Déceptions, Polar/thriller français

La dernière chasse – Jean-Christophe Grangé

La rupture entre Jean-Christophe Grangé et moi est officiellement consommée. Je n’arrive plus à accrocher aux bouquins de celui que j’ai longtemps considéré comme le Maître du thriller en France. J’avais déjà été hyper déçue l’an dernier, et le mot est faible, par La terre des morts, c’est à nouveau un naufrage, cette fois avec La dernière chasse, et je pense que je vais m’arrêter là avec cet auteur et que je ne lirai plus ses prochaines parutions.Je vais encore me faire lyncher sur les réseaux sociaux, comme l’an dernier, en publiant cette chronique, mais je ne peux pas mettre de l’édulcorant sur un ressenti aussi négatif. Vous appréciez quand je déborde d’enthousiasme pour un bouquin, alors il faut aussi accepter quand je pousse un coup de gueule quand ma lecture m’a fortement déplue. Comme d’habitude, je ne prétends pas avoir la science infuse en matière de ressenti, je ne dirais jamais qu’un bouquin est naze et qu’il ne faut pas le lire, mais je vais vous expliquer ce qui moi, m’a posé problème.Je vous parle aujourd’hui de La dernière chasse, de Jean-Christophe Grangé, paru aux Editions Albin Michel.

L’histoire (4è de couverture)

En Forêt-Noire, la dernière chasse a commencé… Et quand l’hallali sonnera, la bête immonde ne sera pas celle qu’on croit.

Pas convaincue par le fond…

Je partais sans à priori négatif dans ma lecture, malgré le rendez-vous manqué l’an dernier entre La terre des morts et moi. Après tout, même si je suis une grande lectrice de l’auteur, je me disais qu’il était tout à fait possible que ça soit un accident de parcours et que finalement je retrouverais ce qui a fait que j’ai tant aimé découvrir cet auteur.L’histoire commence de manière très classique, un policier proche de la retraite, qui a semble-t-il vécu une mise au placard suite à un événement malheureux survenu dans sa carrière, se retrouver à enquêter avec une jeune fliquette sortie première de l’école de police et au tableau professionnel brillant. Là j’ai un gyrophare qui s’allume dans ma tête, c’est quand même vachement cliché tout ça, mais bon, je passe, et je poursuis… Je rentre sans trop de difficulté dans l’intrigue, un meurtre intervient rapidement, et l’enquête se met en place dès les premières pages. Et puis rapidement, je trouve que ça manque de dynamisme, que ça manque de rythme et d’action. Certains passages n’apportent pas grand chose à l’histoire, je commence à trouver le temps long et me demande si je vais réussir à aller au bout des 400 pages. Et puis je commence à sauter des paragraphes entiers, c’est mauvais quand je commence à sauter des paragraphes… Mon intérêt s’étiole au fil des pages, jusqu’à la seconde partie qui intervient après la deux-centième page. Et là j’ai comme un p’tit coup de fouet, mon intérêt repart quelques temps et finalement je plonge à nouveau dans l’ennui, et on me perd… J’ai trouvé ce bouquin finalement tellement commun que je n’ai pas réussi à continuer.Nous évoluons, comme le titre l’indique, dans l’univers de la chasse en Allemagne. Nous côtoierons des univers très différents, passant de celui des milliardaires, héritiers d’un empire financier, par un groupuscule nazi, ou encore les flics allemands qui se mêlent aux flics français (qui sont les deux personnages principaux du livre). Ces milieux ont pour particularité d’être très fermés, forcément l’enquête prend du temps et les langues se délient difficilement…Le thème du sado-masochisme est à nouveau légèrement abordé, un peu moins présent que dans La terre des morts… Je trouvais déjà que ce sujet n’était pas exploité à fond dans le précédent, là il est à peine survolé et n’apporte aucune plus-value à l’intrigue, je me demande franchement l’intérêt d’en parler d’ailleurs.Bref, vous l’aurez compris, pas convaincue par le fond…

Ni par la forme !

