Editions Calmann Lévy, Polar/thriller français, psychologique

Les refuges – Jérôme Loubry

Quand un livre fait trop l’unanimité sur les réseaux, moi j’me méfie (ça doit être mon côté française chiante toujours suspicieuse et jamais contente ça =) ). Et puis je me lance dans cette lecture parce que j’ai aimé ce que j’ai lu précédemment de l’auteur et parfois ça le fait grave, comme aujourd’hui avec le troisième né de Jérôme Loubry.

Je vous ai déjà parlé à deux reprises de cet auteur au cours de l’année écoulée, d’abord avec Les chiens de Détroit que j’ai lu X temps après tout le monde, et plus récemment avec Le douzième chapitre. J’ai adhéré à chaque fois à l’écriture de l’auteur, mais cette fois, je vais pouvoir vous dire qu’il est un gros cran au-dessus des deux autres qui étaient déjà très bons.

Il a fait 10 000km avec moi, je l’ai commencé à la terrasse d’un des plus beaux points de vue du monde à Monument Valley (j’vous laisse en juger sur la photo du bouquin), je vous parle aujourd’hui du dernier livre de Jérôme Loubry, Les refuges, paru chez Calmann-Lévy.

L’histoire (4ème de couverture)

Installée en Normandie depuis peu, Sandrine est priée d’aller vider la maison de sa grand-mère, une originale qui vivait seule sur une île minuscule, pas très loin de la côte.
Lorsqu’elle débarque sur cette île grise et froide, Sandrine découvre une poignée d’habitants âgés organisés en quasi autarcie. Tous décrivent sa grand-mère comme une personne charmante, loin de l’image que Sandrine en a.
Pourtant, l’atmosphère est étrange ici. En quelques heures, Sandrine se rend compte que les habitants cachent un secret. Quelque chose ou quelqu’un les terrifie. Mais alors pourquoi aucun d’entre eux ne quitte-t-il jamais l’île ?
Qu’est-il arrivé aux enfants du camp de vacances précipitamment fermé en 1949 ?
Qui était vraiment sa grand-mère ?
Sandrine sera retrouvée quelques jours plus tard, errant sur une plage du continent, ses vêtements couverts d’un sang qui n’est pas le sien…

Incroyable thriller psychologique !

Si dans un large premier temps, nous allons nous retrouver dans le huis-clos insulaire auprès de Sandrine, qui se retrouve coincée sur une île qui ne vend pas du rêve, froide, venteuse et pluvieuse, sur les traces d’une grand-mère qu’elle n’a jamais connue, rien ne laisse présager ce qui vous attend pour la suite de votre lecture et qui a manqué de me faire quelques nœuds au cerveau tant l’auteur a su se jouer de moi, alors que j’suis quand même une lectrice à qui on ne l’a fait pas à force de lire une centaine de polars par an depuis plusieurs années (comme elle s’la pète celle-là !).

Vous allez rencontrer beaucoup de personnages dans ce roman, l’auteur alternant deux périodes différentes dans une bonne première moitié du livre. Classique me direz-vous, mais moi j’aime bien ce procédé, surtout quand l’auteur nous embarque dans quelque chose de très différent ensuite, comme c’est le cas ici. Concernant les personnages, ils sont suffisamment travaillés pour que vous ne vous sentiez pas perdus parmi eux. Chacun d’eux est différent, chacun d’eux a ce petit quelque chose qui le rend terriblement humain et je sais que c’est assez bateau de dire ça et que vous le retrouvez dans chaque chronique de chaque blogueur, mais je me suis attachée de ouf à eux, et au vu du destin de certains, j’ai ressenti une tristesse infinie face à ce qui a pu leur arriver.

Et puis l’intrigue prend un moment un tournant complètement différent, et quand tout s’éclaire tu te dis qu’il est quand même sacrément fortiche l’auteur ! Effarement, sidération la plus totale quand je me suis pris le dénouement en pleine tête. Impossible d’imaginer quoi que ce soit durant toute ma lecture, chapeau Jérôme Loubry !

Les thèmes abordés sont glaçants, et pourtant à aucun moment l’auteur en tombe dans l’étalage de vulgaire, de voyeurisme ou dans le pathos. Grâce à une écriture soignée et à une large utilisation de tout ce qui peut titiller nos cinq sens, il parvient à nous mettre mal à l’aise de manière plus sournoise, plus intelligente, il y a comme un air vicié qui se diffuse, s’empare de vos narines pour vous faire monter la nausée. Certains passages m’ont mise fort mal à l’aise, parce que ce que l’auteur ne contextualise pas mais image, votre cerveau s’en empare et le matérialise, lui…

Le mot de la fin

Les refuges restera comme un incontournable de cette rentrée littéraire polar 2019 ! Grâce à une construction complexe, l’auteur a su ménager son suspense jusqu’à la dernière page et son intrigue originale et les thèmes difficiles qu’il aborde en font un livre qui restera un certain temps ancré en moi.

Je ressort de cette lecture avec le cœur un peu cabossé, ce livre m’a touchée plus que je ne le pensais.

Je terminerais ma chronique par ce refrain entêtant qui vous bercera durant toute votre lecture : « Parlez-moi d’amour, redites-moi des choses tendres… »

6 réflexions au sujet de “Les refuges – Jérôme Loubry”

  1. Je me mords les doigts de manquer à ce point de temps ! Quand je lis tes impressions, et quand je pense autres excellents romans qui m’attendent bien au chaud à la maison, j’ai juste envie de demander un congé sabbatique pour passer mes journée dans le canapé. Je ne connais cet auteur que de nom alors je suis allée lire tes précédents avis, je pense que je lirai son troisième, il a l’air vraiment riche. Merci pour la découverte !

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    1. Si tu savais le nombre de fois où je me suis demandée comment je pourrais faire pour passer mes journées à lire, sans devoir aller bosser… La seule solution que j’ai c’est de gagner au Loto, encore faut-il jouer… N’est-ce pas !! 🙂 Moi aussi, plein de livres me font envie, mais je n’arriverai jamais à lire tout ce que j’ai envie…

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