Anglais, Chronique entre potes, Editions Les Escales

La nanny – Gilly Macmillan

Dans une frénésie de lecture actuellement, j’enchaîne les titres et je pense avoir lu plus de bouquins ce mois-ci que les deux ou trois derniers mois réunis !

Je ne connaissais pas vraiment cette auteure, et comme j’en ai un peu marre de lire du polar français en ce moment je me suis dit que ça serait pas mal d’aller voir outre Manche ce qu’il s’y passe.

Cette lecture est commune avec ma copine Betty, nous avons été vraiment sur la même longueur d’onde durant notre lecture, je vous laisse juger de ça juste après la quatrième de couv’ !

Nous vous parlons aujourd’hui de La nanny, de Gilly Macmillan, publié aux éditions Les escales noires.

L’histoire (4ème de couverture)

À la mort de son mari, Jocelyn n’a d’autre choix que de revenir s’installer avec sa fille Ruby à Lake Hall, l’austère manoir familial où vit toujours sa mère, aristocrate arrogante et froide.
À peine arrivée, Jocelyn reçoit la visite d’une mystérieuse femme déclarant être Hannah, la nanny qu’elle adorait enfant, disparue du jour au lendemain en 1987. Jocelyn est si contente de la retrouver qu’elle lui propose immédiatement la garde de sa fille, mais très vite, des détails sonnent faux. Peut-elle vraiment lui faire confiance ? Et que s’est-il passé à l’époque ?
Huis clos étouffant, La Nanny prouve une nouvelle fois le talent de Gilly Macmillan pour les intrigues psychologiques parfaitement maîtrisées.


L’avis de Betty !

Si vous pensiez que vivre la vie d’un Lord Anglais était chose aisée, je vous conseille vivement d’entrer dans le manoir de Lake Hall. Ce livre vous fera peut-être changer d’avis.
C’est avec une petite appréhension que je me suis lancée dans “La Nanny” de Gilly Macmillan pensant lire le genre d’histoire lu et relu. Si l’histoire a un air de déjà-vu (on ne manquera pas de penser à “Rebecca” de Daphné Du Maurier), l’auteur dose tellement bien les ingrédients d’une telle intrigue que le lecteur tombe dedans à pieds joints et ça, du début à la fin !
Jo va par la force des choses revenir vivre dans ce manoir familial qu’elle a, malgré une vie plutot dorée, préféré fuir. A son retour un squelette sera découvert dans le jardin qui bien évidemment va soulever bien des questions et des inquiétudes pour les occupants de cette demeure…
Ouvrez grand les portes de Lake Hall où plane l’ombre d’une Nanny partie depuis longtemps et découvrez quels sordides secrets peuvent-être cachés entre ces vieux murs…


L’avis d’Anaïs !

So British !

Ce bouquin est une sacrée bonne surprise et il m’a complètement déconnectée de ma réalité pendant mes deux jours de lecture !

Vous serez plongés ici dans le huis clos d’une maison familiale où vivent trois générations de femme que tout oppose. D’un côté la mère d’un certain âge, vieille bourgeoise qui a vécu dans le faste toute sa vie et qui se retrouve seule depuis la mort de son mari, de l’autre sa fille et sa petite fille qui débarquent des Etats-Unis où elles étaient installées depuis de longues années, suite à la mort du père de la gosse dans un tragique accident. Retour forcé, c’est le cas de le dire, et nous comprendrons vite que l’ambiance n’est pas au beau fixe entre les deux femmes qui ne se sont pas vues depuis plus de dix ans. Le passé est visiblement chargé entre elles et les reproches fusent de toute part à longueur de journée.

Famille, je vous hais !

Je lis beaucoup de romans en ce moment qui se déroulent au sein du cercle familial (voir ici, ici, ici et ici) et le sujet semble absolument inépuisable pour les auteurs de thriller ! Les rapports tendus et les vieilles rancœurs donnent du grain à moudre aux auteurs, et si vous pensiez que la famille est le lieu dans lequel vous vivrez protégés des agressions extérieures, vous comprendrez vite qu’il n’en est rien et qu’elle peut être au contraire, le lieu de toutes les emmerdes (ça sent le vécu n’est-ce pas ? =) ).

Le seul rayon de soleil de l’intrigue provient de la petite Ruby, 10 ans, qui, grâce à sa fraîcheur, sa candeur et son naturel très rentre dedans et sans fard, finit par se mettre sa grand-mère dans la poche au grand dam de sa mère qui désapprouve le moindre mot prononcé par l’aïeule. Ces trois personnages constituent la base solide de cette intrigue, elles sont toutes les trois décortiquées sur le plan psychologique, et j’ai éprouvé de la sympathie envers elles car plus on avance dans l’intrigue, et plus on comprend que certaines rancunes sont nées sur des non-dits, des malentendus, et des choses qui n’avaient peut-être pas lieu d’être. Les non-dits gangrènent les rapports humains, l’auteure l’a bien compris et elle utilise ça pour construire ce redoutable thriller psychologique.

L’arrivée de la Nanny est l’ultime caillou dans le rouage de la relation entre les deux adultes, et bien que son arrivée se déroule relativement tard dans l’histoire, elle marque le début réel de l’intrigue à suspense et va plonger le lecteur dans un climat de suspicion permanente, donnant ainsi un regain d’intérêt au récit. Vous alternerez entre passé et présent, ne râlez pas (je vous entends d’ici !), je sais que c’est LA construction classique/à la mode dans la littérature noire, mais franchement ça fonctionne bien ici car ça vous permettra de comprendre bien des choses à tout ce qu’il se passe dans l’intrigue se déroulant en 2017, sur ce qu’a été le passé des personnages, et surtout sur ce qui a conduit les trois femmes à avoir cette relation si particulière… On se rend compte, à la lecture de cette intrigue, de l’impact que peut avoir une nanny dans une famille. Elle vit quotidiennement avec vous, elle élève vos enfants, entend tout ce qu’il se passe entre vos murs, elle peut être votre meilleure alliée comme votre pire ennemie…

J’ai aimé l’atmosphère pluvieuse, lointaine et déprimante de cette demeure bourgeoise qui a perdu de sa superbe au fil des années, perdue près d’un lac dans un endroit aussi calme qu’angoissant. Par moment on ressent comme une présence au niveau de la maison, rien à voir avec un quelconque coté fantastique dans le récit je vous rassure, mais on va dire que le lieu est décrit de manière assez lugubre, accentuant ainsi l’effet pesant du récit.

Le mot de la fin

J’ai tout aimé dans ce bouquin ! L’atmosphère, l’intrigue, les personnages, tout, tout, tout !

Véritable plongée dans le monde d’une vieille bourgeoisie anglaise un peu dépassée, l’auteure n’a pourtant pas oublié d’insuffler des thèmes très actuels afin de creuser encore plus le fossé entre l’ancienne et la nouvelle génération de cette vieille famille bourgeoise tiraillée entre ses privilèges et son besoin de modernité pour continuer.

Je recommande +++ !

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