Editions Calmann Lévy, Non classé, Polar/thriller français

Te tenir la main pendant que tout brûle – Johana Gustawsson

Nous avons fait la rencontre de Johana Gustawsson il y a déjà 6 ans, avec la parution de sa série Emily Roy. Changement d’éditeur, changement de style, il était grand temps que je découvre son nouveau roman paru en 2021 !

Je vous parle aujourd’hui de Te tenir la main pendant que tout brûle, publié chez Calmann Lévy.

Avant d’aller plus loin, vous pouvez consulter mes précédentes chroniques de l’auteure :

Ainsi que mon interview de l’auteure en cliquant ici.

L’histoire (4ème de couverture)

Si vous n’avez pas la force brute
et que personne ne vous entend,

il vous reste d’autres voies…
Lac-Clarence, Québec, 2002. Maxine Grant, inspectrice et mère célibataire dépassée, est appelée sur une scène de crime affreuse. L’ancienne institutrice du village, appréciée de tous, a massacré son mari, le lardant de coups de couteau.

Paris, 1899. Lucienne Lelanger refuse d’admettre la mort de ses fi lles dans un incendie. Elle intègre une société secrète dans l’espoir que le spiritisme et la magie noire l’aideront à les retrouver.

Lac-Clarence, 1949. La jeune Lina vit une adolescence mouvementée. Pour la canaliser après l’école, sa mère lui impose de la rejoindre à la Mad House, la maison de repos où elle travaille. Lina y rencontre une étrange patiente, qui lui procure des conseils pour le moins dangereux…

Goodbye London, bonjour le Québec !

Première nouveauté, l’auteure a décidé de délocaliser son intrigue outre Atlantique, au Québec.

Deuxième nouveauté et pas des moindres, Te tenir la main pendant que tout brûle est un roman indépendant et n’entre pas dans le cadre de sa série Emily Roy.

Nous suivrons dans ce roman trois intrigues différentes. Trois intrigues oui, mais aussi trois lieux, et trois époques bien distinctes : 1899, 1949 et 2002. Aucun problème pour s’y retrouver, chaque chapitre nous situe parfaitement dans le contexte et une fois qu’on a pris connaissance des différents personnages, on cherchera forcément quel est le lien entre toutes ces femmes, toutes ces périodes. J’ai bien dit « femmes » et pas « personnages », car ici et une nouvelle fois, l’auteure leur fait une place de choix et les propulse au cœur de l’intrigue.

Il y aura la mère de famille qui a vu périr ses enfants dans un terrible incendie, il y aura aussi cette jeune adolescente prise en étau dans une relation mère/fille impossible, et puis aussi cette inspectrice qui doit jongler entre sa vie de maman solo et son boulot.

Alors qu’on aurait pu se sentir perdus face à ces différentes histoires, j’ai trouvé que l’auteure faisait parfaitement s’emboîter ces trois parcours de vie, un peu à la manière de pièces de Tetris qu’on alignerait pour n’en faire qu’un tout. Il faudra attendre la dernière partie du roman pour en comprendre les tenants et aboutissants, le tout vous explosant à la tronche dans une sorte de bouquet final, relevant ainsi le tout, un peu comme la pincée de piment qu’on saupoudrerait sur un bon plat juste avant le service.

Bien que très différentes et sans aucun lien apparent, ces trois femmes ont pour point commun d’avoir un lien particulier avec la maternité. Parce que plus que l’enquête principale, c’est bien ça le thème majeur du roman. Johana va ici et comme à son habitude bien au-delà du simple thriller. Elle décortique ce lien surpuissant qui unit une mère et son enfant, un lien qui marque une vie mais ô combien difficile à vivre parfois. La maternité est un vaste sujet complexe et il y a matière à écrire dessus. Elle-même mère de famille, l’auteure puise dans ses entrailles de femme pour explorer toutes les difficultés d’être une mère, une femme dans la société. Elle réveille surtout certains côtés sombres de la maternité que la société préfère taire, la sacralisant même la plupart du temps. Quel plus beau cadeau dans la vie que celui d’être mère ? Quel plus beau lien d’amour entre une mère et ses enfants ? Tout n’est pourtant pas si simple, et loin d’édulcorer le tableau familial elle préfère en révéler ses côtés les plus obscurs. L’auteure met un soin tout particulier à créer et faire vivre ses personnages. On la sent proche d’elles, on sent l’implication de son travail d’auteur dans ces femmes qui ne sont, pourtant, que fictives, mais qui prennent vie sous sa plume.

Par moment, j’avoue avoir eu du mal à m’identifier aux personnages, moi qui n’ai pas l’ombre d’une envie de maternité et pire, qui la craint plus que tout. Ce n’est pas ce roman qui me donnera envie de me lancer, soyez-en sûrs ! =)

Derrière les rebondissements, les enquêtes, le suspense, se cachent une profonde humanité, une écriture sensible qui tantôt atténue le noir, tantôt le renforce pour vous glacer jusqu’au sang.

Le mot de la fin

Un roman d’une profondeur et d’une sensibilité rares.

Je recommande !

2 réflexions au sujet de “Te tenir la main pendant que tout brûle – Johana Gustawsson”

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