Coup de coeur, Editions La bête noire, Editions La Bête Noire Robert Laffon, Livre qui décoiffe ta tête de lecteur

L’empathie – Antoine Renand

Dans l’ascenseur de mon bâtiment de formation, une dame au visage bienveillant regarde le titre de mon livre pendant qu’on descend les 3 étages, son visage s’illumine tandis qu’elle me dit :
« Quel beau titre de livre !
– (rires) Oui alors euhhhh… On est sur du polar pur et dur, un vrai qui tabasse !
(un ange passe)…
Pour public averti uniquement… »
La dame me regarde d’un œil incrédule, et je pense qu’elle est soulagée d’arriver à destination et de sortir de l’ascenseur…

Bon, vous savez que je ne suis pas le genre de lectrice qui s’extasie pour rien et qui a des coups de cœur tous les deux bouquins, mais vous savez aussi que quand j’en ai un, je suis capable d’un enthousiasme débordant et sans limite. On n’est pas dans le coup de cœur cette fois non non non… on est bien au-delà, on est dans le coup de foudre, et ils sont encore moins nombreux à y avoir leur place (trois l’an dernier, si vous me suivez bien).

Je dégaine les catégories « Y a du level pour un premier bouquin », et « Livre qui décoiffe ta tête de lecteur sans te faire bouger de ton canapé », et je vous parle aujourd’hui du dernier né de La bête noire, L’empathie, d’Antoine Renand.

L’histoire (4è de couverture)

Vous ne dormirez plus jamais la fenêtre ouverte.

 » Il resta plus d’une heure debout, immobile, face au lit du couple. Il toisait la jeune femme qui dormait nue, sa hanche découverte. Puis il examina l’homme à ses côtés. Sa grande idée lui vint ici, comme une évidence ; comme les pièces d’un puzzle qu’il avait sous les yeux depuis des années et qu’il parvenait enfin à assembler. On en parlerait. Une apothéose. « 
Cet homme, c’est Alpha. Un bloc de haine incandescent qui peu à peu découvre le sens de sa vie : violer et torturer, selon un mode opératoire inédit.
Face à lui, Anthony Rauch et Marion Mesny, capitaines au sein du 2e district de police judiciaire, la  » brigade du viol « .
Dans un Paris transformé en terrain de chasse, ces trois guerriers détruits par leur passé se guettent et se poursuivent. Aucun ne sortira vraiment vainqueur, car pour gagner il faudrait rouvrir ses plaies et livrer ses secrets. Un premier roman qui vous laissera hagard et sans voix par sa puissance et son humanité.

Fulgurant coup de foudre !

Quand j’ai vu le post de l’éditeur sur Facebook qui disait qu’il l’avait lu en une nuit et qu’il était inlâchable, je me suis dit « ouais, ouais, forcément l’éditeur fait un teasing de dingue pour nous appâter, mais moi j’demande à voir ! » 🙂 . Je ne sais pas ce qui m’a poussé à le faire passer devant tout le monde, mais c’est un fait, aussitôt reçu, aussitôt commencé, et grand bien m’en a fait car, putain la vache, quel bouquin que voilà !

Vous le savez, j’aime les thrillers qui tabassent, ceux qui n’épargnent rien aux lecteurs, ceux dans lesquels l’auteur puise dans les bas fonds de l’âme humaine pour nous offrir une intrigue puissante, marquante et violente. Mes attentes de lectrices sauvages et barbares ont été servies, et je n’avais rien lu de tel depuis octobre dernier !

Il est question dans ce livre d’un thème très dur, sans doute celui que j’ai le plus de mal à aborder dans mes lectures, celui du viol. Quoi de pire qu’un viol ? Quoi de plus dévastateur que ça ? Comment se remet-on d’une agression sexuelle ? Autour de ce sujet et de l’enquête qui se dessine, le récit vous apportera son lot de scènes difficiles, sans tabou, sans rideau pour cacher ce qu’on ne voudrait pas voir. Certains passages sont à la limite du supportable, mais on ne tombe jamais dans le voyeurisme glauque et dégueulasse fait uniquement pour donner un peu de frisson à la ménagère en mal de sensations fortes. C’est cru, c’est violent, c’est flippant même tant c’est imagé, cinématographique et décrit avec justesse. Mais il y a un message à travers tout ça, et finalement plus que l’enquête et les viols, c’est une formidable leçon de vie qui se joue sous nos yeux. On prend alors un peu de hauteur et on se penche tour à tour chacun des personnages principaux.

Grâce à une construction narrative assez inédite, le livre est constitué de plusieurs parties, et quand on s’y attend le moins, alors qu’on est plongé jusqu’au cou dans l’enquête, on prend un peu de recul histoire de souffler un peu (tu crois toi que tu vas souffler ?!) et de découvrir de manière quasi chirurgicale la vie de nos différents protagonistes. La focale est donc mise sur un personnage différent à chaque fois : son passé sera décortiqué, ses failles révélées, sa psychologie fouillée, on assiste à des scènes abominables, à des introspections empreintes de souffrance ultime, afin que l’on comprenne ce qui a fait les adultes qu’ils sont devenus aujourd’hui. Croyez-moi, vous allez avoir des surprises car les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles n’y paraissent… Et là, le titre du livre, L’empathie, prend tout son sens. Vous vous questionnerez, vous réviserez votre jugement, vous comprendrez sans doute, pardonnerez peut-être, mais vous ne resterez pas indifférents aux révélations.

Côté thriller, car c’est quand même pour ça que j’ai lu ce bouquin, on trouve tout ce qu’un lecteur avisé peut attendre d’un livre du genre : une enquête qui piétine, des personnages qui ont tous des choses à cacher et un sale passé qui leur colle aux fesses, un méchant qui est vraiment très très méchant et te ferait passer les autres criminels de polars pour de gentils oisillons tombés sur nid, des courses-poursuites, des morts (Antoine, je vous pardonnerai jamais l’un(e) des mort(e)s de votre bouquin !!!), du suspense, de la tension narrative telle qu’elle me donnerait presque envie de faire poser des barreaux à mes fenêtres et d’installer une deuxième alarme à l’étage chez moi… Bref, j’ai vibré, j’ai flippé, je n’ai pas réussi à lâcher mon bouquin tant j’étais prise dans cette histoire absolument terrible, j’en ai d’ailleurs loupé mon train vendredi matin tellement j’étais obnubilée par la fin du livre alors que j’étais à la gare !

Le mot de la fin

Accrochez-vous, car ça dépote ! J’ai pour habitude de dire qu’il en faut pour me choquer et me malmener dans une lecture, bien joué Mr Renand, exercice réussi avec brio ! Un livre qui se lit d’une traite, inlâchable, redoutable, intense, puissant, grandiose et je vais arrêter là pour les superlatifs, vous avez compris le message je l’espère !

Antoine Renand a réussi le tour de force d’écrire un thriller absolument magistral, il a fait un sans faute pour cette première parution, et je crois bien que dans les quelques coups de foudre que j’ai pu avoir dans ma vie de lectrice, c’est bien la première fois que j’en ai un sur une première parution. Un nouveau prodige est né dans le paysage littéraire français.

Si vous ne devez acheter qu’un seul livre en ce mois de janvier, c’est celui-ci !

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