Editions Albin Michel, Polar/thriller français

De bonnes raisons de mourir – Morgan Audic

J’étais quelque peu frileuse à l’idée de commencer ce roman, car même si j’aime voyager dans mes lectures, on ne va pas se mentir, l’Ukraine, et Tchernobyl, ça ne fait pas forcément rêver mon âme de voyageuse ! Ajoutez en plus que j’ai un Monsieur Serial Lecteur qui bosse dans le nucléaire, que j’en entends déjà bien assez parler à la maison à mon goût, voilà quoi ! Les certitudes étant faites pour être bousculées, cette lecture s’est révélée proche du coup de cœur !

Je vous parle aujourd’hui du dernier roman de Morgan Audic, De bonnes raisons de mourir, publié chez Albin Michel.

P.S. N’oubliez pas de prendre votre p’tit cacheton d’iode par contre, c’est plus prudent !

L’histoire (4è de couverture)

Un cadavre atrocement mutilé suspendu à la façade d’un bâtiment.

Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante.

Deux enquêteurs, aux motivations divergentes, face à un tueur fou qui signe ses crimes d’une hirondelle empaillée.

Et l’ombre d’un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé…

Morgan Audic signe un thriller époustouflant dans une Ukraine disloquée où se mêlent conflits armés, effondrement économique et revendications écologiques.

Atmosphère, atmosphère !

Mais quelle ambiance dans ce bouquin ! Quelle ambiance poisseuse devrais-je dire ! Ce bouquin, c’est le roman de la déprime et de l’angoisse, et pour cause ! L’auteur nous fait évoluer auprès de ses personnages dans la très surveillée zone contaminée de Tchernobyl, auprès d’une équipe de flics qui doivent enquêter sur le meurtre sauvage du fils d’un oligarque et ancien ministre. Le cadavre du jeune homme est retrouvé mutilé, et suspendu sur le balcon d’un des immeubles de Pripiat, une célèbre ville fantôme proche de la centrale, par un groupe de touristes en mal de sensations fortes. C’est donc une vraie enquête policière que nous allons suivre, ou plutôt deux enquêtes, car il y aura bien évidemment l’officielle, réalisée par deux flics de Tchernobyl, mais également une enquête parallèle menée par une sorte de détective privé, payé par le père de la victime qui veut faire toute la lumière sur la mort de son fils et qui souhaite, surtout, le venger.

De bonnes raisons de mourir est un roman dense, quasiment 500 pages qui ne manquent pas de rebondissements, de piquant, de passages introspectifs et d’émotions multiples suscitées par les vies des personnages que nous suivons, des personnages qui sont travaillés en profondeur par l’auteur qui ne nous cache pas grand-chose de leur vie professionnelle et difficultés morales ou familiales.

Plus qu’un thriller !

L’histoire est ancrée dans la grande Histoire, l’ouvrage est largement documenté tant au niveau de la situation catastrophique dans lequel se trouve cette partie de l’Europe suite à l’explosion de la centrale en 1986, que sur le passé communiste de l’ancien bloc soviétique, ou encore sur toute la situation géopolitique et sociale de l’Ukraine et de la Russie. Plus qu’un polar, nous retrouvons l’âme slave avec tout ce qu’elle comporte comme clichés Ô combien réalistes. Vous évoluerez dans le monde où l’alcoolisme fait des ravages, où la peur des radiations et des contaminations est toujours aussi présente, vous côtoierez le combat de certains écologistes dans une zone abîmée pour des dizaines de milliers d’années, vous vivrez aux côtés de ces malades, toujours plus nombreux, de ces cancéreux et de ces gamins nés avec des déformations. L’auteur effleure également des sujets comme les violences conjugales, la prostitution, l’argent sale, les coupures de gaz que la Russie effectue en Ukraine, ce ne sont pas forcément des thèmes qui sont très approfondis, mais ils servent l’intrigue, nous immergent complètement dans cette fameuse ambiance dont je vous parlais tout à l’heure, et ils nous permettent également d’en apprendre énormément sur le quotidien de toute une partie de la population de l’Europe de l’Est.

Tous ces éléments vont s’entrechoquer, nous bousculer, venir parasiter l’enquête, vont apporter du corps à l’intrigue. Le côté polar est bien présent, les enquêtes sont au centre de tout, nous suivons leurs avancées mais aussi les difficultés rencontrées. On n’enquête pas dans ces pays, gangrenés par la corruption, par un passé communiste qui a laissé des traces indélébiles dans la mentalité de ces peuples, comme on enquêterait dans un pays comme le nôtre. Il faut composer avec les secrets, les documents perdus, volontairement ou non, les anciens services de renseignements, et il faut surtout composer avec cette peur, omniprésente dans tout le roman.

Le mot de la fin

De bonnes raisons de mourir est le genre de livre qui vous laisse un vide une fois terminé, et qui fait que j’ai eu besoin de quelques jours sans lecture pour passer à autre chose (ça tombe bien, j’étais en Italie !). Ce n’est pas un simple polar que vous lisez, c’est bien plus que ça !Voilà une excellente lecture, les avis sur la blogosphère sont d’ailleurs unanimement positifs, et je ne peux que vous en recommander sa lecture pour cet été !

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