Editions Métailié Noir, Islandais

La semaine islandaise #1 – Arnaldur Indridason

Toujours dans la période où j’ai envie de diversifier les articles sur mon blog, j’ai décidé de consacrer une semaine spéciale Polar islandais !

J’aime les polars nordiques, vous commencez à le savoir, et j’aime l’Islande du plus profond de mon coeur de voyageuse. Alors quand vous mixez les deux, littérature et voyage, moi je suis conquise !

J’ouvre donc le bal de cette semaine spéciale en vous parler du maître du polar islandais, Arnaldur Indridason ! J’avais déjà consacré un article à cet auteur en 2016 mais je n’en suis pas satisfaite, je ne l’ai pas fait évoluer au fil des parutions et il est temps pour moi de l’actualiser aujourd’hui.

Qui est-il ?

Arnaldur Indridason est un auteur islandais de thrillers. Ancien journaliste et critique, il est l’auteur d’une vingtaine de thrillers. Ses livres sont traduits dans 26 langues, et certains ne sont pas encore traduits en français, espérons que ça soit le cas un jour. En France, ses romans sont édités aux Editions Métailié et le format poche chez Points et traduits dans la grande majorité des cas par Éric Boury, célèbre pour des traductions d’auteurs islandais.

Son œuvre

On peut scinder son œuvre en plusieurs parties : la série Erlendur Sveinsson, la Trilogie des ombres, et enfin quelques one-shot. Ouais je sais ça fait peur dit comme ça, mais t’inquiète pas mon cher lecteur, on va débroussailler tout ça ensemble et tu y verras bien plus clair ensuite : par où commencer ? Quel est l’ordre de lecture ?

Série Erlendur (par ordre de lecture)

  • Le duel
  • Les nuits de Reykjavik
  • Le lagon noir
  • Les fils de la poussière
  • Les roses de la nuit
  • La cité des jarres
  • La femme en vert
  • La voix
  • L’homme du lac
  • Hiver Arctique
  • Hypothermie
  • La rivière noire
  • La muraille de lave
  • Etranges rivages

Série Trilogie des ombres (Trilogie se déroulant durant la Seconde Guerre Mondiale)

One-shot

Série Konrad

Ce que j’en pense…

J’ai une nette préférence pour les livres qui mettent en scène Erlendur. Il est un enquêteur taciturne, un peu asocial sur les bords et hanté par son passé et par la disparition de son jeune frère, perdu dans une tempête de neige une sombre journée d’hiver alors qu’ils étaient enfants. Son cadavre ne sera jamais retrouvé. Ce traumatisme marquera Erlendur durablement, c’est une cicatrice jamais refermée qui ternira sa vie, et très certainement son rapport aux autres. De cette souffrance, naîtra une véritable passion pour les histoires de disparitions inexpliquées, sa bibliothèque n’est constituée que d’ouvrages relatifs à ce sujet. Erlendur a raté sa vie de famille, sa relation avec ses enfants est très compliquée, avec son ex-femme, c’est pire. Lorsqu’il n’enquête pas, il lit, rideaux fermés en été lorsque le soleil est éternel. Il est un flic nostalgique de l’Islande d’autrefois, quand elle n’était qu’une petite île habitée par une majorité d’éleveurs de moutons et de pêcheurs, avant qu’elle ne subisse l’assaut des banques, des financiers, dy tourisme de masse, et qu’elle ne subisse de plein fouet la crise de 2008 qui mènera le pays à une quasi banqueroute.

Les histoires de la série Erlendur sont construites systématiquement sur le même schéma : d’un côté l’enquête au présent, celle qui se déroule à notre époque, et de l’autre, une enquête qui trouve son fondement dans le passé et qui poussera Erlendur à enquêter dessus durant son temps libre.

Il est accompagné dans ses aventures par deux de ses enquêteurs, aussi attachants l’un que l’autre et on voit au fil du temps leurs évolutions aussi bien sur le plan moral que personnel. Le fait qu’il y ait deux enquêtes est un peu déroutant au début, mais au bout du deuxième livre quand on a compris la mécanique de l’auteur, ça devient la norme et on sait, quand on commence un livre d’Indridason, qu’on va retrouver ce même schémat.

Ce qui n’est pas facile non plus, ce sont les noms des personnages et des lieux, qui peuvent rendre difficile la lecture. Morceaux choisis : Elinborg, Erlendur, Sigurdur Oli, Gudlaugur, Hafnarfjördur, Ösp, Sindri, Skarphédinn… et si j’ajoute les noms de famille, c’est bon, je vous perds ! 🙂 Et ça serait dommage que vous passiez à côté ! J’ai failli arrêter plusieurs fois le premier, la Cité des jarres, tellement j’étais perdue dans les noms, et du coup je n’y comprenais rien ! Ce que je vous conseille de faire, que ça soit pour Arnaldur Indridason ou tout autre auteur nordique, c’est de prendre un minimum de notes. Un petit post-it glissé dans votre livre et hop, ça résout une partie des problèmes relatifs aux noms compliqués. Encore aujourd’hui, et malgré le nombre de polars islandais que j’ai pu découvrir, je continue de prendre des notes régulièrement durant mes lectures.

Le style Indridason

Je vais pas te le cacher mon cher lecteur, le rythme de lecture est parfois lent, l’enquête également, il n’y a pas un rebondissement à chaque chapitre, ne t’attend pas à du cliffhangers toutes les dix pages, mais après avoir lu plusieurs auteurs islandais, c’est la norme. A croire que leur manière d’écrire est à l’image de leur manière de vivre dans le pays.

Les thèmes abordés

L’auteur évoque souvent l’histoire de son pays, occupé un temps par l’armée américaine, soumis aux restrictions d’un embargo, ses dérives aussi, cette société gangrenée par la corruption, ses politiques véreux qui tiennent sous leur coupe les journalistes… Indridason se plaît à multiplier les meurtres homophobes, les agressions sexuelles, dans ce pays pourtant si calme et sécuritaire. Il est d’ailleurs parfois décrié par certains intellectuels islandais qui disent qu’il y a plus de meurtres dans les livres d’Indridason que durant une année complète au pays !

Contrairement à d’autres auteurs islandais, Arnaldur Indridason a l’art de mettre en avant la beauté et la rudesse des paysages de son île. Le véritable personnage central de ses livres, c’est la Nature en elle-même. La Nature qui décide d’un effondrement sous-terrain qui aura pour conséquence de vider un lac dans la région de Reykjanes et qui fait remonter à la surface un cadavre vieux de plusieurs années, la Nature qui lui a enlevée son frère, la Nature et ses lacs, ses volcans capricieux et ses glaciers, la Nature et son froid glacial… Il évoque la grandeur de ses paysages avec un tel amour qu’au troisième livre, je me suis dit « tiens ça a l’air sympa l’Islande, je vais regarder des photos pour voir à quoi ça ressemble ! ». 30 jours plus tard, j’atterrissais à Reykjavik, 31 jours plus tard je suis tombée amoureuse du pays. C’était en 2014, j’y suis retournée deux fois de plus. On pourra dire qu’Indridason est plus qu’un auteur pour moi, il m’a permis d’avoir le plus grand coup de foudre de ma vie, celui pour ce pays où je me sens plus chez moi qu’en France. Alors si un jour j’ai la chance de le rencontrer au détour d’un café de Reykjavik ou dans un salon littéraire, je lui dirai juste « Merci Monsieur, vous avez changé ma vie! ».

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