Editions Ring, Non classé, Roman d'anticipation

Guerilla – Laurent Obertone

Il est très difficile pour moi de rédiger cette chronique aujourd’hui, non seulement parce que ce bouquin est à mille lieux de ce que je lis habituellement, mais en plus car je vais m’attacher à vous parler uniquement de la forme et pas du fond. C’est un parti pris pour moi de ne pas aborder le fond car d’une part, je ne souhaite pas exposer mes idées politiques ou religieuses via mon blog, et qu’en plus ma profession m’oblige à avoir un certain devoir de réserve vis-à-vis de ce genre de sujets et que je ne peux pas me permettre de vous en parler ouvertement.

Troisième roman de Laurent Obertone pour moi en un peu plus d’un mois, mais un roman très différent cette fois car il n’est pas question ici de récit criminel, mais de roman d’anticipation.

Verdict ?

Je vous conseille d’enfiler un casque, un gilet pare-balle, armez-vous d’une kalach au passage c’est plus prudent, je vous parle aujourd’hui de Guerilla, de Laurent Obertone, paru chez Ring puis à La mécanique générale.

[ Cette lecture était une lecture commune avec ma copine blogueuse Angie du blog Culturez-moi. Vous pouvez retrouver son article en cliquant ici. Je vous en mets un extrait juste après la quatrième de couverture ]

L’histoire (4ème de couverture)

La guerre civile était inévitable.
Vivez l’Apocalypse des trois derniers jours de la France.

Dans une France proche et obscure, une descente de police dans une cité sensible tourne au drame : un policier pris dans un guet-apens perd son sang-froid et tire aveuglément.

La cité s’embrase et tout le pays vacille. De villes en villes, le feu se propage et la République explose.

Forces de l’ordre, voyous, terroristes, responsables, journalistes, citoyens, tous sont submergés par le raz-de-marée du chaos.

Rapidement, réseaux électriques et hydrauliques tombés, faute d’approvisionnements, d’ordre, de moyens de communication, de transports et de secours, la déferlante gagne la campagne, la société vole en éclats et les villes sont la proie de violences, de pillages et de gigantesques incendies. Des terroristes, dépassés par les troubles, déclenchent des actions de grande ampleur depuis les terres, la mer et le ciel.

Privés de tout, livrés à eux-mêmes, les citoyens s’apprêtent à faire face au carnage.

Les événements décrits dans Guerilla reposent sur le travail d’écoute, de détection et les prévisions du renseignement français. Après deux ans d’immersion au contact d’agents des services spéciaux et des plus grands spécialistes de la terreur et des catastrophes, l’auteur du chef-d’oeuvre Utøya (l’affaire Breivik) et des enquêtes phénomènes La France Orange Mécanique et La France Interdite livre un roman météore ultra-réaliste et nous plonge dans le récit paroxystique de la guerre civile.


L’avis d’Angie

« Guerilla est un roman totalement atypique. Sur le plan de l’action et de la narration, je n’ai absolument rien à redire. Le livre se dévore en quelques heures. La plume d’Obertone est précise, incisive et nous plonge au plus près de l’action et de l’horreur. Une dystopie effrayante, oppressante qui vous fera forcément réfléchir.

Captivant ? Oui. Dérangeant ? Sans doute. Prémonitoire ? Je n’espère pas. Si comme moi, ce livre et ce qui en est dit vous intrigue, alors faites-vous votre propre avis. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. « 

Sa chronique complète : https://culturez-moi.com/guerilla/


L’avis d’Anaïs

 

4.3.2.1.0 : FEUER FREI !

Si la société dans laquelle vous vivez est un peu anxiogène pour vous, pas de doute que vous allez avoir quelques sueurs froides à la lecture de Guerilla, et la furieuse envie de partir loin, loin, très loin !

Posons le contexte : une cité de banlieue s’enflamme suite à la mort de jeunes tués par un flic qui a perdu son sang froid, et en quelques heures seulement, c’est l’embrasement. D’abord dans la famille, puis cela se répand comme une traînée de poudre dans tout le quartier, la communauté proche, et à grand renfort de battage médiatique et d’appel à la vengeance et à la haine, c’est toute la France qui s’emballe, en moins de 72h. C’est alors le chaos le plus total qui règne, la violence est partout, à chaque coin de rue. Vous vous croyez planqués, bien au fond de votre campagne ? Détrompez-vous, ils viendront vous chercher dans vos maisons, sur votre lieu de travail, dans vos lieux de culte aussi. Ils tueront, tortureront, violeront, vous ne serez plus en sécurité nulle part et ne pourrez qu’assister, impuissants, à l’anéantissement de notre pays. Vous comptez sur les flics pour assurer votre sécurité ? Oubliez-les ! Eux-mêmes subissent de plein fouet la violence de toute une partie de la population qui les déteste.

Un roman d’anticipation

Porte ouverte à toutes les spéculations, pas d’indication de date, du moins aucune année n’est mentionnée dans le roman. On comprend pourtant que c’est dans un futur relativement proche que l’action se déroule, et c’est ce qui est le plus effrayant finalement. Certains événements font échos aux émeutes de 2005 qui ont secoué la France, et certains passages ne sont pas sans rappeler les attentats qui ont frappé la France ces dernières années. Dans Guerilla, on n’est plus dans des actions isolées non, on est dans l’implosion de la société. Est-ce que Laurent Obertone exagère ou amplifie la situation ? Difficile de savoir quelle est la probabilité pour qu’un jour, notre pays subisse une guerre civile comme celle qui éclate dans Guerilla. Il est pourtant expliqué en quatrième de couverture que l’auteur a passé deux ans aux côtés des services de renseignements et d’écoute, afin de se documenter pour être au plus près de la réalité. Je n’ai pas envie de me dire qu’un jour on en arrivera là, je suis une grande naïve moi vous savez, j’ai envie de croire que le monde sera meilleur demain, mais j’ai le sentiment qu’il n’y a que moi pour y croire encore. Pourtant quand j’y réfléchis, je me rends compte qu’on en est tous à éviter certains quartiers de nos villes, ces zones de non-droit où même les pouvoirs publics ont lâché l’affaire, maintenant un semblant d’ordre en évitant d’y mettre les pieds.

Plus qu’un roman d’anticipation, Guerilla traite aussi d’un sujet d’actualité brûlant, celui du malaise des forces de l’ordre en France. J’ai vu passer beaucoup de photos de flics sur les réseaux sociaux, qui se mettent en scène habillés de leur uniforme, en train de lire ce roman ou de le recommander. Je pense que cet ouvrage montre sans fard, sans édulcorant, ce que vivent ceux qui risquent leur vie pour nous protéger.

 

Le mot de la fin

Un roman apocalyptique ! Outre une intrigue qui décape sévère, la force de ce roman c’est encore et toujours le style Obertone. Pas de langue de bois, pourtant une écriture qui m’accroche autant que dans Le Diable du ciel et Utøya.

Mon cher lecteur, tu vas prendre ta dose annuelle de violences dans ce bouquin. Je te préviens direct que ça va être difficile parfois, et si tu es un lecteur qui aime les balades bucoliques et les p’tites paquerettes, tu risques d’en ressortir un chouia traumatisé.

Sur ce, je vais prendre mon passeport et quelques affaires, et partir acheter une maison au fond d’un fjord islandais pour aller y élever des moutons, loin de toute civilisation…

La suite sera publiée le 26 septembre prochain, toujours chez Ring. La date est entourée en gros, en rouge, dans mon agenda !

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