Editions Pocket

Le dernier message – Nicolas Beuglet

Me revoilà dans le polar français après l’avoir méchamment boudé pendant plusieurs mois. Je n’ai toujours pas envie de lire des romans qui se déroulent en France, et celui-ci, bien qu’il soit écrit par un auteur français se déroule… En Ecosse ! Parfait, ça me va !

Nicolas Beuglet s’est imposé en l’espace de quelques années comme une valeur sûre et j’apprécie toujours ses romans. J’avais lu jusqu’ici les trois romans qui composent la série qui l’a fait connaître : Le cri, Complot, L’île au diable, mais je n’avais pas encore eu l’occasion de lire ce qui s’apparente au premier roman d’une nouvelle série. C’est chose faite !

Je vous parle aujourd’hui du roman Le dernier message, de Nicolas Beuglet, qui vient tout juste d’être publié en format poche chez Pocket.

L’histoire (4ème de couverture)

Île d’Iona, à l’ouest de l’Ecosse. des plaines d’herbes brunes parsemées de roches noires. Et au bout du  » Chemin des morts « , la silhouette grise du monastère.

Derrière ces murs suppliciés par le vent, un pensionnaire vient d’être retrouvé assassiné. Son corps mutilé de la plus étrange des façons. C’est l’inspectrice écossaise Grace Campbell qui est chargée de l’enquête. Après un an de mise à l’écart, elle joue sa carrière, elle le sait.

Sous une pluie battante, Grace pousse la lourde porte du monastère. Elle affronte les regards fuyants des cinq moines présents. De la victime, ils ne connaissent que le nom, Anton. Tous savent, en revanche, qu’il possédait un cabinet de travail secret aménagé dans les murs. Un cabinet constellé de formules savantes…

Que cherchait Anton ? Pourquoi l’avoir éliminé avec une telle sauvagerie ? Alors qu’elle tente encore de retrouver confiance en elle, Grace ignore que la résolution d’une des énigmes les plus vertigineuses de l’humanité repose tout entière sur ses épaules…

Lu en moins de 48h

Pas de faux suspense, je vous le dis d’entrée de jeu, ce roman est inlâchable !

L’histoire se déroule dans un premier temps en Ecosse, plus précisément sur une petite île isolée dans le secteur d’Oban. C’est un secteur que j’ai eu plaisir à parcourir il y a quelques années et même si Nicolas est un auteur français, mon côté globe-trotteuse appprécie toujours que ses intrigues se déroulent à l’étranger ! Nous rencontrons Grace, nouveau personnage récurrent chez l’auteur si j’en crois les chroniques sur son dernier ouvrage paru récemment chez XO, Le passager sans visage. Grace est policière, elle se retrouve mise sur la touche suite à l’échec cuisant de sa dernière enquête. Elle est alors envoyée dans un monastère isolé pour mener des investigations sur l’assassinat d’un moine discret au sein de la petite communauté. De là, l’auteur va nous emmener dans une intrigue qui va à cent à l’heure et qui nous emmènera loin, tant sur le plan géographique que dans la tournure de l’histoire.

J’ai tout aimé dans ce roman ! Le rythme incroyable qui fait qu’on ne peut pas lâcher sa lecture, le petit côté huis-clos du début nous met direct dans le bain, un bain glacé et désagréable où la méfiance est de mise, dans ce monastère balayé par les vents, la tempête, et isolé loin de tout. Rapidement, l’intrigue va prendre un tournant inattendu, en se transformant en une formidable course contre la montre pleine de suspense, de rebondissements, et nous emmener dans un dénouement complètement inattendu que je n’aurais jamais imaginé ! C’est quelque chose de récurrent chez Nicolas Beuglet, il est impossible de savoir dans quoi il va nous embarquer. Ses ouvrages commencent toujours de la manière la plus classique avec un meurtre, une enquête à priori banale, mais rapidement ça se transforme systématiquement en quelque chose de bien plus complexe.

 Loin des polars/thrillers traditionnels qui optent tous pour des dénouements simplistes et similaires, la marque de fabrique de l’auteur est en effet de nous plonger dans des intrigues scientifiques qui donnent du fil à retordre aux enquêteurs (et à nous lecteurs par la même occasion). Je ne suis pas une très grande fan des polars scientifiques, car les sciences sont, et resteront pour le reste de ma vie, quelque chose d’occulte et d’inaccessible pour mon pauvre cerveau littéraire, pourtant ça se passe toujours très bien entre Nicolas Beuglet et moi car il réussit à chaque fois à s’adapter et à vulgariser ces sujets, de manière à les rendre accessibles et intéressants à tous les lecteurs, y compris à ceux qui, comme moi, n’ont jamais été capables de résoudre une simple équation à une inconnue (la honte ! ). L’auteur explique, à la fin du roman, que certaines choses sortent tout droit de son imagination mais qu’il a effectué de nombreuses recherches sur toute la partie scientifique, rendant ainsi encore plus crédible son propos et la réflexion qui en découle. Il nous prend en effet à témoin de certaines choses, provoque des interrogations et aussi une certaine prise de conscience chez nous lecteurs, sans jamais tomber dans un quelconque discours moralisateur.

L’environnement, le contexte et les paysages que l’auteur décrits à la perfection ajoutent quelque chose de dramatique. Vous les savez que j’aime autant voyager dans ma vraie vie que dans mes lectures, et j’aime particulièrement ressentir l’atmosphère du pays dans lequel mes romans se déroulent. L’Ecosse, son climat rude, changeant, inhospitalier aussi y sont parfaitement décrits. Vous ressentez presque ce petit frisson lorsque le brouillard s’accroche à votre visage, vous aurez envie de fuir ces contrées inquiétantes… Tout est rude, austère, on a juste envie de se calfeutrer au coin du feu avec un café, un chat et un plaid mais non, il faut aller affronter les méchants aux côtés de Grace et de Naïs, qui tentent tant bien que mal de rester en vie parce que ce sont elles qui deviennent peu à peu les proies. Et puis, alors que je ne m’y attendais pas, l’auteur m’a fait quitter l’Ecosse pour des terres encore plus inhospitalières, des terres qui font rêver mon âme de voyageuse et qui ne sont pas sans rappeler une célèbre série de romans dont je suis tombée follement amoureuse il y a quelques années, et dont je ne vous parlerai pas ici pour vous laisser découvrir par vous-mêmes la suite de l’intrigue.

Ce roman signe le début d’une nouvelle série, avec une nouvelle héroïne pleine de tourments. Elle est un véritable coup de cœur pour moi et j’ai hâte de découvrir les secrets qui se cachent derrière ce petit bout de femme qui a trop souffert de ses différences et de la méchanceté des autres. Travailleuse acharnée, peu à l’aise avec ce corps qu’elle semble porter comme un fardeau tant sur le plan physique que moral, j’ai apprécié sa pugnacité, son courage et surtout son côté humain en plein d’empathie.

Le mot de la fin

J’ai tellement aimé ce roman que je pense enchaîner très vite avec la suite, qui vient tout juste d’être publiée en grand format.

Je recommande chaudement !

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