Coup de coeur

Des poignards dans les sourires – Cécile Cabanac

Pioché au hasard de ma montagne à lire, le hasard fait parfois bien les choses !

J’enchaîne les bonnes lectures en ce moment, ce qui me terrifie car je sais qu’à un moment quand j’en aurai un qui me plaira moins entre les main, ça risque de casser le cercle vertueux dans lequel je suis et qui m’a sorti de plusieurs mois de marasme littéraire…

Premier roman de l’auteure Cécile Cabanac, je dégaine l’alerte « Y a du level pour un premier roman ! » et vous parle aujourd’hui de Des poignards dans les sourires, paru chez Fleuve.

L’histoire (4ème de couverture)

Catherine Renon n’a plus vu son mari François depuis des jours et ne semble pas s’en émouvoir. Dans ce coin d’Auvergne où les rumeurs blessent et tuent, pas question de prêter le flanc à la calomnie. Et surtout pas à sa belle-mère, veuve solitaire qui voue à son fils un culte tout en démesure.

Virginie Sevran et Pierre Biolet, du SRPJ de Clermont-Ferrand, ont été appelés pour constater la présence d’un corps démembré et en partie brûlé au Col des Goules.

C’est la première enquête de Virginie depuis qu’elle a quitté le 36, quai des Orfèvres pour la province, à la stupéfaction de ses proches. Quant à Pierre, il observe sa nouvelle coéquipière d’un oeil à la fois bienveillant et inquiet. Qu’est-elle venue chercher ?

Quand l’enquête met un nom sur ce corps, celui de François Renon, les questions les plus folles surgissent, avec une seule certitude : tous les meurtriers possibles de ce fils de bonne famille sont autant de facettes d’une victime annoncée.

Vrai bon polar !

Ah punaise, ce que j’aime moi ces intrigues qui se déroulent au sein du cercle familial ! La famille, c’est un peu la base d’une vie. Il y a les autres, et il y a la famille, celle qui se veut protectrice, aimante, lisse et sans accrocs… Dans tes rêves ouais ! On le sait tous que la famille, c’est plutôt le royaume des querelles, des non-dits, des secrets et des vieilles rancœurs ! On se doit d’arrondir les angles, parce que la société nous pousse à mettre au centre de tout les liens du sang et forcément quand il y a les sentiments et le lien affectif, tout est décuplé, le bon comme le moins bon ! Au point d’en arriver à tuer l’un de ses membres ?

L’intrigue de ce roman se situe au sein d’une cellule familiale on ne peut plus normale : papa, maman, les enfants bien élevés, la belle-mère qui n’a jamais trouvé sa bru assez bien pour son fils, la belle-fille en question froide et distante qui n’a jamais vraiment aimé non plus sa belle-mère, et une disparition, celle du père de famille… Que s’est-il passé pour qu’il disparaisse si soudainement ? Et pourquoi seule la mère de ce dernier semble inquiète, contrairement à sa femme qui semble plutôt bien s’accommoder de l’absence de son mari, et qui attend des jours pour donner l’alerte ? Et pourtant, à part ce comportement pour le moins étrange, rien d’autre ne nous donne l’impression à nous lecteurs que c’est elle la coupable et qu’elle aurait pu attenter à sa vie… On la trouve même sympathique parfois cette bonne femme réservée, qui vit dans l’ombre de son mari, charismatique entrepreneur, fils d’entrepreneur et de bonne famille… Et c’est sur ce formidable terrain de jeu que l’auteure va bâtir tout son suspense, en grattant la couche lisse et dorée de cette famille de la petite bourgeoisie provinciale à priori sans histoire. Cécile Cabanac en révélera toutes ses aspérités, vainement camouflées, parce que quand on cherche, on trouve ! Des magouilles, de l’argent qui manque sur le compte, des amis parfois louches, un disparu loin d’être un enfant de chœur et tout un tas de faits qu’on ne soupçonnait pas en commençant notre lecture. Balayée la famille idéale, effondré l’équilibre familial bâti sur des fondations fragiles !

Cécile Cabanac maîtrise parfaitement le tempo qu’elle souhaite donner à son intrigue, alternant phases lentes qui consistent à fouiller la psychologie et la vie des personnages et phases plus rythmées, notamment lorsqu’elles concernent l’enquête. Les codes du polar sont respectés, il y a un certain classicisme dans ce roman, n’y voyez rien de péjoratif car c’est un compliment de ma part. Ajoutez en plus le fait que ce roman est profondément ancré dans la réalité, l’auteure a tout bon, elle va chercher dans le vrai, dans ce qui nous parle et nous permet de nous identifier. Rien d’extravagant, ça pourrait être votre histoire ou la mienne, et c’est ce qui fait la force de ce roman. Vous soupçonnerez tout le monde, tour à tour et lorsque la vérité vous apparaîtra, vous serez certainement comme moi, un peu ému, et vivement choqué.

Le mot de la fin

Des poignards dans les sourires est le premier roman de l’auteure, j’attends le second à la rentrée 2020 avec une grande impatience ! C’est un coup de cœur, et il est en format poche donc idéal pour les vacances !

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