Editions La Martinière, Polar/thriller nordique

Le serment – Arttu Tuominen

Après une pause de quelques semaines dans le polar venu du froid, me voilà repartie dans mes amours polaires. Je n’ai actuellement envie de rien lire d’autre que ça, d’ailleurs la saison s’y prête particulièrement bien.

La Martinière est une maison d’édition dont je vous parle régulièrement car ils m’ont permis de découvrir deux auteurs qui sont devenus des incontournables pour moi, Mo Malo avec sa série Qaanaaq, et Ragnar Jonasson pour tout ce qu’il a publié en France jusqu’à présent. Ils viennent d’éditer tout récemment un nouvel auteur nordique, et il est finlandais cette fois. Je ne pouvais bien évidemment pas passer à côté, d’autant plus que le roman a été finaliste du plus prestigieux prix littéraire nordique, le prix Clé de verre du meilleur roman scandinave, qui a notamment récompensé Arnaldur Indridason et son incroyable roman La femme en vert.

Je vous parle aujourd’hui du premier roman édité en français de l’auteur finlandais Arttu Tuominen, Le serment.

L’histoire (4ème de couverture)

Ils sont trois : un cadavre lardé de coups de couteaux, un suspect errant les mains ensanglantées à l’orée d’un bois et l’inspecteur chargé de l’enquête. Trois hommes qui se connaissaient ; trois hommes qui ne s’étaient pas revus depuis vingt-sept ans.

Dans les prairies sauvages de Finlande ressurgissent les souvenirs d’une enfance féroce, les traumatismes du passé. Entre les courses à vélo et les vengeances à la sortie de l’école, un pacte de sang a été scellé. Un serment qui se rappellera à eux trois décennies plus tard.

À la façon d’un Ron Rash ou d’un Dennis Lehane plongés dans une Finlande rugueuse, Arttu Tuominen offre un roman noir puissant, hanté par les conflits entre morale et poids du secret.

Traduit du finnois par Anne Colin du Terrail.

Un auteur à suivre !

Voilà du bon nordique comme j’aime : sombre, avec une violence sous-jacente suggérée avec une certaine pudeur, plutôt qu’étalée de manière outrancière.

L’ouvrage s’inscrit dans un environnement fort, glauque et qui pèse lourdement sur le récit. L’atmosphère incroyable qu’il dégage accentue le côté funeste du récit. Je suis très sensible à ça en tant que lectrice, c’est en général ce type de roman que je préfère, qui reste ancré en moi aussi. Ce n’est pas simplement une histoire de meurtre, de flic ou d’enquête, c’est quelque chose de plus profond.

Le serment est le premier ouvrage d’une série, donc côté forcément il prend son temps afin de poser des bases solides sur lesquelles l’auteur s’appuiera pour les tomes futurs. Je préfère prévenir les amateurs de polars qui vont à cent à l’heure, je ne suis pas sûre que le rythme vous convienne. Si par contre vous êtes comme moi et que vous attachez de l’importance au ressenti, que vous êtes sensible à l’environnement dans lequel évoluent les personnages, et aux émotions qu’il en découle, alors il est fait pour vous.

La traditionnelle alternance passé/présent ne se contente pas de nous apporter des détails sur la vie et l’enfance de certains personnages, elle confère surtout ici une certaine nostalgie du temps passé, des liens parfois rompus avec des êtres qui ont compté dans notre vie mais qui n’en font plus partie parce que les chemins pris sont différents. Il est aussi question de rancœurs et de blessures tenaces, de celles qui marquent durablement celui qui les a subies. En ce sens, Le serment est un roman poignant et qui prend aux tripes, mélancolique parfois et qui laisse aussi une trace en vous parce qu’il vous aura touché.

On imagine toujours les pays du nord comme une sorte d’eldorado, où le slow life, la vie en communion avec la nature et en bonne entente avec ses semblables seraient bercés par les aurores boréales qui animent le ciel hivernal. Il n’en est rien. Les violences familiales, l’alcool, la consommation de drogue gangrènent ces pays où la vie est rude, à l’image de son climat inhospitalier et de ses nuits sans fin. Les auteurs nordiques ont cette particularité de toujours situer leurs intrigues dans le contexte social de leur pays, et c’est aussi parce que je m’y intéresse et que j’aime y voyager que j’apprécie autant de les lire.

Le mot de la fin

Un premier roman plein de promesses, je suivrai bien évidemment le reste de la série avec attention.

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