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Comme des bleus – Marie Talvat et Alex Laloue

Toujours dans ma période « je veux lire des livres courts et j’en ai marre des pavés« , j’avoue qu’en ce moment je choisis mes lectures dans ma PAL en fonction du nombre de pages, et plus le livre est court, plus il a de chance de passer entre mes mains en ce moment ! De toute façon, s’ils sont dans ma PAL, c’est que le pitch me plaisait bien, donc je ne me soucie même pas du résumé avant de choisir ma lecture, ce qui permet de faire parfois de très bonnes surprises.

J’ai vu passer cet ouvrage l’an dernier sur la blogosphère, j’ai profité de le recevoir en format poche pour le découvrir, et la seule question qui m’est venue en tête c’est  » mais pourquoi ai-je attendu si longtemps pour le lire ! « . Vous comprenez donc que j’ai un ressenti très positif avec lui !

La particularité de ce livre est qu’il a été écrit à quatre mains, par un jeune couple, et qu’il est très différent des habituels polars qu’on a l’habitude de lire. Je sors à nouveau de ma zone de confort, même si je reste toujours dans le même genre, et j’adore ça !

Je vous parle aujourd’hui de Comme des bleus, de Marie Talvat et Alex Laloue, paru tout récemment en format poche chez Pocket.

L’histoire (4è de couverture)

Paris, novembre 2016.

Une scène de crime à écœurer le plus rompu des flics… Une jeune femme a été méthodiquement éventrée. Arsène Galien, dernière recrue du 36, vit là sa première affaire d’importance. Et tout serait plus simple si la voisine de la victime, une jeune journaliste en herbe, n’était pas si craquante…

Outre un désir palpabe, ces deux-là partagent ce sentiment d’imposture propre à leur génération, celle qu’on appelle « Y » et une certaine propension à faire du zèle.

De quoi embrouiller toute l’enquête, tête baissée dans tous les pièges – comme des bleus

Un polar authentique !

Le livre débute de manière très simple, par la découverte d’un cadavre gravement mutilé, la scène de crime est d’une sauvagerie sans nom, et une équipe de flic est dépêchée sur place. Alors je vous entends d’ici, vous qui me suivez régulièrement : « ouiiiiiii, elle nous dit qu’elle en a marre du gentil polar classique, et elle s’extasie sur quoi ? Un polar, on ne peut plus commun ! » Que nenni mes chers lecteurs ! Parce que si l’intrigue reflète un certain classicisme, la forme, elle, change complètement de tout ce que vous avez l’habitude de lire et bon sang que j’ai pris mon pied !

Côté fond, Marie Talvat et Alex Laloue ont surtout mis l’accent sur l’enquête, sans aller très loin dans l’horreur et en ne versant pas dans le macabre : pas de passages de tortures ni d’assassinat, pas de détails trop glauques. Oui, la morte a morflé, oui, l’assassinat est franchement moche à voir, mais pas de voyeurisme ici.

Côté forme, et c’est là tout l’originalité de ce roman, le style d’écriture m’a absolument enchantée, les auteurs ont pris le parti d’écrire un polar, un vrai, bourré d’humour de par ses situations, les réflexions et dialogues des personnages, et par certains passages plutôt cocasses ! Sans jamais tomber dans le caricatural, c’est fin, intelligent, et terriblement crédible et humain. De quoi dérouiller vos zygomatique !

Et puis quand on décide de creuser un peu plus, on se rend compte qu’il émerge malgré tout quelque chose de plus sérieux, car si l’écriture se veut divertissante, elle n’en est pas moins très mature. Les deux auteurs portent un regard corrosif sur la société, sur cette génération Y aussi, génération dont je fais d’ailleurs partie. Je me suis beaucoup retrouvée dans certains passages, qui mettent des mots sur des maux de la société (elle était facile celle-là je vous l’accorde), et il en découle parfois des prises de conscience, que tu prends en pleine tronche, et qui me fait dire que derrière un roman à priori relativement simple, se cache quelque chose de bien plus percutant.

L’enquête est menée d’un double point de vue, le premier, celui des flics et du jeune enquêteur qui fait ses premiers pas au 36 Quai des orfèvres, le second, par le biais d’une jeune journaliste d’un petit canard qui peine à trouver sa place dans son journal. Ce qui fait aussi la force de ce livre, c’est l’aura incroyable qui se dégage des deux jeunes gens : leur naïveté, leurs erreurs ainsi que leur pugnacité en font des personnages humains, attendrissants et touchants, et malgré quelques facilités les concernant je les trouve franchement bien construits.

Côté polar, parce que c’est bien beau d’avoir des personnages sympathiques qui nous font marrer mais ça ne fait pas tout non plus, Marie Talvat et Alex Laloue ont à nouveau tout bon, car ils ont réussi à respecter les codes du polar tout en l’adaptant à leur sauce. Suspense, traque, tension, enquête qui piétine, et drame sont au rendez-vous. Dit comme ça, ça peut paraître un peu cliché, mais n’est-ce pas ce qu’on attend d’un polar finalement ?

Le mot de la fin

Il y a des livres dont on ne parle pas assez, celui-ci en fait partie !

Ami lecteur, toi qui as envie d’explorer de nouveaux horizons littéraires, laisse une chance à ce bouquin et fais lui petite place dans ta bibliothèque !

Parfait équilibre entre investigations, actions et passages plus légers, Comme des bleus est un roman court qui se lit d’une traite, idéal pour un moment de détente pendant les vacances qui approchent, et à un prix tout doux car il s’agit d’un livre de poche.

Marie Talvat et Alex Laloue soufflent un vent de fraîcheur sur le polar français, et quelque chose me dit qu’on n’a pas fini d’être étonnés, et enchantés, par la nouvelle génération d’auteurs français !

Je recommande plus que chaudement !

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