Editions Points, Prix du polar Points 2018

Christophe Guillaumot – Abattez les grands arbres

Dans le cadre de ma participation à mon deuxième jury littéraire cette année, celui du Prix du Polar Points 2018, je vais axer mes prochaines lectures/chroniques essentiellement sur les ouvrages sélectionnés pour le prix et je vais donc vous proposer plusieurs articles de cette maison dans les jours et semaines à venir.

Mon premier livre lu dans le cadre du jury est Abattez les grands arbres, de Christophe Guillaumot, une première pour moi qui ne connaissais pas cet auteur français. La brève biographie le concernant sur la quatrième de couverture indique qu’il est policier, et moi vous le savez, un flic qui écrit un polar, j’adhère grave la plupart du temps !

Je vous parle aujourd’hui d’Abattez les grands arbres, de Christophe Guillaumot, paru aux Editions Points.

L’histoire (4è de couverture)

Renato Donatelli est un simple flic. Un costaud, un baraqué, un type qui a quitté son île, la Nouvelle-Calédonie et qui s’acquitte de son job du mieux qu’il peut, honnêtement, toujours prêt à rendre service, parce que c’est comme ça que Mama Loma l’a éduqué. Les magouilles de la brigade des Stups, il refuse d’y participer. Le Kanak comme il est surnommé par le reste de la bande est toujours poli mais faut pas venir lui chercher des noises. « Je vais te laisser le choix… » C’est toujours comme ça qu’il commence quand le mec en face se met à le gonfler. « Soit tu passes ton chemin, soit je te mets une gifle amicale!» Alors quand il tombe sur une famille dépecée à coups de machette, il se fait un devoir d’élucider cette boucherie, d’arrêter les massacres même si tout le monde tente de l’en dissuader. Aidé d’un jeune freluquet fraîchement sorti de l’école de police et d’une médecin légiste collectionneuse de cartes postales, le Kanak va remonter la piste d’une vengeance, d’un génocide africain où les bourreaux d’hier sont les victimes d’aujourd’hui.

Un polar hors des sentiers battus

Je vais être honnête avec vous et vous avouer que la quatrième de couverture me bottait vraiment moyen et j’étais certaine de ne pas accrocher, mais vu que je m’étais engagée à lire tous les ouvrages de la sélection dans le cadre du jury, je me suis dit que j’allais commencer par celui-ci histoire d’en être débarrassée… Les certitudes étant faites pour être bousculées, je suis très rapidement entrée dans l’histoire et finalement je l’ai lu quasiment d’une traite car je l’ai trouvé franchement pas mal ! Comme quoi parfois, il vaut mieux feuilleter quelques pages d’un bouquin que de se laisser influencer par sa quatrième de couv’ !

Abattez les grands arbres, ça fait un peu poétique comme titre… Sauf que dans les faits, il s’agissait du message codé, diffusé pour lancer le grand génocide rwandais dans les années 90 et dans lequel 800 000 personnes de la communauté Tutsis ont péri… Pour le côté poétique, on reviendra, n’est-ce pas ! Alors quand une famille rwandaise est tuée plus de 20 ans après, très loin du Rwanda, à Toulouse, c’est toute une équipe de flics qui est mobilisée et qui se retrouve à enquêter dans les méandres d’un douloureux passé que tout le monde pensait enterré depuis bien longtemps.

Dans cet ouvrage, Christophe Guillaumot s’attache aussi bien à développer la partie enquête policière que le côté un peu plus historique en nous détaillant cette époque bien sombre de l’Histoire africaine. Bien documenté, la partie historique est justement dosée, assez pour m’intéresser, pas assez pour me lasser moi qui ne suis pas friande de thrillers historiques et de l’Histoire en général. J’avais bien évidemment entendu parler de ce génocide mais j’étais une très jeune enfant au moment où ça s’est déroulé, j’avoue que je ne m’y suis pas franchement intéressée par la suite. Certains passages sont effroyables, parce que finalement même si on est dans une fiction, on n’en oublie pas qu’elle trouve un résonance dans un passé qui lui est bien réel. Volonté de l’auteur de mettre en lumière ce génocide ou simple prétexte pour asseoir son intrigue ? Je ne sais pas, mais ça a plutôt bien fonctionné chez moi en tout cas.

Côté personnages, on retiendra trois personnages principaux, les deux flics et la légiste. Ils sont pas des héros, ni des anti-héros, ils sont simplement humains avec leurs travers et leurs points forts. J’ai particulièrement accroché au personnage le Kanak, un gardien de la paix natif de Nouvelle-Calédonie et qui n’a qu’une envie, c’est de retourner le plus rapidement possible sur son île. Mais avec son dossier pas franchement engageant pour être bien placé dans les souhaits de mutation, il doit rester inlassablement à Toulouse. Car derrière son grand cœur, il ne faut pas le titiller trop longtemps, le Kanak, parce que la castagne ne lui fait pas peur ! Un bon équilibre entre un caractère bagarreur et un côté profondément humain, ça rend le personnage complètement crédible et vraiment attachant.

Le mot de la fin

Quelle belle découverte ! Je n’ai pas encore le recul nécessaire pour dire s’il sera mon livre préféré de cette sélection, je n’en ai lus que deux pour l’instant, mais pas de doute qu’il est toujours en lice et qu’il pourrait obtenir ma voix, en fonction de comment vont se dérouler mes prochaines lectures !

Je me note de côté le nom de l’auteur pour penser à découvrir ses autres polars.

Je valide et recommande !

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