Editions L'Archipel, psychologique

Jamais tu ne me quitteras – Chavy Stevens

Après ma lecture de Ça  de Stephen King, il me fallait quelque chose de beaucoup moins dense et qui se lit tout seul histoire de reposer un peu mes neurones fatiguées par les 800 pages du roman du maître de l’épouvante. Quoi de mieux pour cela qu’un bon thriller domestique ? J’ai mis du temps à adhérer à ce type de thrillers, mais j’en lis régulièrement depuis quelques mois.

Je fais partie des rares lecteurs de polars qui n’ont pas lu Sequestrée de cette auteure, mais tout le monde s’accord à dire que c’est un excellent roman et je l’ai noté pour plus tard, vu que j’ai bien apprécié le roman dont je vais vous parler aujourd’hui, Jamais tu ne me quitteras, publié récemment chez L’Archipel.

L’histoire (4ème de couverture)

Séparée de son mari qui lui faisait vivre l’enfer, Lindsey a de nouveau l’impression d’être espionnée et suivie jusque chez elle. Et si Andrew, son ex-mari, était revenu ?
Un thriller glaçant, par Chevy Stevens, l’auteure de Séquestrée, vendu à plus de 120 000 exemplaires.

Lindsey a refait sa vie sur une île proche de Vancouver. Voilà dix ans, la jeune femme avait pris la décision de fuir avec sa fillette un mari qui, sous une apparence d’homme idéal, lui faisait vivre l’enfer.

Aujourd’hui, Lindsey a la sensation d’être suivie et espionnée jusque chez elle – comme autrefois. Pour elle, ça ne fait aucun doute : Andrew, son ex-mari – sorti depuis peu de prison – veut se venger.

Andrew, lui, prétend qu’il a changé. Sincère repentance ou manipulation machiavélique ?

L’enfer recommence ! Et ses flammes vont tout dévaster…

Un thriller psychologique réussi

Dans la famille d’apparence parfaite, je demande : le père violent (check), la mère soumise et un chouia naïve sur les bords qu’on aurait envie de réveiller à grand coup de baffe pour qu’elle se barre vite fait (check), la gosse qui n’a rien demandé et qui se retrouve au milieu de deux parents qui se déchirent (check), et le nouveau compagnon de la mère qui prend son mal en patience en attendant que sa compagne se décide enfin à passer le cap de « crush » à « vrai couple » (check aussi). Voilà les quatre personnages qui composent ce roman. Quelques autres graviteront bien sûr autour, mais notre attention sera surtout focalisée sur eux, et plus particulièrement sur la cellule familiale composée par Andrew, Lindsay et Sophie.

L’auteure va ainsi nous balader dans la construction ô combien classique de l’alternance entre le passé et le présent, à grand renfort de flashbacks sur qu’a été leur vie de leur rencontre alors qu’ils n’étaient tous les deux que de jeunes adultes, à leur mariage, en passant par la naissance de leur enfant, et jusqu’à la condamnation du père de famille et sa sortie de prison plusieurs années après. On dit que la prison change un homme, et on dirait bien en effet qu’Andrew a appris de ses erreurs, qu’il est en quelque sorte repenti et qu’il souhaite faire table rase du passé pour renouer avec sa fille et tenter de reconstruire sa vie.

Là où l’auteur fait fort, c’est qu’elle réussit à semer le doute tour à tour sur chacun des personnages, y compris sur ceux présentés de prime abord comme étant victimes. Vous soupçonnerez tout le monde durant votre lecture, vous comprendrez alors que chacun peut avoir des choses à se reprocher, des actes qui ont eu pour conséquence des erreurs, voire des désastres.

Il y a un attachement qui se crée entre le lecteur et les deux femmes, accentué par le fait que l’auteure nous positionne comme témoin privilégié de leur vie quotidienne mais aussi de leurs doutes, de leur souffrancen de cette fragilité qui les caractérise et du lien puissant qui s’est tissé entre elles dans la relation mère-fille. Sans jamais tomber dans le pathos, on ne peut que se sentir concerné par ce qu’elles vivent et à l’heure où le phénomène MeToo est sur toutes les lèvres, certaines scènes seront vraiment difficiles à supporter. La violence est décrite de manière sensible par l’auteure qui ne cherche pas à tomber dans la surenchère. Elle n’est pas forcément physique, elle est aussi et surtout psychologique, de celle qui laisse des traces durablement. Comment alors faire confiance à cet homme qu’on a tant aimé et qui nous a fait tant de mal ? Comment croire qu’une rédemption de sa part est possible alors qu’on reste encore traumatisée par ce qu’on a subi ? C’est là l’objet d’étude de Chavy Stevens,  et c’est bien mené même si ce roman n’apporte rien de nouveau dans le genre et qu’il est ancré dans un certain classicisme.

Le mot de la fin

Ce n’est pas un coup de cœur car pour en déclencher un chez moi, il faut quelque chose de différent qui sort de l’ordinaire, mais Jamais tu ne me quitteras a été un bon moment de lecture, divertissant et qui m’a permis de sortir de l’univers de Stephen King sans trop de difficulté car les deux genres sont  diamétralement opposés.

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