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Blood orange – Harriet Tyce

Je vous entends d’ici « encooooore un thriller domestique » ! Et oui mais moi j’ai mes périodes comme ça…

Blood orange est sans doute le thriller psychologique le plus abouti, et celui qui m’a le plus plu ces dernières semaines, depuis un certain Antoine Renaud avec son premier livre L’empathie (du même éditeur en plus).

Ici, ce n’est ni le thème, ni l’écriture qui est révolutionnaire, c’est plutôt la façon dont l’auteure les aborde.

Je vous parle aujourd’hui de Blood Orange, premier ouvrage de l’auteure Harriet Tyce, paru récemment aux Editions La Bête Noire.

L’histoire (4è de couverture)

Alison Wood est avocate pénaliste. À mesure que sa carrière décolle, sa vie familiale se dégrade : elle passe ses journées à plaider et ses soirées dans les bars pour décompresser. Patrick, un collègue avec qui elle entretient une liaison toxique, souffle le chaud et le froid et l’humilie tout autant qu’il se sert d’elle. Pourtant, Alison n’arrive pas à décrocher.
Quand Patrick lui confie sa première affaire de meurtre, elle se plonge dans l’histoire de sa cliente, Madeleine, qui a poignardé son conjoint d’une quinzaine de coups de couteau. Au fil de leurs entretiens, Madeleine se livre : son mari diluait la pilule contraceptive dans son thé, examinait toutes ses dépenses, prenait toutes les décisions…
Petit à petit, leurs deux vies se font écho. Qui contrôle qui ? Et si, avant de défendre les autres, Alison commençait par se défendre elle-même ?
Un thriller addictif.
Un style ultra-efficace.
Un twist final explosif.

Une psychologie des personnages poussée à l’extrême

La première question que je me suis posée est : comment est-il possible d’aimer autant un livre, au point de le lire en une journée d’une traite, et de ressentir une aussi grand aversion envers son personnage principal que nous côtoierons durant plus de 350 pages ?

Ce personnage, c’est Alison. Elle est au centre de tout : avocate pénaliste à la belle réussite professionnelle, c’est en grande partie elle qui a fait vivre sa famille après que son mari ait perdu son boulot, elle est la maîtresse d’un de ses collègues qui s’en sert uniquement pour assouvir ses besoins de parties de jambes en l’air brutales. Elle imagine le monde à ses pieds, sa famille, ses enfants, ses amis, et son quotidien oscille entre un besoin perpétuel de se bercer d’illusions et réconfort passé dans les verres d’alcool. Aucune volonté de se sortir d’une situation difficile, aucune remise en question. Dans le fond, elle est plus à plaindre qu’à blâmer, car quand on gratte un peu son côté égocentrique à l’extrême, on se rend compte qu’elle cache une personnalité profondément malléable et faible, et on éprouve même comme une sorte de pitié pour elle, de la voir se ridiculiser ainsi. La narration faite à la première personne accentue encore ce sentiment de proximité avec elle, elle nous livre toute sa vie, nous prend à témoins de tous ses faits, gestes et pensées, ce qui n’a pas contribué à la rendre sympathique à mes yeux, j’avais plutôt une envie tenace de la secouer en lui hurlant « mais réveille-toi bordeeeeeel ! »

Notez que si je n’ai pas apprécié Alison, j’ai encore plus détesté son mari. Pervers narcissique confirmé et manipulateur au sommet de son art, il contribue en grande partie à enfoncer son épouse, en apparaissant aux yeux de tous comme le mari aimant et père dévoué.

Et l’amant, on en parle ? Parce que dans le genre salaud, il n’a finalement rien à envier au mari. Violent dans ses actes, dans ses propos, dans ses rapports, il se sert d’Alison comme d’un objet, il oscille perpétuellement entre le besoin de la rabaisser et de la rattraper pour qu’elle continue, encore et toujours, à subir ses assauts sexuels.

Le mot de la fin

Pour une première parution, c’est une franche réussite ! Si l’intrigue résonne de manière relativement classique, la particularité de Blood Orange réside dans le fait que c’est traité de manière moins conventionnelle que la majorité des thrillers domestiques, trop gentillets et trop axés « ménagère » à mon goût. Le ton employé ici est parfois cru, les mots choisis sont tranchants, certains passages sont dérangeants et rendent mal à l’aise en raison de la place de voyeur qu’on a en tant que lecteur.

Je recommande !

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