Editions Albin Michel, Huis-Clos, Polar/thriller français

L’illusion – Maxime Chattam

La rentrée littéraire polar est chaque année ou presque, signe de retrouvailles avec Maxime Chattam.

J’ai rédigé deux fois cette chronique : la première à chaud, et puis j’ai laissé décanter comme on laisserait décanter un bon vin avant de le déguster. J’ai relu mon article, et je me suis dit « Ca va pas du tout ma chérie ! » Ce laps de temps m’aura permis de me rendre compte que j’avais réagi en bon bélier que je suis, c’est-à-dire en fonçant tête baissée et sans prendre le temps de sentir, et de ressentir. Avec le recul, je pense que c’est un roman qui mérite plus qu’une lecture rapide dont on aura tout oublié ou presque dans les semaines qui viennent, il mérite qu’on en ressente chaque parcelle, et qu’on ouvre ses chakras même quand on est un lecteur de thriller buté comme moi.

Je m’explique en détail, juste après la quatrième de couverture.

Je vous parle aujourd’hui de L’illusion, de Maxime Chattam, publié récemment chez Albin Michel.

P.S. Si vous souhaitez découvrir, ou redécouvrir, mon interview de l’auteur réalisée en début d’année, c’est par ici que ça se passe.

L’histoire (4ème de couverture)

Bienvenue à Val Quarios, petite station de ski familiale qui ferme ses portes l’été.

Ne reste alors qu’une douzaine de saisonniers au milieu de bâtiments déserts. Hugo vient à peine d’arriver, mais, déjà, quelque chose l’inquiète. Ce sentiment d’être épié, ces «visions» qui le hantent et cette disparition soudaine…

Quels secrets terrifiants se cachent derrière ces murs ? Hugo va devoir affronter ses peurs et ses cauchemars jusqu’à douter de sa raison…

Bienvenue à Val Quarios, une «jolie petite station familiale» où la mort rôde avec la gourmandise d’une tempête d’été. 

Prendre le temps de savourer…

Bon, on va la faire rapide méthode arrachage de Sparadra (ouais je sais je vous l’ai déjà faite plusieurs fois celle-là), ça fait mal, mais c’est rapide et on passe à autre chose ensuite. Si j’ai vraiment aimé la seconde partie, ça a été un peu plus compliqué avec la première.

Vous le savez, moi, je suis une lectrice qui aime quand on rentre direct dans le bain et j’aime par-dessus tout les démarrages tonitruants… Bon, cette fois, oublie Anaïs… Maxime Chattam a décidé de prendre son temps, et de poser solidement les ancrages de son intrigue durant une bonne première moitié du roman entre la présentation des personnages, des lieux avec cette station de ski quasi à l’abandon, il y aura bien quelques éléments provoquant suspense mais pas de quoi m’en déclencher une tachycardie « mais ils sont oùùùùùù les cadavres nom de dieu??« . Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé cette partie vu que je l’ai lue quasi d’un trait et sans avoir envie de cramer le bouquin dans le poêle à bois, mais je me demandais quand même à quel moment il allait se passer les choses horribles qui sont supposées se passer dans un thriller et dans une station de ski quasi abandonnée…

Et puis, je continue, car la lecture est malgré tout agréable et le style Chattam fonctionne bien et à un moment sans que je m’y attende, accélération du rythme de l’intrigue, qui se fait plus vive, plus nerveuse et ça y est tout le mécanisme du thriller se met en place, et je suis vraiment dedans. Le dénouement fait plus que me convaincre, je ne l’avais pas envisagé et non seulement j’aime être surprise, mais en plus je le trouve bien foutu.

Là où j’ai vraiment tergiversé entre mes deux chroniques, c’est que dans la première je partais plus sur du « heureusement qu’il s’est rattrapé à la deuxième partie » alors qu’avec le recul je dirais plutôt « c’est parce qu’il a pris le temps de mettre tout ça en place, que ça a aussi bien fonctionné dans la dernière moitié. »

L’illusion est un thriller où l’atmosphère occupe une grande place, à la manière des thrillers nordiques que j’aime tant. Je ne râle jamais sur le rythme des intrigues nordiques, un rythme bâti sur l’atmosphère plus que sur les rebondissements, alors il n’y a pas de raison que je râle ici même si l’environnement me fait moins rêvé (si tu veux être sûr d’écrire un bouquin qui me plaît, aboule tes ours polaires, ta banquise et tes aurores boréales !). L’environnement est inquiétant, les lieux sont étranges et semblent porter autour d’eux une aura maléfique, malsaine. N’allez pas croire que je vous parle de fantastique ici, il y en aura peut-être, peut-être pas… Il faudra le lire et le découvrir par vous-même.

Le fait de situer son intrigue dans un lieu éloigné et coupé du monde crée une sorte de huis-clos, procédé que j’apprécie tout particulièrement dans mes lectures car cela crée un climat anxiogène et suspicieux, avec un nombre de personnages restreins qu’on adore soupçonner tour à tour. J’ai comme eu l’impression de vivre cette lecture sous cloche, avec les paysages montagneux qui m’entouraient sans pour autant pouvoir m’échapper des murs de cet endroit.

Le mot de la fin

Ce qui est bien avec Maxime Chattam, c’est qu’aucun ouvrage ne ressemble à un autre et il se renouvelle continuellement quitte à bousculer ses lecteurs. Depuis Le signal, j’ai le sentiment qu’on a affaire à un auteur dans la lignée de Stephen King, même si je ne suis pas fan des comparaison habituellement. J’ai renoué récemment avec King après l’avoir boudé pendant des années et je vous l’ai dit, je n’ai envie de lire que ça en ce moment. J’ai retrouvé avec Maxime Chattam ce qui me plaît dans l’auteur américain : prendre le temps, créer un espace angoissant, étouffant, laisser de côté les cliffhangers, et miser sur quelque chose de plus profond et de moins tape à l’œil.

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