Editions Hugo Thriller, psychologique

Défaillances – B.A. Paris

Je ne reste jamais sur un échec littéraire, même quand j’ai une petite déception, en général je laisse une seconde chance à l’auteur si il ou elle écrit sur un thème qui peut m’intéresser (pour preuve, j’ai laissé 4 chances à Camilla Lackberg avant de dire que franchement, je déteste ! )

Je n’avais pas vraiment accroché à Derrière les portes, le premier opus traduit de l’auteure anglaise, disons plutôt que ma lecture avait été une sorte de montagnes russes… C’est donc un peu angoissée que j’ai entamé Défaillances. Mes doutes ont été rapidement balayés, parce que cette fois, ça a vachement bien fonctionné entre elle et moi, et c’est un livre que j’ai lu presque d’une traite sans m’arrêter !

Je vous parle aujourd’hui de Défaillances, de B.A. Paris, paru début janvier aux Editions Hugo Thriller.

L’histoire (4è de couverture)

Cassandra est mariée depuis un an avec Matthew, et leur bonheur semble sans nuages. Jusqu’à ce qu’un orage, un soir, pousse Cass à emprunter une route qu’elle n’aurait jamais dû prendre, à travers la forêt. Trop isolée, trop sombre, trop dangereuse. Tellement dangereuse, d’ailleurs, que lorsqu’elle dépasse une voiture immobilisée sur le bord de la chaussée, Cass choisit de ne pas s’arrêter pour proposer son aide à la femme qui se trouve à l’intérieur.

Mais lorsqu’elle apprend, le lendemain, que la femme a été retrouvée sauvagement assassinée, Cass est assaillie par la culpabilité. Et les coups de fil anonymes qu’elle reçoit désormais chez elle transforment ses angoisses en terreur. Elle en est persuadée : quelqu’un l’a vue, ce soir-là. Quelqu’un qui continue de l’observer. Quelqu’un qui pourrait bien être l’assassin.

Pourtant ni Matthew, ni Rachel, sa meilleure amie, ne prennent ses craintes au sérieux. Et Cass elle-même commence à douter : comment être sûre de quoi que ce soit alors qu’elle perd chaque jour un peu plus la mémoire, oubliant le code de l’alarme, sa place de parking, ce landau qu’elle a commandé même si elle n’a pas d’enfant, et ce que peut bien faire dans sa cuisine ce couteau ensanglanté qu’elle ne reconnaît pas.

Cette fois, ça fonctionne !

Sans vouloir faire un article orienté vers une comparaison entre les deux livres de l’auteure, je ne peux pas vous parler de Défaillances sans vous parler de Derrière les portes, parce que ces deux livres ont réussi à dégager un style d’écriture bien particulier, et aussi parce que j’en ai aimé l’un plus que l’autre et que je veux vous expliquer pourquoi.

Sa marque de fabrique, c’est de situer ses intrigues au sein d’une famille bien sous tout rapport, banale, dans laquelle vous pourrez facilement vous identifier. Elle immerge totalement ses lecteurs dans une vie de couple où nous nous retrouvons là un peu comme que voyeurs, pris à témoin des événements – tragiques forcément, nous sommes dans un thriller – qui vont en découler.

Ce que j’ai apprécié dans Défaillances, c’est qu’on est rapidement dans le vif du sujet. Le meurtre de la jeune femme, à proximité de la maison de Cass. C’est ensuite que les ennuis commencent, et que les défaillances psychologiques débarquent… Perte de contrôle, paranoïa, crises d’angoisses seront le lot de la jeune femme qui se retrouvera empêtrée dans une détresse émotionnelle d’où il lui sera impossible de sortir malgré l’appui de son mari très présent et d’une patience sans limites…

Un thriller féminin

Sujet sensible que le thriller féminin… Si certains lecteurs s’accordent à dire qu’il y a réellement quelque chose de plus qui se dégage d’un livre écrit par une femme, ce n’est pas forcément le cas de tous les lecteurs et il est difficile de savoir comment un homme aurait traité une même intrigue.

Le sujet est sensible, et je vais m’attirer les foudres de certains lecteurs je pense en opposant les gentils thrillers pour gentilles lectrices, et les thrillers qui tabassent pour les lectrices sauvages. Soyons honnêtes, il y a les lecteurs sensibles, et les autres. Je fais partie des autres, et j’ai souvent peur, en découvrant une nouvelle auteurE, de tomber sur un de ces livres gentillet, que je ne qualifierai même pas de thriller d’ailleurs, et dans lesquels tout fini bien après avoir traversé quelques épreuves (et ils vécurent heureux malgré les dangers rencontrés et eurent beaucoup d’enfants).

Je dirais qu’ici, on est un peu dans un mixte des deux. Bien que les longs passages consacrés à la vie de couple ne m’aient pas franchement emballés, j’ai trouvé que ces moments ont servi de support au reste de l’histoire. Les scènes sont parfois répétitives, mais elles ont pour but de rendre crédible la situation de Cass : on ne perd pas la tête en un jour, et c’est une multiplicité d’événements qui conduisent la personne à se poser des questions sur sa santé mentale. Et si elle s’en posera des questions, nous aussi le ferons, cherchant le moindre indice qui pourrait tendre à autre chose de plus subtil que ce que l’auteur a l’air de nous proposer.

Les thèmes, les intrigues de B.A Paris toucheront, à mon sens, beaucoup plus un public féminin que masculin. Je ne suis pas en train de vous dire que les hommes ne peuvent pas être lecteurs de ses livres –ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit- mais ils ne vivront pas forcément leur lecture avec la même sensibilité que les femmes, et ils s’identifieront peut-être moins dans l’intrigue que nous.

Traumatisée !

Si Derrière les portes n’avait pas réussi à me toucher, me convaincre, et était pour moi trop stéréotypé pour paraître crédible, ici l’histoire a réussi à s’immiscer dans mon cerveau pour titiller une case très sensible qui a fait que j’ai réussi à éprouver de l’empathie envers Cass, voire même que je me suis projetée en elle. Il est très difficile pour moi de trouver les mots sans spoiler le livre, je peux simplement vous dire que l’auteure a réussi à me toucher, à tel point que j’ai ressenti une angoisse étouffante au moment du dénouement de l’intrigue.

Clairement, j’ai senti venir ce dénouement, à plusieurs reprises durant ma lecture, même si l’auteur n’a disséminé que très peu d’indices nous permettant d’aboutir à ces conclusions. Mais moi, j’suis une serial lectrice à qui on ne l’a fait pas. Enfin… en étant honnête, et malgré certaines choses qui sont prévisibles, j’ai été séduite par cette fin pas si conventionnelle que ça. B.A Paris a été très forte ici, menant ses lecteurs par le bout du nez et puis quand ils ne s’y attendent pas… Boum ! Retournement de situation inattendu !

Le mot de la fin

Même si on n’est pas dans une histoire qui tabasse fort, pas une goutte de sang, pas de tripes à l’air ou de cadavres en décomposition, l’auteure a réussi à chatouiller de manière pas très désagréable certains points sensibles en moi, et je ressors de cette lecture bien plus angoissée qu’avant de l’avoir commencée. Et c’est là qu’elle a tout bon B.A. Paris ! Je considère ce thriller réussi justement parce qu’il a réussi à faire naître en moi ces sentiments, ces émotions…

Je continuerai à suivre l’auteure dans ses prochaines parutions. Ma seule crainte maintenant est qu’elle ne s’enferme dans des intrigues trop similaires qui lasseront, je le pense, ses lecteurs.

Je recommande !

6 réflexions au sujet de “Défaillances – B.A. Paris”

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