Interview

Lumière sur… Maxime Girardeau !

Il a fait une entrée fracassante dans le milieu du thriller cette année avec Persona, son premier roman qui a été un énorme et réel coup de cœur pour moi. L’auteur a accepté de passer sur le gril et à répondre à quelques-unes de mes questions.

C’est dans une interview très personnelle et passionnante qu’il vous parle un peu de lui, et beaucoup de son travail d’écriture.

Lumière sur Maxime Girardeau !

  • Bonjour Maxime, peux-tu te présenter aux lecteurs qui ne te connaissent pas encore stp ?

Bonjour Anaïs, je m’appelle Maxime Girardeau, j’ai 39 ans, marié, papa d’un petit garçon de 7 ans, je vis au nord de Paris, et je publie mon premier roman, Persona, chez Fayard/Mazarine. C’est un virage à 180° par rapport à mon ancienne vie professionnelle où j’étais consultant en marketing et transformation digital pour les clients de Microsoft en France. J’y ai passé 10 ans, et au total une quinzaine d’années dans le monde de la « Tech », de la publicité et des grosses multinationales américaines. Un univers très éloigné du livre.

  • Peux-tu nous parler de Persona, ton premier roman qui vient tout juste de paraître chez Mazarine ?

Persona, comme le décrit la 4ème de couverture, c’est : « une enquête étrange et singulière. Étrange, car ce n’est pas une série d’homicides au sens propre du terme à laquelle le commissaire Franck Somerset est confrontée : toutes les victimes sont encore en vie, mais elles ont été torturées et « enfermées » en elles-mêmes. Singulière, car pour comprendre, il va devoir plonger dans l’univers des nouveaux maîtres du monde – les grands du numérique qui maîtrisent nos vies immatérielles. ». Ça résume bien deux grandes thématiques de l’enquête et du mystère qui l’entoure.

Je voulais me détacher du schéma classique du cadavre pour aller vers des victimes déshumanisées et emprisonnées en « elles-mêmes » (Je reste volontairement vague pour ne pas en dire trop sur ce point). La déshumanisation est un thème qui m’est cher, personnellement, mais aussi professionnellement où j’ai pu constater au quotidien comment des technologies extraordinaires à premières vues pouvaient avoir des conséquences désastreuses sur la société.

Ensuite, je voulais inscrire en toile de fond mon quotidien, le nouveau monde, l’univers de la « Tech », les nouveaux maîtres du monde que sont Google, Facebook, Amazon. Ce sont des lieux ultra connectés, peuplés de personnes déconnectées et qui, souvent en totale inconscience, ont un impact majeur sur la vie de toute la planète. Pas seulement économique, mais aussi politique ou écologique. C’est fascinant et terrifiant.

Pour finir, je voulais écrire un thriller intense, que le lecteur soit pris aux tripes, quitte à choquer parfois. Ce fut d’ailleurs l’un des enjeux du travail avec mon éditrice, trouver cette fine ligne de crête entre une violence brute qui sert le récit, sans dégoûter le lecteur. C’est une alchimie délicate à trouver.

  • Comment l’envie d’écrire un premier roman est-elle venue alors que tu avais une vie professionnelle déjà bien remplie et à mille lieux du domaine littéraire ?

Il y a deux ans, une autre entreprise me contacte pour me proposer un job. C’était probablement le bon moment pour clôturer 10 ans de ma vie et passer à autre chose. Inconsciemment, ça a probablement libéré en moi un besoin de changement. Les discussions avec l’autre entreprise ont duré des mois et pendant toute cette période j’ai décidé de revenir à ma passion de jeunesse : l’écriture.

