Coup de coeur, Editions La Martinière, Inclassable !

Cool Killer – Sébastien Dourver

Il est le livre qui m’a sortie de mon marasme littéraire !!! Il est celui que je n’attendais pas car je ne savais rien de l’auteur, rien de son style, rien de son histoire, un livre dont j’avais même zappé la publication à vrai dire parce que je ne pensais pas qu’il était d’un genre qui pouvait m’intéresser. Sa couverture minimaliste, l’avertissement sur la page Fnac du livre « Pour public averti », ainsi que les avis de quelques blogueuses (coucou Angie, L’œil de Luciole) ont éveillés ma curiosité et quelques jours plus tard… mais WTF ce bouquin !

Ce n’est pas un coup de cœur, c’est un coup de foudre, un énorme coup de foudre qui va atterrir direct dans mon top 3 2019, j’en suis certaine ! Mon cher lecteur, si tu en as marre de lire toujours la même chose, et que tu veux un livre déjanté, intelligent et qui dépote ta tête de lecteur sans te faire bouger de ton canapé, c’est ce livre qu’il te faut !

J’vous préviens de suite, je suis pas sûre de réussir à canaliser mon enthousiasme débordant pour être un chouia crédible et passer pour la lectrice mature et objective que je suis (rires !) mais je vous parle aujourd’hui de Cool Killer, de Sébastien Dourver, publié aux Editions La Martinière en juin dernier.

L’histoire (4ème de couverture)

 » Avant, j’aimais bien aller au travail. Voir tous ces gens malheureux, ça m’émerveillait. On croise un mec dans l’ascenseur, il a l’air au bord de l’abîme, alors on lui demande si ça va et il répond :
– On fait aller.
Et il sort à son étage, drapé de mystère. Il s’éloigne vers son open space, foulant des carrés de moquette interchangeables. « Cool Killer, c’est American psycho, Raskolnikov et Le Démon d’Hubert Selby Jr : notre société capitaliste passée au napalm du cynisme et de la provocation.Alexandre Rose fait partie du système. Ingénieur brillant, il a avalé toutes les couleuvres qu’on lui présentait. Jusqu’à l’overdose. Jusqu’au jour où il décide de renverser le jeu et de détruire la société par ce qu’elle a de pire : la violence. Dans un monde rongé par les réseaux sociaux et l’info en continu, sa créature, le Cool Killer, a toutes les  » qualités  » pour y parvenir.Un premier roman cinglant, aussi drôle qu’abominable, écrit par Sébastien Dourver, ancien journaliste et rédacteur en chef pour différents médias.

Cool Killer Gate dans mon année littéraire

Dès la première phrase, j’ai su que ce livre et moi, on allait vivre une grande histoire. « A la maison, ma pute de bonne femme m’attendait ». Oui je sais, vous vous dites « nan mais elle abuse là« , mais attendez de lire la suite.

Puis la deuxième page, un accident de trottinette en pleine ville, rien de plus banal me direz-vous, sauf que la narration est absolument truculente tant elle est effroyable. Pas de gore, juste une réaction qu’on n’attend pas dans un moment pareil. Et là j’me suis dit « Nom de dieu, si c’est comme ça tout le long, je vais prendre mon pied sévère ! ». Alors j’entends d’ici les bien-pensants qui diront qu’il suffit de faire du buzz et de la violence gratuite pour que les lecteurs apprécient. Mettez-vous le doigt dans l’œil jusqu’à l’arrière du crâne, oui ce livre sort des sentiers battus, oui il y a certains passages abjectes – en effet il n’est peut-être pas à mettre entre les mains des plus sensibles – mais Cool Killer c’est bien plus que du sensationnel et du grand spectacle juste pour vendre. C’est profond, c’est surpuissant, c’est une critique acide de la société, des politiques, ce sont des vérités qui te forcent à enlever tes œillères du monde ouaté bien confortable que tu t’es construit et dans lequel tu te complais. Il est question de la place des médias, de l’internet et des réseaux sociaux avec son lot de cinglés, de dérives et de négatif, tout le monde en prend pour son grade, Cool Killer est un véritable coup de sabre qui atteindra tous ceux qui se pourront se sentir concernés, et ils sont nombreux.

Pour rendre crédible et impactant son récit, l’auteur s’appuie sur une réalité, cette réalité dans laquelle nous vivons tous. Mais il va loin, il l’amplifie, il nous montre que rien n’est sous contrôle, et qu’un rien peut faire basculer non seulement un individu, mais une société entière. Loin d’être un ouvrage moralisateur ou bien-pensant, l’auteur utilise le cynisme et l’humour noir pour en faire une lecture divertissante et marquante, ce n’est pas le genre de bouquin qu’on peut oublier en 15 jours. Je suis amatrice d’humour noir, de cynisme, de non-conventionnel, j’aime ces gens qui osent, qui bousculent, qui te secouent jusqu’à t’en donner le vertige.

Le personnage principal, Alexandre, est le moteur de l’intrigue. Tout tourne autour de lui et de son arrogance. Il est un monstre, un cinglé, un génie. D’un ego surdimensionné, incapable d’empathie, je n’ai pas pu m’empêcher d’éprouver une sorte d’attrait malsain envers lui, parce que mine de rien et malgré son antipathie, il y a du vrai dans ce qu’il nous dit. Il n’y met pas les formes, pas de filtre, pas d’édulcorant, juste du brut de décoffrage, comme s’il s’agissait de cette petite voix qu’on entend parfois dans notre tête mais qui ne sort pas de notre esprit parce qu’il faut faire preuve de savoir vivre, rester dans le rang pour éviter de faire des vagues et froisser l’ego des gens.L’écriture est démentielle, déjantée, Sébastien Dourver alterne passages narratifs, dialogues, proses poétiques par moment même, le tout dans un joyeux bordel qui en fait un ouvrage hors du commun.

Le mot de la fin

Je me croyais cynique, en fait je suis juste une fillette au pays des pâquerettes et des lapins roses. Mon côté Dark Minette en a pris un coup là, j’ai trouvé mon Maître en la personne de Sébastien Dourver.

Un bijou de cynisme, un bijou de je ne sais même pas quoi d’ailleurs car je suis incapable de classer ce bouquin dans une catégorie. Ce n’est pas un polar, ce n’est pas un thriller, ce n’est pas de la littérature blanche. C’est quoi alors ? Ben j’en sais rien ! Il ne rentre dans aucune case, et c’est pour ça qu’il est un grand coup de foudre pour moi.

Cool Killer est un bouquin audacieux, un bouquin qui dépoussière la littérature noire et qui donne un bon coup de ringard à un genre qui a tendance à s’enfermer systématiquement dans les mêmes schémas d’écriture, et avec des auteurs qui se complaisent à écrire toujours la même chose de la même manière.

Je recommande chaudement, et j’vous préviens mais je vais être chiante parce que je vais vous en parler pendant des mois !

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