Editions Cosmopolis, Huis-Clos, Polar/thriller français

Cinq doigts sous la neige – Jacques Saussey

C’est l’événement de la rentrée polar 2020, l’arrivée de Jacques Saussey chez Cosmopolis !

Jacques Saussey est un auteur que j’ai découvert il y a plusieurs années, j’ai leu l’occasion de lire par le passé Le loup peint et Enfermé.e et il me tardait de voir ce qu’allait donné celui-ci dans sa nouvelle maison d’édition. Il revient aujourd’hui avec un one-shot, ça tombe bien c’est ce que je préfère et je n’ai pas envie dans l’immédiat de me lancer dans une nouvelle série…

Alors, verdict ? Jamais déçue de Cosmopolis !

Je vous parle aujourd’hui de Cinq doigts sous la neige, de Jacques Saussey, publié chez Cosmopolis.

L’histoire (4ème de couverture)

Une fête d’anniversaire.
Une forêt enfouie sous la neige.
Quinze jeunes coupés du monde.


Marc Torres, écrivain à succès, vit seul avec son fils dans un immense domaine isolé dans les bois.
Alexandre a été très perturbé par le décès de sa mère, cinq ans plus tôt. Plongé dans son travail pour tenter d’oublier la douleur du deuil, Marc ne l’a pas soutenu comme il l’aurait dû.
Lorsque son fils lui demande l’autorisation d’inviter des amis chez eux pour son dix-huitième anniversaire, Marc ne peut refuser, même s’il craint les débordements des jeunes.


Pendant la fête, le ciel se couvre très vite au-dessus des sapins noirs. Bientôt, la neige bloque les accès à la montagne et verrouille la quinzaine d’adolescents chez les Torres au cœur de la forêt silencieuse.

Marc est inquiet. Alexandre est un garçon fragile. Il va devoir le protéger des autres, mais aussi de lui-même.

À tout prix.

Le parfait huis-clos !

C’est en plein cœur de ma région que Jacques Saussey a tissé la toile de son intrigue : direction les Vosges en plein hiver et dans un chalet isolé en montagne. Une fête d’adolescent qui dégénère sur fond de drogue et d’hormones en ébullition, un drame, et des emmerdes à profusion pour Marc, écrivain, veuf, qui élève seul son ado difficile. Le décor est rapidement posé, ambiance glauque et glaciale garanties, de quoi assurer un bon huis-clos !

Si le rythme se révèle plutôt calme, dans une logique du huis-clos et dans le but de rester crédible, Cinq doigts sous la neige est surtout un roman d’ambiance, du genre lourde et poisseuse comme une bruine d’automne qui te collerait désagréablement à la peau. L’intrigue est abordée principalement du côté du père de famille, qui est décortiqué sur le plan psychologique par l’auteur qui le malmène autant qu’il malmène nos neurones en instaurant un suspense de tous les diables. Le drame, base de toute l’intrigue, est le déclencheur de quelque chose de profond chez lui, il sert à marquer une rupture forte et transformant le « bon père de famille » en un animal qui cherche à se protéger et à protéger son petit. Du point de vue du lecteur, on ne comprend pas les choix qui sont faits, car ils s’imposent à lui sous le coup de la peur et de l’angoisse. Cet aspect est intéressant car il nous fait prendre conscience sur le fait qu’il est impossible de comprendre les décisions prises dans ces moments difficiles, on a d’ailleurs tendance à juger dans un premier temps « non mais il est con le type ou quoi ? Moi je n’aurais pas fait ce genre de connerie ! « . Il faut être soi-même concerné pour tomber, comme Marc, dans l’inconcevable. L’auteur nous prouve ici que n’importe qui peut basculer dans l’illégalité, la violence ou la complicité. La peur fait oublier toute rationalité, ça vient du cœur, ça vient des tripes et de notre instinct primaire, quasiment animal, ça ne se commande pas, et ça fait des dégâts parfois… Irréversibles !

L’environnement prend beaucoup de place ici, accentuant le sensation étouffante du huis-clos, avec la désagréable impression qu’il nous sera impossible de trouver une issue favorable à cette histoire vu la tournure des événements. C’est un cercle vicieux qui emporte les personnages, et nous n’avons plus qu’à assister avec fatalité à ce qui se déroule sous nos yeux. Le climat et les paysages vosgiens sont décrits avec justesse, quiconque s’y est déjà rendu un jour de mauvais temps sait à quel point il est déprimant de se retrouver là-bas lorsque la météo est mauvaise…

L’écriture de Jacques Saussey est toujours faite de nuances : il ose, il y va fort parfois, tout en maintenant un haut degré d’écriture donnant une consonance très littéraire au texte malgré tout. C’est une constante que j’aime beaucoup chez lui, il se fout du politiquement correct et du conventionnel, il alterne passages violents et passages axés sur l’atmosphère ou sur la psychologie du personnage. Jamais dans le gore ni dans la surenchère, il manie avec habileté les mots pour toucher son lectorat et l’impliquer émotionnellement dans son intrigue.

Mention spéciale pour la toute fin du bouquin, je pensais avoir été servie en horreurs durant les 300p de l’intrigue, c’était sans compter le final !

Le mot de la fin

Un roman qui se lit d’une traite grâce à une action qui augmente de manière exponentielle, un final explosif à la limite du malsain, c’est tout ce que j’aime !

Je n’ai qu’un conseil à vous donner : foncez !

5 réflexions au sujet de “Cinq doigts sous la neige – Jacques Saussey”

Répondre à Nath - Mes Lectures du Dimanche Annuler la réponse.

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s