Editions La Martinière, Islandais, Non classé

La dame de Reykjavik – Ragnar Jonasson

La parution d’un nouveau livre de Ragnar Jonasson est toujours un événement pour moi dans mon année littéraire, vous savez à quel point j’affectionne cet auteur islandais, et il est forcément passé avant tous les autres livres de ma PAL qui attendaient, parce que les chouchous, c’est comme ça, ça passe devant tout le monde !

La dame de Reykjavik est paru en avant-première chez France Loisirs il y a quelques mois, mais j’attendais qu’il soit publié aux Editions La Martinière qui publient l’auteur depuis le début, car je suis une grande fidèle de cette semaine d’édition, et en plus ça aurait fait dépareillé dans ma bibliothèque si j’avais eu l’exemplaire d’autre éditeur, ah ah !

Ce livre marque une rupture avec la série Ari Thor (qui, je le rappelle, se compose de Snjor, Mork, Natt et Sott) et j’ai été très surprise qu’il soit aussi différent de la précédente série qui est publiée depuis bientôt 3 ans en France.

Alors verdict ? C’est juste après la 4è de couverture !

Je vous parle aujourd’hui du dernier livre traduit en français de l’auteur Ragnar Jonasson, La dame de Reykjavik, paru ce jour aux Editions La Martinière.

L’histoire (4è de couverture)

 » L’inspectrice islandaise Hulda Hermannsdóttir est la meilleure héroïne tragique que nous avons lue depuis longtemps.  » The Times

Hulda a tout donné à sa carrière. Mais en faisant toujours cavalier seul. Elle a beau être une des meilleures enquêtrices du poste de police de Reykjavik, à soixante-quatre ans, sa direction la pousse vers la sortie.

La perspective de la retraite l’affole. Tout ce temps et cette solitude qui s’offrent à elle, c’est la porte ouverte aux vieux démons et aux secrets tragiques qu’elle refoule depuis toujours. Et ses échappées dans la magnificence des paysages islandais, pour respirer à plein poumons la sauvagerie de son île, ne suffiront plus, cette fois.
Alors, comme une dernière faveur, elle demande à son patron de rouvrir une affaire non résolue. Elle n’a que quinze jours devant elle. Mais l’enquête sur la mort d’Elena, une jeune russe demandeuse d’asile, bâclée par un de ses collègues, va s’avérer bien plus complexe et risquée que prévu. Hulda a-t-elle vraiment pesé tous les risques ?

Conquise, charmée, envoûtée et… bouleversée !

J’aime les écrivains nordiques.

J’aime les écrivains qui savent se renouveler.

J’aime le rythme des enquêtes dans les polars venus du froid.

J’aime que l’atmosphère de ces polars-là prenne une place importante dans la construction du récit.

Et c’est pour toutes ces raisons que j’aime autant Ragnar Jonasson.

Pas besoin de lire la quatrième de couverture, je plonge dans les eaux abyssales et tumultueuses islandaises à chaque fois et je ne suis jamais déçue par cet auteur.

Jamais.

Même quand il écrit un livre complètement différent de sa précédente série et qu’il bouscule ses lecteurs, habitués au confort de retrouver les mêmes personnages, les mêmes lieux, la même construction d’intrigue.

Même quand il met le côté thriller pur et dur au second plan, pour voguer à mi-chemin entre littérature blanche et polar.

Même quand il égratigne mon petit cœur de lectrice me brise le cœur avec une histoire sombre, noire, empreinte d’une nostalgie si puissante que ça me fout le bourdon pendant 300 pages et me laisse, à la fin de ma lecture, avec une petite déprime tenace au fond de l’âme…

La dame de Reykjavik est sans doute l’ouvrage le plus noir de Ragnar Jonasson. Noir c’est noir, y a plus d’espoir ma pauvre Hulda ! Aucune lueur d’espoir, pas ou peu de rayon de soleil dans le ciel islandais de cette nouvelle héroïne dont nous faisons la connaissance ici. Chaque personnage porte en lui son lot de souffrances, de désespoir et de résignation. Les émotions transpercent les pages, il en faut du talent pour faire passer autant sentiments dans une écriture ! Impossible de rester de marbre face au destin bouleversant des personnages que nous allons suivre, ils ont un corps, une âme, leur psychologie est très fouillée ce qui fait qu’ils prennent vie sous la plume de l’auteur. Forcément on s’attache, on s’identifie, et on souffre un peu beaucoup aussi avec eux.

Hulda est au centre de tout, et elle est une héroïne tellement… islandaise ! à la fois amoureuse de son pays et de sa nature, en proie à un spleen qui semble caractériser une partie de la population de l’île, dont la carrière a été menée avec une détermination et à un acharnement sans faille et qui se retrouve aujourd’hui mise à la retraite forcée quasi sans préavisco. J’ai ressenti beaucoup d’empathie envers elle, parce que sa vie et sa sensibilité à fleur de peau m’ont bouleversée, parce que je me suis aussi beaucoup retrouvée en elle et dans son enfance cabossée. J’ai bien cru que j’allais devoir arrêter mon bouquin la mort dans l’âme, à la lecture de certains passages, tant ce qu’elle a vécu alors qu’elle était enfant a fait écho en moi.

Le poids du passé

Une des caractéristiques principales du roman est ce passé, omniprésent, qui pèse comme une chape de plomb sur l’intrigue.

D’une part, il y a ce sombre passé qui pèse et qui hante encore les personnages. On se remet de tout, et on repart, un peu de traviole, mais on repart quand même.

D’autre part, il y a le cold case, cette vieille affaire que notre héroïne décide de ressortir des tiroirs juste avant une mise à la retraite forcée. Et l’enquête, qui se met en place, difficile, tant d’années après : reconstituer les pièces du puzzle, retrouver les témoins, creuser, creuser, encore creuser, là où d’autres avaient abandonné, cédant à la facilité de conclusions trop hâtivement tirées. Et même si l’enquête n’est pas forcément mise au premier plan par l’auteur, il n’en demeure pas moins qu’elle est bien présente, avec son lot d’investigations, de mystères, de suspenses et de rebondissements.

Le mot de la fin

Sur le plan littéraire, je dirais que cet ouvrage est le plus abouti de l’auteur, parce qu’il se situe à la croisée de deux genres, celui du polar et celui du romanesque. La forme est travaillée, l’esthétique magnifiée, conférant une puissante consonance littéraire au texte. On découvre un auteur caméléon, capable de se fondre dans plusieurs genres et d’y évoluer avec une facilité déconcertante quitte à bousculer le lecteur et à le sortir de sa zone de confort. La dame de Reykjavik pourra aussi bien séduire les amateurs de thrillers, que les lecteurs de littérature blanche.

Du grand Ragnar Jonasson ! Je ne peux que vous le recommander !

A noter que vous pourrez retrouver l’auteur au Quai du polar cette année, je ne peux vous dire qu’une chose, j’ai hâte de le rencontrer !

2 réflexions au sujet de “La dame de Reykjavik – Ragnar Jonasson”

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