Coup de coeur, Polar/thriller français

Les ombres d’Oakland – Florent Marotta

Mon cher lecteur, tu veux un vrai bon polar qui déménage, admirablement bien construit, qui occupera tes soirées hivernales grâce à une intrigue rythmée et qui t’emmènera dans les bas-fonds de la société américaine ? J’ai ce qu’il te faut !

Il a du faire le tour de la Terre avant d’arriver chez moi, mais il m’attendait gentiment à mon retour de Martinique et il est passé en prio un peu avant tous les autres que j’ai en attente parce que j’aime beaucoup ce que fait cet auteur.

J’te préviens juste que la chronique va être bonne, mais que je vais râler un bon coup quand même dans les conclusions de mon article…

Direction aujourd’hui l’ouest américain, San Francisco et sa banlieue chaude, je vous parle du dernier roman de Florent Marotta, Les ombres d’Oakland, publié chez Eaux troubles.

L’histoire (4ème de couverture)

Michael Ballanger, coach de vie à San Francisco, n’a qu’une obsession qui ronge sa vie : retrouver le tueur en série qui a détruit sa famille. Quelque part, dans les rues de Californie, le tueur rôde illégalement sur le territoire, il est là dans les ombres, attendant son heure. Pourtant, quand une enfant de six ans disparaît, Michael ne peut résister à l’appel au secours de la mère.Il était loin de s’imaginer que cette affaire allait l’entraîner dans les bas-fonds d’Oakland. Loin de s’imaginer qu’elle allait faire surgir les souvenirs du passé. La nuit, les ombres s’étirent sur Oakland et révèlent les pires facettes de l’âme humaine.Le légendaire « tueur au Tarot » Paul Arlanc va refaire parler de lui dans ce nouveau thriller, personnage récurent avec « le coach français » Michael Ballanger, un jeu du chat et de la souris entre ces deux protagonistes. Ce roman est une plongée directe dans les faces cachées et malsaines des nuits nocturnes de la ville d’Oakland. Basé sur certains faits réels le lecteur sera pris dans une enquête captivante à rebondissement. Un livre qui peut sans problème se lire en « one shot ».

Enfile ton casque et suis-moi, ça va dépoter !

Florent Marotta et moi, c’est une longue histoire… Je l’ai découvert aux balbutiements de mon blog avec Le visage de Satan (cherche pas la chronique va, elle doit être bien pourrie vu que c’était une des premières publiées ici et je me cherchais beaucoup au niveau de la rédaction de mes articles à l’époque) ; j’ai continué de le suivre ensuite sur toutes ses publications polar, avec comme point d’orgue l’incroyable Le prix de la vérité qui restera gravé dans les lectures les plus mémorables de ma vie de lectrice, et j’ai même été sa coach personnelle en pâtisserie, ouais ouais ! Ici, c’est d’un autre coach dont on va parler, parce que la pâtisserie c’est bien, c’est beau et bon, ça nourrit, mais finalement après les fêtes vaut mieux s’envoyer un bouquin qu’une forêt noire, c’est meilleur pour la ligne.

Michael Ballanger de son p’tit nom, coach de vie, est en effet un personnage récurrent chez l’auteur. Français d’origine, installé à San Francisco suite à quelques drames qui ont marqué sa vie, on le retrouve aujourd’hui dans une double enquête, schéma classique des thrillers me direz-vous mais ô combien efficace ! D’un côté, il y a l’enquête sur la disparition d’une fillette, de l’autre, son enquête plus personnelle pour essayer de choper celui qui a anéanti sa famille. Ouais je sais, j’vous entends d’ici « haaaannn encore une énième histoire de flic qui traîne les casseroles de son passé et qui veut se venger« , mais te sauve pas cher lecteur, je t’arrête tout de suite parce que non seulement Michael n’est pas flic (ça c’est de l’argument chérie ! ), mais en plus c’est écrit de manière à ne jamais tomber ni dans la caricature, ni dans le gnangnan avec d’éternelle lamentations qui m’auraient, assurément, fait balancer mon bouquin de colère tellement j’en ai marre de ce schéma d’écriture qu’on retrouve dans 80% des polars et qui m’emmerde clairement et profondément, n’ayons pas peur des mots.

La grande force de ce roman, c’est qu’en plus de nous divertir, l’auteur nous plonge habilement dans une thématique très difficile, y compris pour les lecteurs les plus aguerris et qui trouvent une certaine forme de jubilation en sombrant dans la noirceur de la société. Il y a des sujets comme ça qui font mal, plus que d’autres… J’ai l’habitude de dire que dans mes lectures, plus c’est violent et plus j’éprouve une certaine excitation à lire des passages difficiles (espèce de malade va !), mais quand ça touche à certaines choses on ne peut qu’éprouver du dégoût, de l’écœurement et l’envie furieuse de coller une balle dans la tête aux infâmes salauds. L’auteur n’occulte pas grand chose mais à aucun moment il ne tombe dans le gore dégueulasse et gratuit ou dans l’étalage de perversité. Il jongle habilement pour nous faire prendre conscience que de telles horreurs existent pas si loin de nous, il t’en montre assez pour te faire dresser les poils d’effroi et te coller la nausée, mais il te récupère juste à temps pour éviter de tomber dans le voyeurisme là pour vendre ou pour choquer.

Le final est un final digne de ce nom, mais je t’avoue que je t’en veux Florent, vraiment, et c’est pas la première fois que tu me fais mal au bide avec un de tes bouquins… Tu me laisses avec une impression de désespoir au fond de moi, une impression que le monde est laid, vraiment, et qu’il n’y a pas beaucoup de lueurs d’espoir pour les optimistes que nous sommes. A moins que ? J’attends la suite maintenant… Parce qu’il y en aura une, j’en suis certaine.

Le mot de la fin

Quand tu lis un auteur aussi bon, tu aimerais que tout le monde le connaisse, en parle, le lise et le recommande. Passé trop inaperçu à mon goût, Les ombres d’Oakland est à nouveau une réussite, je trouve fort dommage qu’on n’en parle pas plus que ça, et que la com’ faite par la maison d’édition autour du bouquin ait été inexistante. Florent est un auteur à l’incroyable talent, il nous le prouve à chaque nouvelle publication, et j’espère le trouver un jour à sa juste place dans le milieu littéraire, c’est-à-dire en tête de gondole en librairie, et entre les mains de tous les lecteurs de polars.

Ai-je besoin de vous dire que je recommande ?

Ah au fait psssssstttt, si vous voulez le lire, ça serait bien de lire Le meurtre d’O’Doul Bridge par contre, même s’il peut se lire de manière totalement indépendante.

2 réflexions au sujet de “Les ombres d’Oakland – Florent Marotta”

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