Coup de coeur, Editions Diable Vauvert, Polar/thriller français

Philip Le Roy – Couverture dangereuse

De prime abord, ce roman était celui qui aurait pu le moins me convenir de cet auteur, mais j’ai eu envie de le tenter malgré tout car j’ai aimé tout ce que j’ai lu de lui, et qu’en plus il n’était pas très épais (critère numéro 1 de mes choix littéraires en ce moment, il faut que le bouquin fasse moins de 500 pages car je n’ai toujours aucune envie de lire des pavés…).

Les certitudes étant faites pour être bousculées, passé la surprise des premières pages et d’une écriture très rock’n’roll, celui-là est tout simplement… Mon préféré de l’auteur ! Du mois pour l’instant…

Moi qui en ai ras la casquette des gentils polars tous calibrés de la même manière (notez que je m’assagis et que je ne cite personne…), j’ai trouvé avec ce roman tout ce que j’attends d’une lecture actuellement : un style qui change, différent,  moderne et décalé à la foi, et qui ranime à grand renfort de défibrillateur la lectrice de polars un peu fatiguée que j’étais devenue ces derniers mois.

Je vous parle aujourd’hui de Couverture dangereuse, de Philip Le Roy, publié aux Editions Diable Vauvert en 2008.

L’histoire (4ème de couverture)

Red Coleman a un problème.
Paisible éleveur dans un ranch de l »Arizona, il devient soudain une bête traquée par des tueurs en série, des agents du Mossad et un mac en colère. Quand on a la mort aux trousses, pas évident de s »arrêter pour réfléchir; il faut d »abord courir. Une chose est sûre, sa mort arrangerait beaucoup de monde, reste à comprendre pourquoi…

Oui, oui oui !!!

(ça c’est de l’argument)

Toujours dans un style impeccable, hyper visuel et cinématographique, nous suivrons les errances d’un pauvre gars, Red, alcoolique notoire et qui ne s’en cache pas même s’il n’aime pas trop l’avouer, et qui débarque de son Arizona natal à Nice pour rejoindre son épouse à un colloque. Le hic, c’est qu’il ne reconnaît pas sa femme à l’arrivée de l’aéroport, et que très rapidement il semblerait que quelqu’un en veuille à sa vie. Ravages de l’alcool ou manigances destinées à lui nuire ?

Lire un roman de Philip Le Roy n’est pas ce qu’on pourrait appeler une douce balade bucolique au bord d’un joli ruisseau bordé de pâquerettes en fleur. Lire un roman de Philip Le Roy, c’est la certitude de plonger dans un univers résolument décalé, qui sent le whisky et la poudre d’arme à feu, la course poursuite, les anti-héros alcooliques, borderlines et les motels miteux. Que de réjouissances ! Pas un instant d’ennui ou de relâchement, on est vissé à cette histoire pour n’en décrocher qu’à la dernière page. Du rythme oui, des faux-semblants aussi, et des doutes qui s’immiscent dans l’esprit du lecteur qui ne sait plus faire la différence entre la réalité et les errances mentales de notre fermier américain qui ne comprend pas dans quelle spirale il a bien pu s’embarquer. Couverture dangereuse, c’est un univers noir et poisseux à mi-chemin entre le thriller et le roman noir. Toujours des phrases percutantes qui me font réagir, sans pour autant tomber dans quelque chose de moralisateur. L’auteur est très clairvoyant au sujet de la société et de l’être humain, et je pense que c’est ce qui me séduit le plus chez lui.

J’ai aimé ce personnage de mec paumé, sorti de sa cambrousse au forceps et qui se retrouve perdu et déboussolé par les événements. J’ai aimé cette espèce de naïveté qui l’habite et qui le rend franchement très attachant.

Rien n’est simple dans ce roman, et il a fallu m’accrocher dès le départ pour ne pas me retrouver noyée dans l’intrigue, les personnages et dans cette écriture bourrée de références musicales (ça, je maîtrise ça va), ou encore cinématographiques (là c’est plus compliqué pour moi qui ai une culture ciné digne d’un bédouin qui vit en plein désert sans électricité). Je pense que les lecteurs qui ont une vraie culture ciné pourront facilement comparer l’écriture de Philip le Roy à des réalisateurs ou scénaristes célèbres, moi je ne saurai clairement pas faire, mais chacun de ses romans me laisse penser qu’ils feraient de bons scénarios. On n’a aucun mal à visualiser l’action, à ressentir l’atmosphère, à s’imaginer les odeurs et les bruits qui animent l’intrigue.

Quelques rayons de soleil tout au long du récit, comme d’habitude avec cet auteur, grâce à des pointes d’humour disséminées par-ci par-là, ou par des situations ou des remarques qui font sourire, mais aussi grâce aux rapports humains qui lient certains personnages. Et il y a toujours cet espoir, celui de s’en sortir, celui d’avoir un avenir meilleur aussi…

Le mot de la fin

Alors que les mêmes auteurs se partagent le top 10 des ventes chaque année en France depuis des lustres, il y a quand même des putains de talents qui mériteraient d’être bien plus mis en avant sur la scène polar française.

Pour ça, ouvrez vos shakras et arrêtez de lire sans arrêt les mêmes polars tous écrits de la même manière, lisses, sans âme et bien calibrés pour atteindre le plus large public possible.

Mention spéciale pour avoir cité les paroles d’une des 5 chansons préférées de toute ma vie, Anybody seen my baby de The Rolling Stones. Décidément, il a tout bon l’bonhomme =)

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