Interview

Lumière sur… David Coulon !

Je vous ai parlé la semaine dernière d’un auteur que je suis depuis environ 5 ans, et que je suivrais jusqu’en Enfer tant je suis fan de ce qu’il écrit, l’heure est venue aujourd’hui de le découvrir de manière un peu plus personnelle aujourd’hui.

Vous êtes prêts ?

Lumière sur… David Coulon !

 

 

  • Bonjour David, peux-tu te présenter aux lecteurs qui ne te connaissent pas encore stp ?

Bonjour Anaïs. Et bien, par quel bout commencer ? La quarantaine passée, auteur de polars, mais aussi de pièces de théâtre pour adultes et enfants (si, si). Je suis psychologue, et travaille également comme metteur en scène de théâtre. J’aime décortiquer l’âme humaine. Ca m’intéresse bien plus que l’action, c’est un préalable, le déclencheur du thriller ou du roman noir.
L’esprit, le trouble, le moment où le cerveau bascule. Après seulement viennent l’action, le suspens, le dérèglement général, le bordel, le chaos, le suspens.

  • Peux-tu nous parler de Trouble passager, ton dernier roman publié ?

Il s’agit d’un roman sur les différentes facettes des individus. Le côté sombre et le côté passe-partout. Le côté victime et le côté bourreau. Ces deux facettes que nous « utilisons » inconsciemment ou pas, jour après jour, dans nos interactions avec les autres. C’est un sujet passionnant, car on ne sait jamais vraiment à qui on a affaire. On ne peut jamais vraiment avoir confiance ni en l’autre . Ni même en soi. On joue des rôles en fonction de ce que l’on désire, de nos souffrances, et de ce que veut faire subir à l’autre. Pour le roman, je mets en scène une ado qui séquestre un présumé pédophile. Or, on ne sait pas si cet homme l’est réellement ou si l’ado n’est pas complètement timbrée. Ou si tout s’entremêle. Cette situation toute simple me permet de creuser le fond de l’âme humaine. Sous toutes les coutures. Avant les points de suture qui rendent acceptables les individus en sociétés. Lisses, sans failles.

  • Tu exerces en tant que psychologue, est-ce que ton métier et les situations que tu vis dans
    l’exercice de ta profession, sont source d’inspiration dans ton écriture ?

Je scinde totalement les deux univers. Les gens qui viennent me voir ne verront jamais exposer leur situation même romancée, dans mes bouquins. En revanche, les théories psychologiques m’inspirent, bien entendu, pour construire des personnages cohérents.

  • Comment en es-tu venu à l’écriture ? Comment gères-tu ta vie professionnelle et ta carrière d’écrivain ?

J’écris depuis que je suis tout petit. Des poésies tout d’abord, puis des adaptations théâtrales de nouvelles. Tout s’est fait naturellement. Pour gérer les deux à la fois ce n’est pas compliqué, car l’écriture est une passion, un besoin, une addiction. Donc je trouve toujours du temps pour écrire et discuter avec les lecteurs.

  • Derrière l’étiquette « thriller », tes livres sont toujours le prétexte de développer quelque chose de beaucoup plus complexe…

Oui, le genre est un prétexte. Le polar a toujours dit des choses sur la société, sur les individus. On racle les fonds de tiroir du mal-être. Daeninckx parle de « romans de la ville et des corps en souffrance ». Je me retrouver assez dans cette définition. Et puis, outre le fond, il y a le plaisir du suspens. Je suis un fan de séries B, du ciné d’horreur à pop corn, j’adore avoir peur et faire peur, rester suspendu, page après page. C’est une mécanique palpitante.

  • Tes personnages vivent tous une véritable descente aux enfers suite à un enchaînement de mauvaises décisions qu’ils prennent, qu’est-ce qui te plaît tant, dans le fait de développer une intrigue autour de cette espèce de cercle vicieux dans lequel ils se retrouvent prisonniers ?

On a tous pris des mauvaises décisions dans notre vie. Elles ne s’avèrent d’ailleurs mauvaises que lorsqu’on en subit les conséquences. Avant, on ne sait pas. Ce sont de « simples » décisions. Seuls des regards extérieurs peuvent dire qu’elles sont « mauvaises ». Et parfois, on prend volontairement de mauvaises décisions, car l’interdit nous attire. Mes personnages sont paumés, cabossés, et ils prennent des décisions conformes à leur état psychologique du moment. Cela peut paraître au lecteur au premier abord. Ce que j’essaye de faire, c’est d’entraîner peu à peu les lecteurs dans la logique de ces personnages qui ne vont pas bien, et les enfermer peu à peu dans leur univers mental et social. Ce qui me plaît, c’est de tenter de faire entrer la « petite voix » de ces personnages dans le cerveau des lecteurs (c’est pourquoi j’essaye d’avoir une écriture « orale »), afin que les lecteurs s’identifient au monstrueux, au dangereux, à l’improbable. Si j’y arrive, logiquement, ça doit devenir angoissant et oppressant pour celui qui lit sans trop qu’il ne comprenne pourquoi. Voilà pour le secret de « fabrication ».

  • Je te laisse carte blanche pour clôturer cette interview !

Merci à toi pour ton interview, et tes retours sur mes bouquins ! Et RDV à toutes et tous très vite ! Venez à mes dédicaces en criant « Anaïs », vous aurez un cadeau. Si, si !

Merci David d’avoir répondu à mes questions !

 

Pour aller plus loin, rappel de mes chroniques : 

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