Editions Metropolis, Interview

Lumière sur… Frédéric Mars!

Totalement inconnu pour moi il y a encore un an, j’ai découvert Frédéric Mars grâce à son thriller Les marcheurs, publié à La mécanique Générale en mai 2018. Depuis, je suis presque à jour dans ma lecture de sa bibliographie de littérature noire, sous ses multiples identités d’ailleurs – sauf s’il ne m’en cache encore certaines =) -, et on va dire qu’il est ma plus belle découverte littéraire de ces 3 dernières années, depuis un certain Ragnar Jonasson.

Véritable caméléon en matière d’écriture, l’auteur revient avec La lame, publié chez Metropolis, et je l’ai découvert, à nouveau, sous un angle différent. J’ai terminé hier ma lecture de son dernier opus, je publierai ma chronique demain car j’ai bien du mal à trouver les mots nécessaires pour vous en parler correctement.

Comme à chacune de mes interviews, l’auteur vous parlera un peu de lui, et beaucoup de son travail d’écriture et de son dernier roman.

Lumière sur Frédéric Mars.

  • Bonjour Frédéric, la traditionnelle première question, peux-tu te présenter pour les lecteurs qui ne te connaissent pas encore stp ?

Pour prendre une référence qui parlera aux innombrables fans de Games of throne, je suis un peu le « sans-visage » de littérature populaire, multi-noms, multi-genres, multi-sagas, de préférence jamais là où on l’attend. Je suis un peu le Arya Starck de l’édition, quoi ! J’ai donc publié d’assez nombreux ouvrages sous des noms et dans des styles très différents. Néanmoins, mes romans les plus connus sont Les marcheurs (La Mécanique générale 2018) ou le Manuel du serial killer (Pocket, 2015).

 

  • Peux-tu nous parler de La lame, ton nouveau roman, qui est paru cette semaine chez Metropolis ?

Comme moi, c’est je pense un roman assez difficile à classer. S’il faut absolument le faire rentrer dans une case, je dirais qu’il s’agit malgré tout d’un thriller. Le point de départ pourrait même laisser penser à un polar assez classique : un flic revenu de tout, un corps de prostituée noire retrouvée déchiquetée dans une cité de Marseille, une enquête sur un réseau de trafic de drogue et de prostitution à démanteler… Mais ça, ce n’est que l’un des trois points de départ de mon récit, qui se déroule dans un futur proche, en 2031. J’invite par ailleurs mon lecteur à suivre le président de la République française de l’époque, un certain Bako Jackson, fils d’émigré nigérian, le « Obama français », en but à divers scandales. Et enfin un modeste instituteur de Lagos, la capitale du Nigéria, propulsé à travers l’Afrique par une vague-submersion, avec quelques dizaines d’autres milliers de réfugiés climatiques. Ces trois histoires ne vont pas tarder à se croiser, de manière… très tranchante !

  • Comment as-tu géré l’écriture d’un roman aussi complexe, avec autant de ramifications, de lieux et de personnages différents ?

Comme à chaque fois, j’ai établi un script très détaillé, mais dont la première étape a consisté à déployer ces trois axes narratifs sous la forme de post-it répartis en trois colonnes dans un grand cahier. J’avais déjà procédé comme ça pour Les marcheurs, lui aussi assez touffu.  C’est le seul moyen de s’y retrouver quand on échafaude une intrigue aussi ramifiée. Par ailleurs, en cours d’écriture, je tiens un « journal de bord » de mon roman, où je note tout ce que j’ajoute sur chaque personnage, afin de ne pas m’y perdre moi-même. Pour finir, il y a eu un assez gros travail de relecture avec mon éditrice, Laura, pour traquer les incohérences ou éventuels « trous » dans certaines lignes du récit.

  • J’imagine à quel point on doit se sentir vidé en tant qu’auteur, quand on écrit le point final d’un livre aussi complexe ! 

Oui, c’est éreintant, mais c’est aussi tellement exaltant que j’ai mis pas mal de temps à m’en sortir. D’ailleurs, dans un demi-sommeil, il m’arrive encore, malgré moi, de repenser à certaines articulations de mon récit. Que ce livre rencontre du succès, peu importe, je pense que moi il va me hanter encore longtemps. D’ailleurs, j’ai eu un change intéressant à ce propos avec Mattias Köping, qui m’a confié avoir connu un peu le même phénomène de « rémanence » avec son génial Le manufacturier. En tant qu’auteur, on ne s’extrait pas facilement de telles mécaniques narratives, car elles nous mobilisent totalement me semble-t-il.

  • La lame est un roman inclassable, à mi-chemin entre le thriller politique et le roman d’anticipation, à quel type de lecteur s’adresse-t-il ?

Aux lecteurs de thrillers et de polar en premier lieu, mais un peu à tout le monde je pense, car il aborde des sujets de société extrêmement actuels et qui nous concernent tous (les réfugiés climatiques, l’immigration clandestine, les réseaux qui exploitent les migrants, la gestion de ces sujets par les politiques, les tentatives de certaines puissances internationales pour en déstabiliser d’autres, etc.). Par ailleurs, je crois sincèrement qu’il n’y a dans mon roman aucun parti pris idéologique. Donc je pense que, quelles que soient les opinions du lecteur sur les sujets en question, il peut entrer dans mon histoire sans réticences. Sans trop survendre mon livre, je pense même qu’il y a pour nous tous un peu de vertige à se projeter dans ce futur si proche et pourtant si incertain.

  • Pour quelles raisons as-tu choisi de situer ton intrigue dans les années 2030 ?

Parce que, selon les projections démographiques les plus récentes, les problèmes que je décris pourraient (hélas !) se produire à partir de ces années-là.

  • Tu es un auteur aux multiples facettes, et je t’ai découvert cette fois avec une violence que je ne te connaissais pas encore !

Je pense que les réalités que je décris dans ce roman sont violentes par nature. Je n’ai donc pas cherché à en rajouter pour le plaisir, car en effet je recours rarement à des actions ou descriptions violentes. Mais quand on parle de traite humaine, de réseaux mafieux, ou d’exactions sur les migrants, c’est difficile de totalement occulter ces aspects-là.

  • Je te laisse carte blanche pour clôturer cette interview !

Je remercie par avance les lecteurs qui me suivront dans cette entreprise périlleuse et un peu folle qu’est La lame ! 😉

 Je te remercie infiniment d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

2 réflexions au sujet de “Lumière sur… Frédéric Mars!”

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