Coup de coeur, Editions Acte Sud

Atmore Alabama – Alexandre Civico

Aujourd’hui, 5 septembre, je passe mon deuxième jour aux Etats-Unis, je serai quelque part sur la route 66 au moment où vous lirez cet article. Enfin, j’espère être bien arrivée et sans encombre car je le rédige quelques jours avant mon départ, histoire qu’il soit prêt pour la parution du roman (c’est là que j’me tue en avion entre temps t’sais ! ) =)

Je vais vous présenter un roman un peu différent de ce que je lis habituellement, d’un auteur que je ne connaissais pas du tout avant d’avoir son livre entre les mains. Cette lecture était idéale à quelques jours de m’envoler pour le pays de l’oncle Sam, dans lequel se déroule cette intrigue.

Vraie belle découverte, je vous parle aujourd’hui d’Atmore Alabama, paru hier aux Editions Acte Sud/Acte Noir.

L’histoire (4è de couverture)

Lorsqu’il atterrit en Floride, il sait exactement où sa voiture de location doit le mener : Atmore, bourgade paumée au fin fond de l’Alabama. Il s’installe chez l’habitant, instaure un semblant de routine et rencontre une jeune Mexicaine désespérée. Un lien naît entre lui, l’étranger que l’on devine ravagé par la douleur, et cette fille à la dérive, noyée dans la drogue. Que vient chercher ce français au royaume des rednecks, de l’ennui et des armes à feu ? Rien ne paraît l’intéresser sinon la prison, à l’écart de la ville, autour de laquelle il ne peut s’empêcher d’aller rôder…
Porté par une écriture affutée à la poésie sèche, parfois tendre, ce roman de la chute, noir, dense, invoque dans un même surgissement le décor d’une Amérique qui s’est perdue et le saccage intérieur d’un homme qui ne sait plus comment vivre.

Sweet home Alabama, where the skies are so blue…

Amore Alabama, c’est un tout petit roman d’à peine 140 pages. Plus court tu meurs, et pourtant c’est un véritable petit bijou de roman noir qui fleure bon l’Amérique profonde, celle qu’on ne montre que trop rarement dans les films et dont on parle trop peu, loin des paillettes et des strass du show-biz.

Atmore Alabama, c’est l’histoire d’un français lambda qui effectue un voyage un peu particulier aux Etats-Unis. On ne comprend pas le but de son voyage, il semble errer, perdu dans un trou complètement paumé et loin du tourisme de masse, se laissant porter par l’ambiance lourde et moite des lieux, se laissant guider par les quelques personnes qu’il rencontrera et dont il deviendra plus ou moins proches. Et puis, quelque chose de plus sournois s’insinue, il a un but ce voyage, on comprend rapidement qu’il n’est pas allé s’enterrer là-bas juste pour découvrir la culture locale. Et ce but, c’est certainement celui de toute sa vie.

Le roman étant écrit à la manière d’un journal intime, vous l’accompagnerez au gré de ses errances, jours après jour, vous croiserez la route de personnages cabossés, usés ou résignés, parfois caricaturaux mais toujours profondément humains et pourvus d’une aura sombre. Ce roman, c’est celui de la nostalgie, de la solitude aussi. J’ai envie de dire qu’il est celui de l’introspection mais je pense plutôt qu’il est celui de la résilience. Les plaies d’une vie peuvent se cicatriser seulement quand on est allé au bout d’un cheminement, qu’on est passé par toutes les étapes d’un processus long et tortueux.

Atmore Alabama, c’est aussi une critique de la société américaine dans tout ce qu’elle a de plus néfaste. L’auteur dresse le portrait objectif d’un pays tiraillé entre l’American dream et les personnes que ça laisse sur le bord de la route, et qui tentent de survivre au milieu de l’alcool, de la prostitution et des armes à feu.

Contrairement à mes lectures habituelles, ici pas de violences, pas de meurtre sauvage ni de cadavre découpé en morceau, juste l’intensité d’une écriture poétique, sensible et qui te colle à la peau comme l’ambiance poisseuse qui s’en dégage.

Le mot de la fin

Vrai beau coup de cœur pour Atmore Alabama alors qu’il est à des années lumières de ce que je lis habituellement… Excellente découverte de ce roman à mi-chemin entre la littérature noire et la littérature blanche. Un livre qui peut donc toucher un large public, et qui m’a touchée moi personnellement, par son humanité, et par la puissance de son dénouement, quand tout s’imbrique et qu’on comprend la raison de toute cette errance.

Je recommande chaudement !

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