J’ai écrit la première version de Persona comme une catharsis, un retour aux sources et un défi personnel (en étais-je capable ?). Puis une série de hasards dont la vie à le secret a mené mon manuscrit jusqu’au bureau de mon éditrice chez Fayard/Mazarine. Elle m’a aidé à en faire un vrai roman, ce qui m’a amené à reconsidérer toute ma carrière professionnelle, du moins tenté d’en faire autre chose. J’ai bien quitté Microsoft, mais je n’ai finalement jamais rejoint l’autre entreprise et depuis j’écris tous les jours…

  • Comment se déroule la recherche d’un éditeur quand on est encore inconnu du grand public et qu’on vient d’écrire son premier roman ?

J’imagine que de nombreuses personnes qui souhaitent être publiées s’interrogent sur la meilleure démarche pour aboutir. Hélas, je ne pense pas pouvoir les conseiller, car mon expérience est atypique et pleine d’heureux hasards.

A l’origine, je ne pensais pas que Persona serait publié et je ne l’ai d’ailleurs pas écrit avec cette idée en tête. J’en rêvais, bien sûr !, mais ça ne quittait jamais la case mentale du fantasme. Et puis ma petite sœur, Mathilde, sans que je le sache, a fait l’un des tours de magie dont elle a le secret. Elle a obtenu le contact d’une agent littéraire parisienne et lui a envoyé les premiers chapitres. Elle les a aimés, la suite également et nous nous sommes rencontrés. Elle a décidé de me représenter et a envoyé le manuscrit à mon éditrice chez Fayard/Mazarine qui l’a aimé également. La suite s’est faite très simplement. Je n’ai donc pas connu le parcours difficile que la plupart connaissent.

  • Derrière l’intrigue complètement ancrée dans le genre du thriller, on sent parfois quelques coups de griffes envers le milieu du numérique et du digital…

Oui parce que c’est un milieu pour lequel j’entretiens une relation contrariée d’amour et de haine. J’y ai vécu des années épanouissantes, palpitantes, y ai rencontré des personnes fantastiques, mon épouse entre autres, mais c’est aussi un univers de compétition folle, d’une violence sociale inutile et peuplé d’egos démesurés. J’ai donc utilisé cette toile de fond pour Persona, tout en veillant à ne pas mordre sur l’intrigue, le suspense. C’est un arrière-plan, un décor en quelque sorte. J’utilise de la même manière l’élection de Trump en 2016 – Persona commence le jour de sa victoire – c’est un instant de sidération globale, de grande incertitude, de crainte. J’exploite cet inconscient collectif pour ancrer mon histoire dans ce combat de l’ancien monde sur le nouveau.

  • Persona vient tout juste d’être publié, mais tu sais que les lecteurs sont de grands impatients… Que nous réserves-tu pour la suite ?

Je suis un rêveur, donc j’espère de nombreux autres romans, de nouvelles enquêtes pour Franck Somerset, mais aussi des histoires indépendantes, et m’aventurer dans d’autres genres pourquoi pas ? Ça ce sont mes ambitions.

Plus concrètement, je travaille actuellement sur une nouvelle affaire difficile pour Franck, Laurence, Elga. Je n’ai pas fini de maltraiter mes personnages… Ça mijote, nous sommes aux fourneaux avec mon éditrice et je vous tiendrai au courant quand ce sera prêt à sortir du four.

  • As-tu des rencontres prévues avec les lecteurs dans différents salons ou séances de dédicaces en librairie ?

A date j’ai trois salons confirmés :

  • Le festival polar de la Fnac de Rosny 2, j’y serai le samedi 16 mai.
  • Le salon sang pour sang polar Saint Chef (38), le 12 et 13 septembre.
  • Le salon du livre de Saint-Omer samedi 10 et dimanche 11 octobre.
  • Je te laisse carte blanche pour terminer cette interview !

Un immense merci à toi Anaïs d’avoir donné un petit coup de projecteur à Persona et du coup j’en profite pour remercier toutes les blogueuses et blogueurs, sur la toile, sur Facebook, sur Instagram qui ont parlé de Persona, l’ont soutenu. Vous êtes un rouage essentiel pour qu’un premier roman puisse rencontrer les lecteurs. Merci !

Merci infiniment pour cet échange Maxime et à dans quelques mois pour la suite !

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