Editions Pocket

La deuxième femme – Louise Mey

Je lis plus que je ne chronique ces derniers temps, et forcément quand je vois arriver la fin du mois, je panique en me disant que j’ai moult articles de retard à rédiger et à publier avant de faire mon bilan ! Et puis en fait je réfléchis et je me dis que je m’en fous, et je reporte au mois suivant la publication de l’article !

J’ai beaucoup vu tourner ce roman sur Instagram récemment et vu qu’il était court (critère numéro 1 dans mes choix littéraires en ce moment) je me suis dit « allons-y ! »

Ma première rencontre avec Louise Mey ne s’est pas vraiment bien passée mais je ne suis pas du genre à blacklister un auteur dès que je n’apprécie pas un de ces bouquins. Alors verdict cette fois ? Du bon, mais du moins bon aussi et un avis en demi-teinte…

Je vous parle aujourd’hui de La deuxième femme, de Louise Mey, publié chez Pocket.

L’histoire (4ème de couverture)

Sandrine ne s’aime pas. Elle trouve son corps trop gros, son visage  trop fade. Timide, mal à l’aise, elle bafouille quand on hausse la voix, reste muette durant les déjeuners entre collègues.
Mais plus rien de cela ne compte le jour où elle rencontre son homme, et qu’il lui fait une place. Une place dans sa maison, auprès de son fils, sa maison où il manque une femme. La première. Elle a disparu, elle est présumée morte, et Sandrine, discrète, aimante, reconnaissante, se glisse dans cette absence, fait de son mieux pour redonner le sourire au mari endeuillé et au petit Mathias.
Mais ce n’est pas son fils, ce n’est pas son homme, la première femme était là avant, la première femme était là d’abord. Et le jour où elle réapparaît, vivante, le monde de Sandrine s’écroule.

Le fond oui, la forme non !

J’annonce direct la couleur, ce bouquin m’a fait un trou dans la tête à cause de sa narration particulière, et particulièrement désagréable pour moi ! Imaginez un bouquin dans lequel il n’y a pas un seul foutu tiret de dialogue, et où les dialogues sont noyés dans la narration, une narration chargée, parfois répétitive (afin de créer une tension importante, je le conçois complètement) et vraiment très lourde à suivre sur 300 pages et franchement ça a gâché toute ma lecture alors que finalement j’ai bien accroché au fond…

L’auteure nous immisce dans la vie de Sandrine, une jeune femme paumée qui n’a aucune estime pour elle et qui rencontre un jour le prince charmant, celui qui ne verra pas tous ses défauts physiques, qui s’en fiche de son obésité alors qu’elle s’en rend malade tellement elle est mal dans sa peau. On se dit « tant mieux pour elle, elle va enfin s’arrêter de souffrir ! », que nenni, c’est même plutôt l’inverse vu que le prince se transforme rapidement en crapaud dégueulasse, violent, manipulateur, qui n’aura de cesse de la descendre, de la violenter, assouvissant ce besoin qu’il a de tout contrôler, de son téléphone à ses comptes en banque, de sa relation à ses collègues à ses sorties qu’il limite au maximum. Par moment t’as juste envie de la secouer et de lui dire « mais barre-toi ma pauvre fille, vaut mieux être seule que de vivre cet enfer ! ». Mais on n’est pas à la place de Sandrine, on n’a pas son vécu, son enfance difficile passée avec un père violent, on ne sait pas ce qu’elle vit dans ce corps qu’elle déteste tellement, ni des souffrances qui l’animent et qui l’abîment. Alors on assiste impuissants aux événements, on ressent de la tristesse, du désespoir, mais aussi une certaine forme de malaise d’assister à tout ça, comme si on était un peu des voyeurs de la situation. L’auteure ne nous cache pas grand-chose de ce qu’elle subit, tout est vu du point de vue de Sandrine, on est plongés dans sa tête, on lit tout ce qu’elle pense, on vit tout ce qu’elle traverse. C’est là la force du roman, c’est ce personnage de Sandrine qui m’a captivé malgré l’écriture de l’auteure à laquelle je n’ai pas absolument pas adhéré. J’ai tenté de comprendre comment une personne peut se laisser faire à ce point sans réagir, en se berçant d’illusions et en pensant que tout ce qu’elle subit est de sa faute à elle. Mais forcément qu’on ne peut pas comprendre cette emprise quand on ne l’a pas vécue ! Forcément on se dit « moi à sa place, je me serais déjà barrée depuis longtemps », mais en y réfléchissant on se rend compte que si autant de femmes vivent ce genre de situations, c’est qu’il y a des sales types qui savent y faire pour les faire souffrir.

Jamais moralisateur, sans jamais tomber dans un quelconque pamphlet féministe, l’ouvrage montre que derrière un couple  à priori banal peut cacher une autre réalité, bien plus sombre que l’image lisse et nette qui est offerte aux proches, et sans que personne dans l’entourage ne se rende compte de rien. Roman domestique par excellence, il remplit tous les codes du genre. Pas de surprise, il aurait été une bonne lecture pour moi s’il n’y avait pas eu ce problème lié à l’écriture de l’auteure.

Le mot de la fin

Je ressors éreintée de ce roman de par la violence qui transperce les pages, mais aussi de par la narration étouffante qui comme vous l’aurez compris, a franchement gâché ma lecture.

Je ne sais pas si je vous recommande cette lecture ou pas, je vous dirais simplement de vous faire votre propre avis si le fond vous intéresse.

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