Editions Points, Prix du polar Points 2018

Évanouies – Megan Miranda

Voilà déjà le 4è titre de la sélection pour le Prix Meilleur Polar Points 2018 ! Si le troisième, L’affaire Isobel Vine de Tony Cavanaugh, m’avait franchement laissé sur ma faim, j’ai fait, cette fois, une belle découverte avec ce thriller que je qualifierais d’inclassable tant sa construction est différente de tout ce que je lis habituellement ! Le risque de lire une centaine de livres par an, d’un seul et même genre littéraire, est qu’à un moment forcément, on tourne en rond… On retrouve toujours les mêmes codes, les mêmes structures narratives, et il faut que l’auteur use de stratagèmes divers et variés pour réussir à nous sortir de notre zone de confort et nous impressionner.

Je vous parle aujourd’hui d’Evanouies, de Megan Miranda, paru aux Editions La Martinière, et plus récemment en format poche chez Points.

L’histoire (4è de couverture)

Dix ans plus tôt, sa meilleure amie, Corinne, a disparu. Nicolette s’est juré de ne jamais remettre les pieds à Cooley Ridge, leur ville natale. Quand Nic revient pour s’occuper de son père, atteint d’Alzheimer, il est persuadé d’avoir vu Corinne. Hallucination ? Pendant deux semaines, en révélant son histoire à rebours, du dernier au premier jour, Nic va affronter ses pires démons. Mais aussi les vérités amères et les secrets d’une ville où personne n’est réellement celui qu’il prétend être.

C’est quoi c’bordel ?

J’ai perdu quelques neurones à la lecture de ce bouquin en raison de sa construction narrative, inédite pour moi qui n’avais jamais rien lu de tel. On commence Evanouies par la fin de l’intrigue, et on remonte tout doucement le fil des événements jusqu’à ses prémices. J’vous raconte pas le bordel dans ma tête pour essayer de raccrocher les wagons de chapitre en chapitre, d’autant plus qu’ils sont ponctués de flashbacks ! Le laps de temps étant, en plus, relativement court (15 jours seulement), suspense garanti ! Je me suis parfois demandée, si les chapitres avaient été assemblés dans le bon ordre ou si l’éditeur/l’imprimeur n’avait pas fait une catastrophe, tant il est déroutant de découvrir l’intrigue ainsi. C’est même un peu frustrant d’ailleurs, surtout quand le chapitre se termine par un cliffhanger, car vous savez que vous ne trouverez pas forcément la solution à vos questions dans les chapitres à venir. Et pourtant tout se tient, tout s’assemble et s’emboîte parfaitement, et je dirais même que cet effet de style apporte un vent de fraîcheur dans le paysage du thriller où les auteurs s’enferment de plus en plus dans des constructions traditionnelles…

Côté personnages, on se retrouve face à une vieille bande de potes qui a volé en éclat une bonne dizaine d’années plus tôt, à la suite d’un drame survenu, la disparition d’une jeune adolescente qui faisait également partie de la bande. J’apprécie ces thrillers où l’un des personnages revient sur les terres de son enfance, après voir fui son passé et certains souvenirs douloureux. Ça me donne un peu le sentiment qu’on peut fuir, aussi loin qu’on veut, on se retrouve forcément toujours à devoir affronter nos erreurs ou nos ennuis qu’on pensait loin derrière.

Par ailleurs, j’ai apprécié l’atmosphère de cette petite ville où tout le monde se connaît, où les rumeurs vont bon train et où il est impossible d’émettre le moindre battement de cils sans que tout le monde soit au courant. Ça agit un peu ici comme un huis-clos, on se sent prisonnier de ce bled paumé sans possibilité d’échappatoire, on en deviendrait presque parano, de tous ces gens qui gravitent autour de nous et qui seraient capables de réduire notre vie en confettis parce qu’ils auraient à un moment la langue un peu trop pendue. L’atmosphère que dégage ce village prend ici beaucoup de place, elle accentue encore l’effet étouffant et elle permet de divertir le lecteur même dans les moments plus calmes où il ne se passe pas grand chose. Parce qu’ici pas d’enquête officielle, pas de flics, pas de cadavre, pas même une goutte de sang, imaginez ! Le risque de perdre le lecteur est grand et pourtant moi qui ai tendance à vite me lasser dans mes lectures, surtout en ce moment, j’y ai trouvé un intérêt et un rythme intéressant.

Le mot de la fin

Sans aucun jugement de valeur, je qualifierais Évanouies de thriller féminin. Indéniablement, l’intrigue, les relations entre les personnages, ainsi que les introspections du personnage principal en font un ouvrage plutôt orienté vers un public féminin et franchement parfois ça fait du bien, surtout après les livres vraiment très difficiles que j’ai pu lire récemment.

Il fait partie des lectures appréciées dans le cadre du jury, et il a encore toute sa place parmi les titres que je retiens pour le vote final.

1 réflexion au sujet de “Évanouies – Megan Miranda”

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