Editions Pocket, Polar/thriller français

Les monstres – Maud Mayeras

Je mets un peu de côté mes nordiques chéris histoire qu’il m’en reste à lire pour les mois à venir, et histoire de garder précieusement les norvégiens en attente pour quand je serai confortablement installée le soir dans mon rorbuer aux Lofoten en attendant les aurores boréales (je m’y vois déjà !).

J’ai découvert Maud Mayeras il y a quelques années avec Reflex, et je me souviens à l’époque avoir franchement bien accroché à cet univers sombre et si particulier. La parution récente de son dernier roman a contribué à mon envie de m’y remettre.

Je vous parle aujourd’hui du roman Les monstres, publié chez Pocket.

L’histoire (4ème de couverture)

Séquestrés depuis toujours, que feront-ils si la porte s’ouvre?

IIls vivent dans un  » terrier « . Les enfants, la mère. Protégés de la lumière du jour qu’ils redoutent. Sales et affamés, ils survivent grâce à l’amour qu’ils partagent et grâce à Aleph, qui les ravitaille, les éduque et les prépare patiemment au jour où ils pourront sortir. Parce que, dehors, il y a des humains. Parce que eux sont des monstres. Et tant qu’ils ne seront pas assez forts pour les affronter, ils n’ont aucune chance.
Mais un jour Aleph ne revient pas, et les humains prédateurs cognent à leur porte. Alors, prêts ou pas, il va falloir faire face, et affronter cette terrifiante inconnue: la liberté.

Shocking !!!

Ami lecteur, si tu cherches un roman glauque, poisseux et choquant à souhait, j’ai ce qu’il te faut ! Je ne pensais pas dire ça un jour, mais je crois que ce livre était presque trop malsain pour moi.

Direction une maison isolée et sa famille pour le moins étrange. Vivant reclus de la société, leur existence est insoupçonnée jusqu’à ce qu’une crue terrible pousse des sauveteurs à y entrer pour voir si des personnes seraient en difficulté à l’intérieur de la bâtisse. Ce qu’ils découvrent est saisissant d’horreur et moi je dois avouer qu’après plusieurs dizaines de pages enfermées aux côtés d’eux dans cette immonde baraque, je suis contente qu’ils soient venus m’en délivrer aussi. Si dans un premier temps l’auteure s’attache à nous décrire leur quotidien dans cette maison qu’ils nomment le Terrier, elle nous confronte ensuite à leur arrivée dans la réalité avec toutes les angoisses que cela suscite chez eux.

L’auteure éveille nos sens avec cette formidable capacité à décrire l’environnement poisseux, les odeurs nauséabondes, l’enfer de ce Terrier dans lequel cette mère et ses enfants survivent sous la coupe de l’Ogre qui les tient enfermés sans possibilité d’en réchapper. Les gamins ne connaissent que ça dans leur vie, ils n’ont jamais mis le nez dehors, il faut dire que l’Ogre sait y faire en cultivant une sorte de terreur quant au monde extérieur, aux animaux, et surtout envers les humains. De l’humain, ils ne connaissent que leur mère et le lien quasi bestial qui les lie à elle. Telle une louve qui veille sur ses petits, elle tentera de leur éviter les peines, la maladie, la violence des hommes, et de l’homme qui partage leur vie en particulier. Certaines scènes ont été bouleversantes mais aussi très dérangeantes pour moi. L’auteure décrit avec soin chaque environnement, chaque ressenti, il en ressort une ambiance palpable et lourde qui vous colle à la peau de manière désagréable.

Et puis quand vient la délivrance, c’est une nouvelle vie qui s’offre à eux. Ils ne sont pas prêts pour supporter la violence de ce changement de vie ni les traumatismes gravés au fer rouge dans leur chair et dans leur tête. L’aspect psychologique prend alors toute la place, et à l’horreur du Terrier se succède l’horreur des dégâts mentaux. On se dit qu’ils sont foutus, que leur vie ne sera jamais normale, qu’ils ne sauront jamais s’émerveiller de ce qui les entoure, comme du rayon de soleil qui caresse leur peau,  qu’ils ne seront jamais capables d’éprouver de l’amour envers quelqu’un d’autre que le minuscule cercle familial qu’ils formaient à eux quatre.

Les monstres est tellement immersif, tellement dérangeant que j’ai été profondément et absolument horrifiée par cette lecture. Je suis une lectrice assez extrême, vous savez qu’il m’en faut pour que je ne supporte pas un roman, eh bien là on y est ! Maud Mayeras a ce talent de transformer en horreurs tout ce qu’elle touche.  N’y voyez pas là une critique de ma part, j’ai aimé ce bouquin, parce que je ne lis pas du polar ou du thriller pour lire des gentilles histoires bucoliques mais bien pour me sentir bousculée dans mon petit confort quotidien.

Le mot de la fin

A lire si vous avez le cœur et les tripes bien accrochés !

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