Polar/thriller français

Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils – Jacques Expert

Un Jacques Expert, et ça repart !

Alors que j’étais en plein marasme littéraire après deux abandons en dix jours (Vendetta de R.J. Ellory et Salem de Stephen King), il me fallait du lourd !

Je pensais avoir tout lu de Jacques Expert, mais en tombant sur cet ouvrage chez mon bouquiniste il y a deux ou trois mois, je me suis rendu compte qu’il manquait à ma collection de l’auteur.

Verdict ? Il a fait le job, et même plus que ça !

Je vous parle aujourd’hui de Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils, de Jacques Expert.

L’histoire (4ème de couverture)

Quand son fils meurt, renversé par un chauffard qui a pris la fuite, Antonio Rodriguez jure à sa femme qu’il le vengera. Tandis que l’enquête piétine, il finit par découvrir le meurtrier, un cadre supérieur de sa propre entreprise dont l’attitude lui paraît très suspecte. Pourtant, un jour, les gendarmes l’informent qu’ils viennent d’arrêter le coupable. Les preuves sont formelles, l’homme est passé aux aveux. Mais ce n’est pas le même individu. Dans ce roman à quatre voix – Antonio et sa femme, Sylvia, l’assassin et son épouse –, se noue un ballet macabre, autour du thème de l’autodéfense : qui Antonio Rodriguez va-t-il tuer ce soir ?

Chronique d’un fait divers

Le roman démarre de manière tonitruante, et le premier chapitre fait office de coup de poing qui donne immédiatement envie de découvrir la suite. Un homme se prépare à passer à l’acte, ce soir il ira tuer l’assassin de son fils.

Ce roman est certainement un des plus puissants de Jacques Expert, d’abord en raison du thème qu’il aborde, ensuite en raison de sa construction sous forme de roman choral. L’auteur alterne en effet les points de vue des principaux protagonistes tout au long de notre lecture : le meurtrier et son épouse, le père et la mère de Victor, ce petit garçon mort renversé alors qu’il était en train de faire du vélo. Nous assistons à la détresse des parents, à cette douleur incommensurable qui anéantit leur vie et les pousse à vouloir se faire vengeance eux-mêmes. Parallèlement on assiste à la vie du meurtrier, Philippe, qui a repris sa vie comme si de rien n’était.

On sait très rapidement qui est le meurtrier du petit garçon, dès les premières pages. On assiste en effet à l’accident, mais surtout à la manière de le gérer du meurtrier dans les jours et semaines qui suivent. Froid, calculateur, manipulateur, menteur, lâche et j’en passe. J’ai détesté tout ce qu’il était, tout ce qu’il véhicule. Pas une once de remords d’avoir brisé une famille en enlevant la vie à un petit garçon qui faisait tranquillement du vélo. Pas une once de remords non plus de l’avoir laissé agonisant dans le fossé jusqu’à ce qu’il en meurt. Le mec a repris sa vie misérable de petit cadre provincial qui rentre le soir auprès de bobonne et de leurs enfants qui attendent patiemment que le seigneur de la maison rentre du travail pour manger ensemble dans un simulacre de cocon familial. J’ai détesté le comportement de ce type envers sa famille, cette tendance qu’il a se voir encore comme l’homme puissant de la maison, la figure patriarcale qui fait bouillir la marmite, machiste par excellence et qui se complait dans un mariage qui prend l’eau dans sa vie rangée bien médiocre. Jacques Expert utilise souvent ce genre de personnage dans ses romans, sûrs de tout mais surtout d’eux-mêmes, ne voyant qu’à travers eux, bourrés de certitudes et égocentriques à l’extrême. Mécaniquement, on se range du côté des personnages plus vulnérables, ceux qui souffrent, et ça crée une sorte de lien puissant entre eux et nous lecteurs.

Le thème de la vengeance est un des thèmes que je préfère retrouver dans mes romans parce qu’il engendre des émotions fortes, presque bestiales. Celui qui souffre ne voit que cette solution pour tenter de panser ses plaies, de détruire celui qui est la cause du malheur, et pour essayer de continuer de vivre. L’auteur pousse à son paroxysme les émotions, il a réussi avec brio à retranscrire la souffrance de ceux qui restent et je me suis sentie très touchée par leur désespoir.

Le mot de la fin

Alors que certains écrivains se contentent d’écrire des ouvrages divertissants mais dont on aura tout oublié dans les semaines qui suivent, Jacques Expert a l’art d’écrire des romans qui marquent durablement nos esprits.

Un ouvrage percutant, poignant, brillant !

8 réflexions au sujet de “Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils – Jacques Expert”

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