Habituellement même quand l’intrigue me branche moyennement, j’accroche vraiment à l’écriture de Grangé. C’est très compliqué pour moi de vous expliquer ce qui ne m’a pas plu sans tomber dans le jugement de valeur et le dénigrement, que je m’interdis de faire parce que je respecte tout travail d’écriture, même quand il ne me convient pas.Je peux tolérer une certaine fragilité dans l’écriture d’un jeune auteur qui vient de publier son premier roman, je ne peux pas accepter le genre de phrases que je vais vous citer, de la part de Jean-Christophe Grangé. Florilège :« S’était-il ramolli avec l’âge ? Ou fondait il comme une noix de beurre dans une poêle face à la comtesse ? »– « Ivana se sentit rougir. Elle avait travaillé dessus, mais rien n’y faisait : au moindre compliment, elle passait en mode bouillotte. »– « S’éloigner le plus possible de son passé, fuir à toutes jambes le trou noir qui m’avait crachee au monde à la manière d’un noyau de prune. »– « elle se lavait toujours à la japonaise, 42 degrés sinon rien, et ne sortait de là qu’une fois rose comme un cochon de lait sur sa broche. »Je veux bien accepter le non conventionnel, les écritures différentes, que j’admire d’ailleurs car elles me sortent de ma zone de confort, j’accepte totalement les univers différents, de même que je suis ouverte aux traits d’humour potache dans mes bouquins même quand il s’agit d’un thriller. Mais là, pour moi, ça ne se passe pas, et je me demande comment il est possible que l’auteur qui a écrit des quasi chefs-d’œuvre comme La ligne noire et La forêt des mânes, puisse écrire ce genre de tournures. Alors oui, vous allez me dire « Sorti du contexte, on ne peut pas juger ». Je suis d’accord avec vous, mais personnellement ça m’a posé problème dans ma lecture, surtout si je dois comparer, encore une fois, ce livre à d’autres plus anciens de Grangé.

Le mot de la fin

Que dire de plus, à part que je suis infiniment triste de me retrouver à ce stade avec un auteur que j’ai chéri et qui m’a fait découvrir le polar français, il y a bien des années… ça ne passe pas, ça ne passe plus, du tout… J’en suis à me demander si je ne vais pas relire La forêt des mânes ou La ligne noire pour voir si ce sont mes goûts de lecture qui ont changé ou si c’est l’auteur qui a pris un tournant radical auquel je n’adhère pas.Bref, comme à chaque chronique négative, je vous dis « ne m’écoutez pas, si la quatrième de couverture vous tente, allez-y ! » Faites-vous votre propre opinion, lisez-le, et j’espère que ça se passera mieux entre lui et vous qu’avec moi. N’hésitez pas à me donner votre ressenti lorsque vous l’aurez lu !

15 réflexions au sujet de “La dernière chasse – Jean-Christophe Grangé”

    1. Merci beaucoup pour ton message ! Je t’avoue que c’est pas facile de ne pas tomber dans le jugement de valeur quand on n’a pas aimé un bouquin, mais j’espère ne vexer personne, ce n’est pas le but. Mais je ne souhaite pas que mon blog ne comporte que mes avis positifs de lecture… Je tiens plus que tout à ma liberté de dire ce que je pense, que ça soit de manière très enthousiaste, ou en colère comme ça a pu être le cas tant le livre ne m’a pas plu !

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  1. Je pense que même lorsque l’on descend un bouquin, si les explications, le raisonnement, le ressenti derrière est sincère, c’est bien de l’exprimer.
    Alors autant on adore lorsque tu trouves les bonnes formules pour nous asséner les meilleurs côtés des pépites que tu lis, autant on adore aussi lorsque tu trouves à redire sur un livre qui t’a déçu, en nous montrant de quelle manière t’a-t-il déçu. Et c’est fortement louable.
    Bravo Anaïs !

