Coup de coeur, Editions La Martinière

Diskø – Mo Malø

9 mois à l’attendre.

48h pour le lire.

Quelques lignes pour que mon cœur de lectrice chavire.

400 pages pour un grand coup de foudre.

Je vous parle aujourd’hui de Diskø, deuxième ouvrage de Mo Malø, paru ce jour aux Editions La Martinière.

L’histoire (4è de couverture)

Que peut le meilleur des flics quand une enquête en vient à ébranler sa raison ?
Sous la beauté impassible des paysages du Groenland couvent les passions les plus noires.

L’inspecteur danois Qaanaaq Adriensen ne pensait jamais s’habituer aux rudesses du climat groenlandais. Cela fait pourtant sept mois qu’il officie sur la grande île blanche, comme chef de la police locale. En compagnie de son adjoint, l’Inuit Apputiku Kalakek, il trompe son ennui en jouant à la roulette groenlandaise. Jusqu’au jour où, dans la baie touristique de Diskø, un cadavre est retrouvé, figé dans la glace d’un iceberg.

La victime n’est pas tombée : elle a été piégée vivante. Qui pouvait concevoir une haine assez puissante pour lui infliger une fin aussi cruelle ?

Au milieu des icebergs à la dérive, Qaanaaq, flic cabossé, tente de garder le cap. Mais il est bientôt rattrapé par un deuxième meurtre, qui le touche en plein cœur – et menace de faire vaciller sa propre raison.


Mon année littéraire 2018 a été marquée au fer rouge par un ouvrage venu du froid, Qaanaaq, et depuis que j’ai tourné la dernière page de ce livre qui a fait partie de mes plus belles découvertes de ces dernières années, je n’ai eu de cesse d’attendre la suite – et accessoirement d’en parler d’harceler tous les lecteurs qui me suivent pour qu’ils le découvrent à leur tour.

Vous dire que j’étais angoissée de le découvrir est un euphémisme, parce qu’après avoir autant été sous le charme d’un bouquin, je me disais que c’était impossible que l’auteur réussisse à faire aussi bien, voire mieux.

Et bien, il l’a fait.

J’aurais bien envie de vous dire simplement « faites-moi confiance, et achetez-le », mais j’ai bien conscience qu’il va falloir que je sois un peu plus prolixe pour être convaincante.

 

Bon Anaïs, et sinon, concrètement ?

Oui, oui, oui, je sais, vous voulez du concret… Mais moi le concret et l’objectif, quand je n’arrive pas à canaliser mon enthousiasme au sujet d’une lecture, j’ai bien du mal !

Alors, Diskø, c’est quoi ? Eh bien, c’est un peu Hibernatus au pays des ours polaires. On assiste, aux côtés de riches touristes, à la découverte du cadavre d’un homme enfermé dans un iceberg, et qui flotte dans les eaux turquoises, limpides et glaciales du grand nord comme un glaçon flotterait dans votre verre de Curaçao. L’inspecteur Qaanaaq est dépêché sur place, et l’enquête se met rapidement en place, dès les premières pages. A ses côtés, on retrouve certains personnages rencontrés dans le premier tome, notamment Appu, avec qui il fait équipe, et c’est ensemble qu’ils vont mener cette enquête qui les obligera à se déplacer dans divers endroits de l’île, et qui les mettra face à une véritable course contre la montre. On ne mène pas des investigations au Groenland, comme on les mènerait sur un meurtre commis en pleine ville, ça prend plus de temps, tout est plus long faute de moyens et de ressources suffisants, mais aussi en raison de l’éloignement.

Certains ont pu reprocher à Qaanaaq de mettre du temps à se mettre en place, côté rythme on est dans un gros cran supérieur ici. Le premier tome d’une série sert toujours à poser de solides bases, autant au niveau des personnages qu’au niveau de l’environnement dans lequel ils évoluent. Si dans le premier tome, Mo Malø s’est attaché à planter solidement son décor dans ce pays relativement méconnu des lecteurs, en nous faisant découvrir sa culture inuit, ses mythes, ainsi que sa situation géopolitique avec le Danemark, dans Diskø il fait la part belle à l’enquête policière, sans pour autant mettre de côté ce qui a fait la force de Qaanaaq et qui a fait que je l’ai autant aimé, c’est-à-dire son ancrage dans les paysages absolument fascinants du Groenland. On est ici dans un vrai bon thriller qui déménage avec son lot de cadavres, de rebondissements, et d’investigations poussées qui impliqueront autant les personnages que les lecteurs. J’ai d’ailleurs terminé mon bouquin avec le cœur au bord de lèvres et le palpitant en tachycardie tant l’auteur a maintenu son suspense jusqu’au bout !

Alors le suspense, c’est bien, mais un bon polar n’est rien sans ses personnages. Je vais m’attacher ici à ne parler que de Qaanaaq, car il est le personnage principal et parce que je vais vous perdre si je rédige un article trop long… Nous avons fait sa connaissance dans le livre éponyme paru l’an dernier, et je suis enchantée de le retrouver à nouveau. Qaanaaq, c’est ce personnage au lourd passé, à la vie un peu cabossée et qui a réussi à prendre ses marques dans son nouvel environnement, quelques mois après s’être installé au Groenland. On découvre ici un personnage plus mystérieux qu’il n’y paraît, avec ses forces et ses qualités d’enquêteur, mais également une fragilité qu’on devinait à peine et qui va prendre beaucoup de place ici, donnant un caractère très humain au flic qu’il est. Il est un personnage charismatique, au leadership naturel, et à l’esprit d’équipe qui ne fait pas de lui un héros, mais qui le rend au contraire profondément attachant et vrai.

 

Et le style, ça donne quoi ?

Il y a des écritures qui réussissent à m’embarquer dès les premières pages dans un livre, celle de Mo Malø en fait partie. Il m’a kidnappée dès le prologue, pour me relâcher 400 pages plus tard, un peu groggy et avec un sentiment de vide qui me donne à penser que je suis victime du Syndrome de Stockholm (rires !).

La particularité du style de l’auteur, est qu’il mêle habilement enquête policière et sujets sociétaux, sans pour autant laisser de côté une certaine recherche dans les mots choisis, donnant une consonance très littéraire à ce polar. Les émotions se dégagent de cette écriture à fleur de peau, vous vivez à travers votre lecture les mêmes angoisses que les personnages, vous observez à leurs côtés le paysage environnant qui prend toute la place, devenant une sorte de personnage immatériel. L’homme n’est rien face à la nature et à nouveau, on retrouve le poids de cet environnement hostile. Encore une fois, j’ai aimé découvrir à travers lui les fabuleux paysages dans lesquels évoluent les personnages, et j’ai un peu le sentiment que Mo Malø, c’est un peu notre Arnaldur Indridason à nous, en France.

 

Le mot de la fin

Magistral, magnifique, merveilleux Diskø. Je suis partagée par la joie d’avoir enfin pu le découvrir, et par le vide qu’il va me laisser pendant quelques temps le temps que je m’en remette.

Mo Malø, tu es un grand auteur, tu as de l’or au bout de ta plume et tu insuffles un peu de magie dans le thriller français.

Si vous avez aimé Qaanaaq, vous serez envoûté par Diskø. Il n’est pas forcément nécessaire d’avoir lu le précédent pour lire celui-ci MAIS ça serait vraiment dommage de s’en passer, d’autant plus qu’il est paru il y a quelques jours en format poche aux Editions Points (et qu’en plus il fait partie de la sélection pour le Prix du Meilleur Polar aux Editions Points).

Et maintenant, j’attends le troisième !

 

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