Editions Gallmeister, Polar américain

Le verger de marbre – Alex Taylor

Anaïs, 34 ans, lectrice de polars depuis le plus jeune âge, découvre aujourd’hui son premier roman de chez Gallmeister. J’ai un peu honte en vous écrivant ça, mais je ne peux pas tout lire ni tout acheter !

Ça tombe bien ! Je vous ai parlé il y a quelques jours du fait que je me lançais dans un challenge personnel de NO BUY jusqu’à épuisement de ma PAL, j’ai découvert en organisant cette dernier qu’un roman de chez Gallmeister m’attendait bien patiemment dedans.

Gallmeister, c’est cette maison d’édition que de nombreux lecteurs me conseillent lorsque je demande des conseils de lectures en polar américain. Visiblement ils ne font pas que ça, mais leur catalogue est vraisemblablement bien fourni.

En avant donc pour ma chronique d’Alex Taylor, Le verger de marbre.

L’histoire (4ème de couverture)

En plein Kentucky rural, la Gasping River déploie son cours au milieu des falaises de calcaire et des collines couvertes de champs de maïs et de soja. Un soir où il remplace son père, qui conduit le ferry parcourant la rivière dans les deux sens, le jeune Beam Sheetmire tue un passager qui tente de le dévaliser. Mais sa victime est le fils de Loat Duncan, puissant homme d’affaires local et assassin sans pitié. Toujours accompagné de ses chiens menaçants, Loat est lui-même porteur d’un lourd secret concernant le passé de Beam. Aidé par son père, le jeune homme prend la fuite, tandis que Loat et Elvis, le shérif, se lancent à ses trousses. Le Verger de marbre est un thriller littéraire à la prose incandescente dans la veine des grands textes sudistes de Cormac McCarthy ou Daniel Woodrell. Ce premier roman hypnotique est une inoubliable descente au cœur des ténèbres.

Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir

On m’avait prévenue, les polars publiés dans cette maison d’édition ne sont ni des thrillers ultra violents, ni des thrillers qui dépotent niveau rythme. C’est le moins que l’on puisse dire… Et pourtant il s’est passé quelque chose de fort entre ce roman et moi tant je l’ai trouvé magnifiquement bien écrit.

Direction le fin fond des Etats-Unis, dans le Kentucky ! La famille Sheetmire vit paisiblement dans cet Etat rural, leur vie est rythmée par les traversées du fleuve qu’ils font aux voyageurs de passage, à bord de leur ferry. Un soir, les choses dérapent et le fils de la famille, Beam, tue son passager après une altercation pour une histoire de quelques dollars. Le hic, c’est qu’il a assassiné le fils de quelqu’un de très connu au niveau local, et pas connu pour sa gentillesse ni sa douceur. De là, démarre un périple, une fuite pour sauver sa peau.

Moi qui voulais de l’Amérique profonde, on aurait difficilement pu faire mieux ! Le côté thriller/policier est mis au second plan ici, et l’auteur préfère s’attacher à retranscrire cette atmosphère sombre et poisseuse qui règne dans ce secteur des Etats-Unis qui ne fait pas franchement rêver.

Il y a des méchants, il y a des gentils, il y a des puissants qui font leur loi et régner l’ordre qu’ils veulent établir, et il y a ceux qui tentent de vivre leur vie sans trop de heurts, mais en étant malgré tout éclaboussés par toute cette violence, sous-jacente mais pourtant omniprésente.

Les histoires sont étroitement liées, les destins aussi, comme souvent dans les petites communautés qui vivent en autarcie d’ailleurs. Les hommes sont rustres, violents et font la loi, les femmes sont soumises, victimes de cette prison rurale dont elles ne peuvent s’échapper. C’est un peu cliché parfois, avec le cruel sentiment de ne pas pouvoir s’échapper de cet enfer.

Ce qui m’a fait particulièrement aimer ce roman c’est qu’il dénote des autres grâce à une écriture très littéraire, poétique parfois, mais également car la nature est placée au centre de tout. On sentirait presque la brise du vent, le soleil sur notre peau, on contemple à travers les yeux des personnages les paysages alentours, les champs et le fleuve à perte de vue. L’écriture est d’une sensibilité exacerbée, elle accentue la noirceur et le glauque de cette histoire tout en y ajoutant une pointe de douceur histoire de nous donner un peu d’espoir.

Le mot de la fin

Un thriller rural, une belle découverte !

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s