    Et pour JCG, je pense comme toi. J’adorais ses anciens et je n’ai pas lu ses récents. Ça a été mon premier auteur de thriller lu. Et ça me fait un p’tit quelque chose de lire ça, mais ça me conforte aussi dans mon choix que j’avais aperçu dans Kaiken de passer à d’autres auteurs qui sont pétris de talents et dont les mots coulent à flots pour nous procurer les pires maux.

    Amicalement 🙂

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    1. Un grand merci pour ton message Chris ! C’est vraiment pas facile de rédiger un article négatif sans tomber dans le jugement de valeur, et j’essaie de le faire en respectant l’auteur même si je n’ai pas aimé son livre.

      Concernant JCG, j’avais vraiment aimé Kaïken, ça a été mon premier de lui et j’ai enchaîné avec ses plus anciens par la suite et j’avais beaucoup accroché… Mais depuis deux opus, ça ne le fait plus, et franchement je ne pense pas lire le prochain…

      Je t’embrasse 🙂

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  2. Je change régulièrement d’auteur pour m’éviter ce type de lassitude. Je crois que quand on lit un super bouquin, nous avons tendance à placer la barre haute par la suite 😋. Je suis très en retard sur la bibliographie de Grangé pour tout dire. Merci pour ta chronique.

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  3. Celui ci et les 3 à venir ont été imposé par l’éditeur suite à la série avec Olivier Marchal sortie il y a peu. Déjà, là, j’ai un problème : comment peut-on écrire « sous contrainte » ? Je n’avais pas prévu de le lire, ni les 3 suivants pour cette raison la. Ta chronique ne m’étonne pas vraiment… même si j’avais bcp aimé La terre des morts

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  4. Bonsoir, je suis tout a fait d’accord avec vous et ce surtout en relisant votre post sur LA TERRE DES MORTS. Je m’accroche a continuer ma lecture, car c’est JC Grangé (ME..DE) mais je n’accroche pas du tout et ma lecture me dérange même ( super!!!!) je vous tiens au courant de mon verdict….. mais je vous comprend.
    Mariemarmottes

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  5. Je ne connais pas cet auteur puisqu’il y a encore 2 ans je ne lisais ni polar ni thriller, donc je suis novice, mais j’aimerai bien savoir, si jamais tu relis La Forêt des mânes ou La ligne noire, ce que tu as ressentis dans cette seconde lecture, car je pense en effet, qu’avec les années, nous changeons aussi en tant que lecteur, et si ça se trouve c’est toi qui n’apprécies plus son écriture?
    Je suis vraiment curieuse de savoir.
    Je viens de relire un livre que j’avais adoré il y a 20 ans (oui c’est très très vieux).. Un très gros coup de cœur de mon adolescence et j’ai été surprise de ne pas avoir vraiment aimé… alors oui, là il y a énormément d’années qui sont passées, mais j’ai un autre exemple, il n’y a pas si longtemps j’étais totalement fan d’une collection, et là, ça fait plusieurs lectures que je ne m’y retrouve absolument plus. J’ai changé.
    Cependant, cela peut aussi venir de l’auteur évidement (même très probable) mais voilà … Suspense ..

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    1. Il faudrait effectivement que je prenne le temps de les relire, mais j’ai une PAL tellement énorme ! Un ami à moi, celui qui m’a initiée aux polars français, en est au même point que moi avec cet auteur, alors qu’il l’adulait, comme moi…

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    1. Alors, j’en ai lu un de cette auteure, et j’avais bien apprécié ! Je crois que j’ai son dernier dans ma liseuse, je le lirai sans doute cet automne !
      Je prône le droit de dire ce que je veux de mes bouquins, en restant malgré tout respectueuse de l’auteur, mais je ne souhaite pas que mon blog ne comporte que des avis positifs 🙂

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