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Je sais que tu sais – Gilly MacMillan

Ce bouquin patientait dans ma PAL depuis longtemps. Pourquoi ? Tout simplement parce que le titre ne me plaisait pas et que j’avais l’impression que j’allais lire un bouquin du genre Liane Moriarty. Les certitudes étant faites pour être bousculées, j’ai voulu lui donner sa chance et… j’ai bien fait !

En commençant ce roman, je me suis rendu compte que le nom de l’auteure m’évoquait vaguement quelque chose. Après une rapide recherche sur mon blog, en effet, j’ai bien lu La nanny il y a quelques mois de ça et si je me souviens bien de l’intrigue, je n’avais plus du tout en tête le nom de l’auteure ! (c’est la sénilité qui commence ça !)

Je vous parle aujourd’hui de Je sais que tu sais, de Gillian MacMillan, publié chez Pocket.

L’histoire (4ème de couverture)

À Bristol, deux affaires de meurtres se retrouvent mystérieusement liées à plus de vingt d’écart. Un thriller électrisant.

Bristol, 19 août 1996. Les corps de deux enfants assassinés sont retrouvés au petit matin dans un terrain vague. Lorsqu’un nouveau cadavre est découvert sur le même lieu vingt ans plus tard, l’inspecteur Fletcher se voit obligé de replonger dans ses anciens dossiers. Les deux affaires pourraient-elles être liées ? L’enquête a pourtant été résolue par Fletcher lui-même. À moins qu’une erreur n’ait été commise ?
Pour Cody Swift, jeune homme encore hanté par la mort de ses deux meilleurs amis d’enfance, d’évidentes zones d’ombre persistent. Il lance alors un podcast dans lequel il diffuse les avancées de sa propre enquête, quitte à réveiller chez certains des traumatismes enfouis et des blessures encore vives…
Que s’est-il réellement passé en 1996 lors de cette nuit étouffante ? L’homme qui a été envoyé derrière les barreaux à l’époque était-il innocent ? Et si oui, où se trouve le meurtrier aujourd’hui ?

Immersif et inlâchable !

L’intrigue nous plonge dans une enquête, celle de Cody, un jeune homme qui décide de rouvrir une vieille affaire dans laquelle il a été l’une des victimes collatérales alors qu’il n’était qu’un jeune enfant. Après la mort de ses deux amis d’enfance alors qu’ils n’étaient même pas encore ados, un suspect tout désigné est rapidement arrêté, mis sous les verrous. Il se suicidera quelques temps pour tard. Fin de l’affaire ? Pas du tout, car des zones d’ombres persistent, et Cody a décidé d’aller fouiller dedans grâce à son podcast diffusé sur le web où il fait état de l’avancement de ses recherches, de ses doutes et difficultés. Car une chose est sûre, il ne fait pas bon remuer le passé.

C’est ce travail d’enquête qui s’est révélé passionnant pour moi. Je suis une grande amatrice d’émissions du type Faites entrer l’accusé et je trouve passionnant de voir l’évolution d’une enquête, les fausse pistes, la découverte d’indices qui soulèvent des questions avant d’aboutir vers la résolution de l’intrigue. L’auteure mène le jeu de l’intrigue d’une manière admirable et complètement crédible. C’est parce qu’elle met autant de conviction dans son récit, dans ses personnages aussi, qu’elle arrive à créer quelque chose de très immersif. On ne lit pas cette enquête, on la vit de l’intérieur.

L’assassinat de jeunes enfants est sans doute ce qu’il y a de plus difficile à supporter dans une lecture, y compris pour moi qui n’ai pas l’ombre d’un instinct maternel. L’enfant représente l’être sans défense, qui est en proie à la violence des hommes. La perte de l’enfant, le deuil qui suit cette période de cataclysme ainsi que les traumatismes qui en résultent, sont parfaitement décrits par l’auteure. Certains passages sont poignants, notamment lors des obsèques et alors que la mère qui était censée veiller sur les trois amis se retrouve seule face au cercueil de son fils, acculée par tous de n’avoir pas su les protéger. Cette mère va être au centre de l’intrigue, car même si elle a perdu son fils, de nombreuses zones d’ombres planent au-dessus d’elle et même si elle est devenue aujourd’hui quelqu’un de très respectable, qu’elle a refait sa vie, qu’elle a une jeune ado et une vie de famille équilibrée, son passé lui colle à la peau et elle le traîne comme un boulet.

La mère et la maternité, sont une des thèmes majeurs du roman. La mère qui souffre de la perte de son petit, les difficultés aussi à être mère alors qu’on n’est même pas encore adulte, le poids de la culpabilité, l’angoisse de voir se reproduire le drame vécu avec les autres enfants, mais aussi d’autres sentiments moins nobles, voire plus dérangeants.

Je suis parfois un peu lassée des ouvrages qui alternent le passé et le présent dans leurs intrigues mais ici c’est fait de manière très naturelle et dans chaque chapitre, on retrouve un extrait de podcast avec les dernières avancées de l’enquête, un passage dans le passé matérialisé par une écriture en italique, et une narration au temps présent. Je trouve cette construction très intéressante, et assez inédite d’ailleurs. Elle permet de lever le voile de manière subtile en conservant un suspense de tous les diables jusqu’à la dernière page.

Les personnages sont peu nombreux mais bien travaillés et avec une réelle consistance. Il faudra se méfier car rien n’est ce qu’il paraît être et vous risquez d’avoir, comme moi, quelques surprises au moment du dénouement.

Le mot de la fin

Je me suis clairement prise de passion pour ce roman qui se lit d’une traite ou presque, sans s’arrêter.

Je recommande chaudement !

8 réflexions au sujet de “Je sais que tu sais – Gilly MacMillan”

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