mon ancien job. C’est lui qui m’a fait connaître l’Islande, lui qui m’a donné envie d’y aller, lui qui m’a aussi fait connaître le polar nordique. Si je suis une immense fan de toute la série Erlendur et que je voue un véritable culte à son ateur, je dois avouer, et ça me fait vraiment mal, que ça ne se passe pas très bien entre la série Konrad et moi. Ou disons plutôt que ça ne se passe pas aussi bien avec la série Konrad qu’avec la série Erlendur… Je vais tenter de vous expliquer pourquoi même s’il est difficile de mettre des mots sur un ressenti.

Pour toute question concernant l’œuvre de l’auteur, ainsi que l’ordre de lecture des différentes séries, je vous invite à lire l’article que je lui ai consacré, qui est à jour, et accessible en cliquant ici.

Je vous parle aujourd’hui du dernier roman d’Arnaldur Indridason, Le mur des silences, publié tout récemment chez Métailié. Il est traduit par l’incontournable Eric Boury.

L’histoire (4ème de couverture)

C’est une maison dans laquelle les femmes ne se sont jamais senties bien, les familles n’y sont jamais restées longtemps. Une médium dit même y avoir perçu une sensation d’étouffement. Pendant des travaux de modernisation, le mur de la cave s’écroule et un corps apparaît.

Konrad enquête et met au jour des mystères anciens.

Dans le même temps il presse la police d’élucider le meurtre de son père mais il a oublié qu’à l’époque, l’enfant qu’il était avait menti, et il se retrouve soupçonné.

Toujours dans une ambiance à la Simenon et avec Konrad, un héros ici très ambigu, moyennement sympathique, noyé dans l’alcool et la solitude, un roman noir magistral dans lequel le passé et les victimes oubliées ressurgissent.

Un nouveau best-seller du roi du polar islandais.

Il y a un truc qui ne se fait pas entre la série Konrad et moi…

Si je reconnais complètement les qualités narratives de l’auteur islandais et le soin tout particulier apporté à la traduction faite par Eric Boury qui est, comme d’habitude, impeccable, je dois dire que je n’arrive pas à tisser de lien avec cette série de romans. Pendant toute ma lecture, je réfléchissais à ce qui coinçait et je pense avoir mis le doigt dessus.

Dans un premier temps, je dirais que cette lecture nécessite de l’attention car l’auteur nous perd dans les différentes histoires, les différentes époques également, les personnages, passant de l’un à l’autre sans le mentionner à aucun moment, ce qui provoque forcément une confusion chez moi… Certaines intrigues liées à Konrad ont un fil conducteur qu’on doit suivre d’un tome à l’autre et en douze mois de temps, je dois avouer qu’il ne reste pas grand-chose du précédent roman et je me sens perdue, sans point d’ancrage auquel me raccrocher. C’est très problématique, car pour me sentir concernée par ce que je lis, j’ai besoin de me sentir impliquée et sans point d’ancrage, c’est quelque chose d’impossible pour moi. Je ne vis pas ma lecture, je n’en suis qu’une simple spectatrice et mon intérêt s’étiole au fil des pages d’autant plus en raison d’un rythme qui n’est pas des plus tonitruants.

Ensuite, ce qui a fait aussi que je suis tombée sous le charme de cet auteur il y a près de dix ans, c’est sa formidable capacité à décrire les paysages, la lande islandaise, l’atmosphère incroyable qui en résulte, sa société aussi. L’environnement de l’île a toujours eu une place prépondérante dans son œuvre, il ajoutait un je ne sais quoi qui était très attractif pour moi y compris lorsque l’action stagnait. Je ne retrouve pas ça non plus dans la série Konrad. Cet élément, ajouté aux autres que je viens d’énoncer, ne fait qu’accentuer le fait que j’ai du mal avec cette série.

Cet ouvrage, à l’image des précédents de la série Konrad (Ce que savait la nuit, Les fantômes de Reykjavik, La pierre du remords) a un caractère sans doute trop classique pour moi. J’ai besoin d’autre chose dans mes lectures, et je pense ne pas être dans la bonne cible des lecteurs.

Le mot de la fin

Il y a un je ne sais quoi qui ne me permet pas d’apprécier pleinement ma lecture, qui parasite ma lecture. J’ai l’impression de passer à côté, et c’est désagréable d’autant plus quand on sait à quel point j’aime cet auteur.

Alors oui, Arnaldur Indridason a un talent fou pour l’écriture, je ne mettrai jamais en doute ses qualités narratives. Il sait aussi décrire les relations entre ses personnages, il sait créer une atmosphère, mais je n’arrive pas à me sentir concernée par le fond de l’intrigue ni par ce qui arrive aux personnages.

Il m’en coûte de publier une telle chronique aujourd’hui, d’autant plus que c’est la deuxième que j’écris dans ce sens ces dernières années, mais j’ai toujours juré que je dirai systématiquement de manière objective ce que j’ai pensé de mes lectures. C’est terrible pour moi d’écrire ces mots concernant Arnaldur Indridason, mais si je m’acharne à vouloir continuer avec cette série, c’est bien parce que c’est lui. S’il s’agissait d’un autre auteur, je pense que j’abandonnerais et je passerais à autre chose.

Je ne saurais que trop vous conseiller de vous faire votre propre opinion. Ce qui est valable pour moi ne l’est pas pour tant d’autres lecteurs qui adorent ce qu’il publie.

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